Au Musée de l’Auberge Symmes, à côté d’un livre de recettes assez particulier, se trouve cette boîte recouverte de cuir. Elle contient un planimètre, un appareil qui a aujourd’hui perdu se son utilité.

Beaucoup de soupe aux pois

La vie de bûcherons dans les camps forestiers de l’Outaouais était rude. Il faillait être fait fort pour passer à travers les hivers rigoureux dans les chantiers.

Bien s’alimenter était aussi primordial pour être en mesure de travailler dans des conditions parfois extrêmes. La compagnie E.B. Eddy était d’ailleurs très stricte sur le régime alimentaire des travailleurs dans ses camps forestiers.

Un livre de recettes datant de 1936 produit par la compagnie et conservé au Musée de l’Auberge Symmes témoigne de ce à quoi pouvaient ressembler les repas des bûcherons à l’époque. La journée était ponctuée par un déjeuner, deux « collations » et un souper.

Voici un menu type pour une journée. Les travailleurs déjeunaient avec de la purée d’avoine, de la purée de pomme, une gaufre au sirop d’érable, un beigne, un pain, du beurre, du lait et du café. La première collation marquait l’entrée en scène de la soupe aux pois qui était accompagnée d’une patate bouillie et de pouding au riz et d’un morceau de gâteau au gingembre avec de la mélasse pour dessert. La soupe aux pois revenait en deuxième collation plus tard dans l’après-midi, avec de la compote de pomme et à nouveau de la mélasse. Au souper… l’entrée de soupe aux pois était un classique. Le repas se poursuivait souvent avec du macaroni aux tomates, accompagné d’une purée d’oignon et à nouveau d’un petit gâteau au gingembre.

« Je vous laisse imaginer l’odeur qui pouvait régner dans les camps où parfois les hommes s’entassaient à 30 dans le même immeuble pour dormir », affirme Gilles Laroche, président du Musée de l’Auberge Symmes. 

Juste à côté de ce livre, dans la réserve du musée, se trouve une petite boîte recouverte de cuir. Elle date de la même époque que le livre de recettes de la compagnie E.B. Eddy. À l’intérieur se trouve un planimètre, un appareil scientifique qui a perdu de son utilité aujourd’hui, mais qui à l’époque permettait aux ingénieurs forestiers de lire les cartes et planifier les coupes d’arbre sur le territoire. Selon M. Laroche, ce planimètre était utilisé directement en forêt dans les chantiers forestiers d’E.B. Eddy.