Les bars du Vieux-Hull devront recommencer à fermer leurs portes à 2h en attendant une décision du conseil municipal de Gatineau pour la suite des choses. 
Les bars du Vieux-Hull devront recommencer à fermer leurs portes à 2h en attendant une décision du conseil municipal de Gatineau pour la suite des choses. 

Bars à Gatineau: l'heure juste d'ici juin

Le projet pilote permettant de prolonger l’ouverture des bars du centre-ville de Gatineau jusqu’à 3 h est terminé. Les tenanciers doivent recommencer à fermer leurs portes à 2 h en attendant que le conseil municipal se prononce sur la suite des choses dans ce dossier.

Cette mesure temporaire qui s’est étendue sur une période de neuf mois devait permettre au Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) de compiler des données et de produire une analyse à l’intention des élus municipaux. Ces derniers, selon le président du comité exécutif et conseiller du centre-ville, Cédric Tessier, devront décider, vers le mois de juin prochain, s’ils maintiennent la réglementation mise en place à la fin des années 1990 ou s’ils acquiescent aux demandes des propriétaires de bars en prolongeant l’heure d’ouverture à 3 h comme partout ailleurs à Gatineau, et au Québec. 

Une présentation publique des données recueillies au cours des neuf derniers mois doit avoir lieu le 25 février prochain. Une consultation publique sera ensuite organisée en mars afin de permettre aux commerçants et citoyens de partager leur point de vue dans ce dossier. 

Éric Gaudreault, propriétaire du bar le Troquet, sur la rue Laval, et vice-président de Vision centre-ville, affirme sans détour que le projet pilote s’est «super bien passé». Il soutient même que prolonger l’ouverture des bars jusqu’à 3 h a permis de réduire le nombre d’incidents et d’attroupements. «On a observé qu’en fermant une heure plus tard, la sortie et le retour à la maison des clients se font de manière beaucoup plus fluide», dit-il. M. Gaudreault se désole toutefois que l’heure d’ouverture soit de nouveau réduite à 2 h en attendant que le conseil municipal prenne une décision dans ce dossier.

Le tenancier qui milite depuis des années pour que Gatineau modifie sa réglementation reconnaît qu’il y a eu quelques incidents malheureux dans le centre-ville au cours des derniers mois, mais il affirme qu’ils ne peuvent pas être liés au prolongement des heures d’ouverture.

«Ce sont des incidents qui demeurent anecdotiques, insiste-t-il. C’est le genre d’incidents qu’on voit partout où il y a des bars. Il y aura toujours des situations où des gens quittent en étant un peu trop bruyants, mais ce n’est pas un problème insoutenable. Il y a dans le centre-ville, à mon avis, des problèmes sociaux bien plus pressant que l’heure d’ouverture des bars.»

M. Tessier préfère ne pas commenter les résultats du projet pilote avant d’avoir eu la présentation des données. «Il est cependant clair qu’on n’a pas revécu les années 1990, a-t-il souligné. C’est aussi clair que les nuisances pour le voisinage, comme le bruit, s’étirent sur une plus longue période pendant la nuit.»

Le conseiller Jocelyn Blondin qui s’était opposé à la mise en place du projet pilote reconnaît, neuf mois plus tard, que ses craintes face à des débordements comme on en voyait il y a 30 ans ne se sont pas concrétisées. Cela n’est cependant pas de nature à changer sa position dans le dossier. «Ma position ne change pas, a-t-il dit. Je n’en voyais pas l’utilité et je ne la vois toujours pas. Il n’y a pas eu d’incident majeur, mais le risque demeure. Ça fonctionnait bien en fermant les bars à 2 h. Je ne vois pas pourquoi il faudrait changer ça.»

Claude Bonhomme

L’ancien conseiller municipal Claude Bonhomme qui avait mené la charge contre ce projet-pilote en 2019 affirme aujourd’hui qu’il ne sait plus comment se positionner dans ce dossier.

«Je n’ai pas fait de suivi, admet-il. Je ne sais pas vraiment comment les gens du centre-ville ont vécu ça. J’ai vu passer quelques courriels de gens qui se plaignaient, mais je n’en sais pas plus. Je trouve que les gens du centre-ville ont manqué un peu de militantisme dans ce dossier. C’est peut-être parce qu’ils ont été découragés par le processus mis en place et la position de leur conseiller municipal.»