Le chien qui a attaqué un enfant à Gatineau en fin de semaine dernière a été euthanasié par la SPCA.

Attaque d'un bambin: le chien euthanasié par la SPCA

Le chien de type pitbull qui a attaqué un bambin de deux ans la semaine dernière dans le secteur Aylmer a été euthanasié mardi, après que la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de l’Outaouais ait jugé à la suite d’une évaluation qu’il s’agissait d’un chien dangereux.

Le propriétaire de la bête avait lui-même consenti à ce qu’on procède à l’euthanasie, ayant signé quelques heures plus tôt un formulaire d’abandon de l’animal.

Le chien, rappelons-le, s’est enfui de la cour d’une résidence de la rue des Forages vendredi dernier et a bondi sur l’enfant qui se trouvait dans une poussette lors d’une marche avec sa mère. Le petit garçon a subi des blessures au visage et au bras gauche. C’est la mère, aidée de voisins qui lui ont porté secours, qui a réussi à maîtriser l’animal pour mettre un terme à la sauvage agression.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a spécifié que l’enquête est toujours en cours afin de déterminer les circonstances exactes entourant cet incident. Au final, on décidera aussi si une infraction criminelle a été commise, précise-t-on.

Huit constats d’infraction
En attendant, six constats d’infraction ont été remis au gardien du chien, alors que le propriétaire de celui-ci en a reçu deux.

Le SPVG souligne que plusieurs articles de la réglementation municipale n’ont pas été respectés, notamment le fait que le chien doit porter un médaillon à son cou et qu’il doit être maintenu au moyen d’une laisse d’au plus deux mètres de long lorsqu’il est hors de son enclos. Tout chien potentiellement dangereux doit aussi être stérilisé et être identifié à l’aide d’une micropuce ou d’un tatouage d’identification, stipule le règlement.

D’autres constats d’infraction pourraient être émis au propriétaire du chien parce qu’il n’a pas respecté les conditions particulières auxquelles doivent se soumettre les propriétaires de chiens potentiellement dangereux à Gatineau.

Les sanctions pour les infractions reliées aux chiens qualifiés de potentiellement dangereux peuvent varier de 500 à 1000 $. Elles doublent en cas de récidive.

Selon les statistiques compilées par le SPVG, 33 cas de morsures ou d’attaques de ce type de chiens ont été dénombrés en 2017, une hausse de 38 % par rapport à l’année précédente. De plus, 216 infractions pour non-respect de la réglementation ont été enregistrées, alors qu’on en comptait 12 en 2016.

Le conseil pourrait reprendre sa réflexion
Par ailleurs, l’incident impliquant un chien de type pitbull, vendredi, pourrait réactiver la réflexion sur l’encadrement des chiens potentiellement dangereux au conseil municipal. Le conseiller et membre de la commission sur le transport, les déplacements durables et la sécurité publique, Pierre Lanthier, croit qu’une discussion à ce sujet pourrait avoir lieu.

« C’est triste et le conseil pourrait se concentrer là-dessus, indique-t-il. Les amendes sont déjà assez sévères, on pourrait se pencher pour avoir plus de vérifications à faire pour l’émission de licences, on pourrait regarder ça, mais je ne veux pas trop m’avancer parce que ce sont des discussions qu’on pourrait avoir un peu plus tard. »

En attendant, M. Lanthier conseille aux citoyens de ne pas hésiter à interpeller les services policiers s’ils aperçoivent un chien potentiellement dangereux qui n’est pas en laisse ou sans muselière. « Il ne faut pas hésiter avant qu’un incident malheureux se reproduise », a-t-il ajouté.

Questionné à savoir si un chien qui attaque un enfant à Gatineau devrait être automatiquement euthanasié, M. Lanthier a préféré ne pas se prononcer. « Il y a des évaluations à faire au niveau de l’animal, je vais laisser ça aux experts », a-t-il dit.

Avec Mathieu Bélanger, Le Droit