La conseillère du district de Bellevue et candidate à la mairie, Sylvie Goneau

Autre revers politique pour Sylvie Goneau

La candidate à la mairie de Gatineau, Sylvie Goneau, a subi un autre revers politique, mardi, alors qu'une majorité de ses collègues au conseil municipal a refusé de se ranger derrière son idée de doter la Ville d'une politique d'égalité homme-femme.
Mme Goneau souhaitait mandater la direction générale de présenter une ébauche de politique au plus tard l'automne prochain. La conseillère avait organisé une consultation publique à cet effet, il y a deux semaines, afin d'identifier des pistes de solutions permettant d'améliorer l'équité des genres autant dans les ressources humaines que dans la livraison de services municipaux. Une quinzaine de citoyens s'étaient présentés pour participer aux travaux.
Le conseil municipal s'est finalement prononcé à 12 contre 7 pour le rejet de la résolution déposée par Mme Goneau. 
Cette dernière a reproché à ses collègues d'avoir voulu traiter la question comme un enjeu électoral en voulant remettre entre le dossier entre les mains du prochain conseil. 
« Je suis fière du travail d'initiative et je pense que nous avons commencé à sensibiliser les personnes autour de la table. Malheureusement, mes collègues ne comprennent pas l'importance pour une ville de se doter d'une telle politique », a réagi Mme Goneau, après la séance du conseil.
Selon elle, Gatineau rate une belle occasion de faire un pas dans la bonne direction en matière d'égalité homme-femme.
« Il y a des gouvernements locaux partout autour du monde qui se sont engagés sur cette question. Le gouvernement provincial soutient les initiatives pour l'égalité. On a au fédéral un gouvernement qui dit oui aux budgets féministes, mais nous à Gatineau, on se dit qu'on le fera au prochain mandat. Ce n'est pas fort », a ajouté la conseillère.
C'est la deuxième fois en quelques mois que Mme Goneau essuie un échec après avoir soumis au vote une proposition de son cru. 
La dernière fois, elle avait tenté de convaincre le conseil d'adhérer à un programme de la Fédération canadienne des municipalités qu'elle présentait comme une occasion de développement économique au Burkina Faso. 
Plusieurs élus ont cette fois reproché le caractère improvisé et précipité de la démarche entamée par Mme Goneau. 
« Je ne suis pas contre le principe de tendre vers la parité, mais il faudrait d'abord démontrer à quels problèmes nous souhaitons amener des solutions », a affirmé la conseillère Myriam Nadeau.
Le directeur des ressources humaines, Marc Pageau, a indiqué qu'un bilan sur l'équité et l'égalité au sein de l'administration doit être présenté au conseil en février 2018. L'exercice est prévu dans la loi québécoise. 
« On pourra alors mieux cerner les enjeux, a noté le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Si on veut une telle politique, il ne faut pas la faire à moitié. Il faut consulter l'ensemble de l'administration et la communauté. C'est un vaste processus. »
Les conseillers Maxime Tremblay et Gilles Carpentier ont tous deux affirmé être « inconfortables » devant la proposition de Mme Goneau. 
« Si notre collègue souhaitait travailler sur une telle politique, elle aurait dû obtenir un mandat du conseil il y a quelques mois plutôt que de lancer sa démarche un peu à la dernière minute », a lancé M Tremblay. 
« Il y a dans le texte des propositions pour élargir des trottoirs pour les poussettes, a noté M. Carpentier. Je ne suis pas à l'aise de voter pour quelque chose qui a ce niveau de détails. » De fait, le texte soumis par Mme Goneau répertoriait 56 points pouvant faire l'objet d'actions précises à mettre de l'avant. 
« Certaines de ces propositions représentent des millions de dollars d'investissements, a ajouté M. Tremblay. Il y a un manque de réalisme. »
Avec Benoit Sabourin