La conseillère du district Aylmer, Audrey Bureau
La conseillère du district Aylmer, Audrey Bureau

Audrey Bureau a versé 700 $ de fonds publics à sa mère

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
EXCLUSIF / La conseillère du district Aylmer, Audrey Bureau, a contrevenu au code d’éthique des membres du conseil et s’est placée dans une situation de conflit d’intérêts, en juin 2019, en versant à sa mère, Christiane Gourde, la somme de 700 $ provenant de son budget de frais de recherche pour la distribution de son bulletin de quartier, a appris Le Droit.

Cette somme apparaît dans le dernier rapport des dépenses de recherche et de soutien des conseillers rendu public en février. Interpellée à ce sujet, la conseillère a précisé avoir remis les 700 $ à la Ville après avoir été avertie par l’administration, il y a quelques semaines, de l’illégalité de son geste. Le service des communications a confirmé que Mme Bureau avait remboursé à la Ville la somme payée à sa mère. 

La conseillère soutient toutefois avoir obtenu l’autorisation préalable du service du greffe, en juin dernier, avant de verser les 700 $ provenant de fonds publics à sa mère. «J’avais l’autorisation de le faire, dit-elle. J’avais fait la vérification auprès du greffe parce que je me posais la question. La dépense a été admise et le service des finances a émis le chèque pour que je sois remboursée. Alors, non seulement le service du greffe a répondu à ma question et m’a dit que c’était correct, le service des finances a vu la dépense et me l’a remboursée. Là, la Ville, dans un processus quelconque, a révisé sa décision et on m’a dit que ce n’était finalement pas autorisé.»

Après plusieurs échanges de courriels, le service des communications a rappelé que la politique des frais de recherche et de soutien est appliquée conjointement par le service du greffe et le service des finances.


« J’avais l’autorisation de le faire. [...] Non seulement le service du greffe a répondu à ma question et m’a dit que c’était correct, le service des finances a vu la dépense et me l’a remboursée. »
Audrey Bureau

«Toutefois, les employés qui traitent ces demandes ne connaissent pas nécessairement tous les liens familiaux ou autres des élus et plus particulièrement lorsque les noms de famille sont différents, a précisé la Ville. Un employé peut donc avoir autorisé la dépense sans avoir fait le lien familial. Pour sa part, l’employé qui a fait la vérification était au fait de ce lien familial. La Ville a donc demandé un remboursement de la part de Mme Bureau et le remboursement a été fait.»

Le code d’éthique des membres du conseil municipal de la Ville de Gatineau est clair. L’article 3.2 précise que tout membre du conseil municipal ne doit pas se placer dans une situation ou son intérêt personnel ou celui de son conjoint, d’un membre de sa famille, d’un proche, d’un associé ou d’un partenaire d’affaires peut influencer sur l’exercice de ses fonctions. Il est ajouté qu’un membre du conseil municipal ne peut conclure de contrat avec son conjoint, un membre de sa famille ou de la famille de son conjoint ou un proche.