Plusieurs restaurateurs souhaitent voir Gatineau autoriser les camions bouffe, affirme le conseiller Jean-François LeBlanc.

Autoriser la bouffe de rue à Gatineau?

Le conseiller Jean-François LeBlanc croit que Gatineau doit dès 2020 emboîter le pas à de nombreuses autres villes québécoises et canadiennes en autorisant la cuisine de rue. Il souhaite voir Gatineau aller de l’avant avec un projet pilote qui permettrait aux camions bouffe d’avoir droit de cité sur le territoire de la ville. Il déposera à cette fin, au conseil municipal d’avril, une résolution pour mandater l’administration de préparer les changements réglementaires et l’encadrement nécessaire, a-t-il fait savoir lundi.

Sa proposition est reçue avec ouverture de la part du président du comité exécutif, Cédric Tessier. Ce dernier ajoute toutefois qu’il ne s’agit pas de la priorité numéro un de l’organisation et qu’il faudrait d’abord voir ce qu’un tel projet représente comme somme de travail pour l’administration.

Le conseiller LeBlanc explique plancher sur sa proposition depuis près de deux mois. Il a étudié les modèles actuellement en place à Montréal, Québec et Ottawa. Il s’est informé auprès de l’Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ). «C’est du développement économique, lance le conseiller. Les camions bouffe, ce n’est plus ce que c’était. On ne parle plus juste de hot dogs et de frites grasses. Il y a de la fine cuisine maintenant. C’est surtout une vitrine pour des restaurants. C’est une façon de faire connaître et de vendre des produits locaux. Il y a d’excellents exemples. Je les ai documentés. On peut certainement s’en inspirer et développer un modèle propre à nous. Qu’on avance en projet pilote et qu’on consulte les gens comme nous l’avons fait pour les poules et comme nous le faisons pour l’heure d’ouverture des bars dans le centre-ville.»

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Plusieurs restaurateurs souhaitent voir Gatineau autoriser les camions bouffe, affirme M. LeBlanc. Ce dernier soutient avoir discuté du projet avec plusieurs d’entre eux et n’avoir rencontré que très peu d’opposition. «Il y a beaucoup de déserts alimentaires à Gatineau, ajoute le conseiller. C’est une offre alimentaire qui pourrait être intéressante à plusieurs endroits, comme près des marinas, dans certains parcs, à la Ferme Dalton et dans les anciens centres-villes.»

«Compliqué», dit Vision centre-ville

Le directeur général de Vision centre-ville (VCV), Stefan Psenak, précise que son organisation n’a pas encore de position dans ce dossier. «A priori c’est une bonne idée, mais c’est plus compliqué qu’il n’y paraît, dit-il. Il y a plein d’enjeux à considérer. Il faut voir les conditions, les lieux où c’est autorisé, et à quel moment. Il y a moyen de faire quelque chose, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des propriétaires de restaurants qui paient des taxes commerciales pour avoir pignon sur rue.» Une discussion à ce sujet doit avoir lieu prochainement au conseil d’administration de VCV.

Jean-François LeBlanc rappelle que les camions bouffe sont permis à Gatineau lors des festivals ou des événements spéciaux. «Il reste à voir comment nous serions capables de modifier notre réglementation pour le permettre ailleurs», dit-il.

«Pas l’administration qui décide»

C’est ce dernier élément qui refroidit le président du comité exécutif. «Il faut voir à quel point ça donnerait du travail à nos services, indique M. Tessier. Ils sont déjà dans l’exercice de concordance avec le schéma d’aménagement. Il faut aussi voir avec les commerçants, les restaurateurs. C’est un milieu où c’est difficile. Il ne faut pas cannibaliser les restos. Je suis ouvert à en discuter, mais je n’ai pas de position là-dessus actuellement. Ce n’est pas la priorité numéro un. On verra comment l’administration pourrait avancer là-dedans.»

Le conseiller LeBlanc a pour sa part rappelé que «ce n’est pas l’administration qui décidera si Gatineau va de l’avant ou pas avec ce projet, ce sont les élus». Le conseiller déposera un avis de présentation au conseil municipal du 16 avril prochain. Le débat sur sa résolution pourrait avoir lieu lors du conseil municipal du mois de mai.