Maquette de la future bibliothèque du Plateau

Bibliothèque du Plateau: à la recherche d’un nom de femme

La future bibliothèque du Plateau portera le nom d’une femme et il reviendra aux Gatinois de décider de quelle grande dame de la région il s’agira.

La présidente du comité de toponymie de la Ville de Gatineau, Myriam Nadeau, a annoncé, mardi, la tenue d’une consultation publique qui mènera, d’ici l’automne, au choix final d’un nom. 

Les citoyens, de tout âge, pourront, dès vendredi, soumettre un nom en remplissant le formulaire électronique disponible sur le site Web de la Ville ou celui en papier disponible dans toutes les bibliothèques de Gatineau. Les noms soumis doivent rendre hommage à une femme qui est née ou a vécu en Outaouais et qui a contribué de façon significative à la communauté de Gatineau ou de la région. Sa contribution au développement des arts, de la culture et des lettres, sans s’y limiter, sera un atout. 

Les citoyens ont jusqu’au 22 mars pour faire connaître leurs propositions. Les plus pertinents seront ensuite soumis à la population qui sera appelée à voter pour le nom qu’ils préfèrent. Les noms qui n’auront pas été retenus, mais qui auront été jugés valides, pourront enrichir la banque de toponymie de Gatineau, très pauvre en nom féminin. 

Femmes absentes

Les femmes sont pratiquement absentes de la toponymie gatinoise. De fait, seulement 109 des 2951 lieux officiels à Gatineau portent le nom d’une femme. C’est moins de 4% des endroits ayant un nom dans tout le territoire de la ville. 

«Nous ne sommes pas les seuls à vivre avec cette réalité-là au Québec, note Mme Nadeau. Il faut comprendre qu’à travers les âges, la façon de retenir des noms ne s’est pas faite de la même façon. À une époque, dès que t’avais été conseiller municipal tu avais une rue à ton nom à ton décès. La notion de contribution des femmes n’était pas valorisée ou reconnue à la hauteur de celle des hommes. Il fallait avoir été notaire, banquier ou politicien pour avoir un nom de rue à une époque où les femmes étaient à la maison à élever 12,15, 20 enfants, où elles s’impliquaient dans des œuvres de charité et où elles étaient enseignantes. C’est pour ça qu’on se retrouve avec des banques de toponymes très faibles en noms féminins.»