Une goutte d’eau reste en moyenne deux jours dans un lac en santé. Dans le lac Beauchamp, la même goutte d’eau y passe deux ans.

Au secours du lac Beauchamp

La Ville de Gatineau se porte finalement au secours du lac Beauchamp. L’objectif des premières interventions faites cet été est simple. Empêcher le lac d’entrer en phase terminale.

Une goutte d’eau reste en moyenne deux jours dans un lac en santé. Dans le lac Beauchamp, la même goutte d’eau y passe deux ans. La myriophylle à épi, une plante envahissante, est en voie d’étouffer le lac si rien n’est fait. Les eaux de ruissellement provenant du stationnement accélèrent son vieillissement. La directrice du service de l’environnement de la Ville disait, il y a un an, que l’état du lac est tel que plus rien ne garantit sa survie. 

Mais le conseil municipal a décidé de ne pas lancer la serviette et d’investir 1 million $ dans une série d’interventions écologiques. Après les inondations du printemps 2017, Gatineau doit développer une expertise nouvelle en gestion des eaux pluviales. L’opération de sauvetage deviendra une « vitrine technologique » pour la Ville, a laissé entendre l’administration, mercredi, au terme de la séance du comité exécutif. 

Le stationnement P1, prés du pavillon d’accueil, sera complètement transformé au cours des prochains mois. Ce sera le premier stationnement écologique de la Ville de Gatineau. Sa superficie sera aussi réduite de 50 %. L’asphalte sera retiré pour être remplacé par des dalles alvéolées en plastique recyclé pour laisser l’eau s’infiltrer dans le sol. De l’asphalte recyclé sera utilisé. Des stationnements seront réservés par les personnes à mobilité réduite et les familles. Des bornes de recharge pour véhicules électriques et des lampadaires DEL seront installés. 

Jardins de pluie

Quatre jardins de pluie seront aménagés pour recueillir l’eau de pluie. 

Cette même eau servira à alimenter les végétaux qui agrémenteront l’infrastructure écologique. L’un des jardins de pluie remplacera le rond-point du stationnement P1. Un autre sera aménagé à proximité d’un nouveau sentier universel. « Ce projet cadre dans les pratiques de gestion optimale des eaux pluviales », précise la Ville.

En ayant reporté d’un an les travaux qui doivent finalement se réaliser cet été, la Ville doit remettre à l’année prochaine les autres phases du projet qui consistent à réoxygéner le lac et mieux contrôler la myriophylle à épis. 

Dans le cas des interventions prévues pour contrer cette plante envahissante, l’administration précise avoir de la difficulté à obtenir le certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement. 

La technique que veut utiliser la Ville qui nécessite l’installation d’une toile de jute dans le lac fait l’objet d’un projet de recherche de l’Université du Québec à Trois-Rivières et de l’ABV des 7, mais elle n’est pas reconnue par Québec. L’administration précise qu’elle doit « terminer ses démarches » avec Québec pour voir comment cela pourrait se faire dans le cadre de ce projet de recherche. 

Une autre phase des travaux prévoit l’aménagement de puits artésiens pour aider au renouvellement de l’eau du lac.