Il y a des années qu'on parle du besoin d'un incubateur à Gatineau, mais pendant que d'autres villes de la province passaient à l'action, lançaient des incubateurs qui donnaient naissance à de nouvelles entreprises, ici, le milieu économique continuait d'en discuter.

Assez parlé, il est temps d'incuber

Une ville qui veut susciter une culture entrepreneuriale sur son territoire, mais qui n'a pas d'incubateur d'entreprises, a un besoin criant à solutionner, croit le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. «La présence ou l'absence d'un tel outil a une influence directe», dit-il.
Il y a des années qu'on parle du besoin d'un incubateur à Gatineau, mais pendant que d'autres villes de la province passaient à l'action, lançaient des incubateurs qui donnaient naissance à de nouvelles entreprises, ici, le milieu économique continuait d'en discuter.
Dans un objectif avoué de faire un pas en avant, le nouveau secrétariat du développement économique de Gatineau a réuni, la semaine dernière, tous les intervenants qui sont interpellés par le dossier de l'incubation. Neuf organisations étaient présentes.
«Selon moi, l'infrastructure prioritaire à Gatineau, c'est un incubateur branché sur l'Université du Québec en Outaouais (UQO) et sur le Cégep, affirme le maire. Nous l'avons vu à Drummondville, à Sherbrooke et lors de la mission économique dans le Nord-Est américain, c'est vraiment l'arrimage avec le postsecondaire qui fonctionne. Il y a un bel arrimage à faire entre les gens d'affaires, les entrepreneurs et les chercheurs.»
Pour l'instant, il n'est pas question pour Gatineau d'investir directement dans l'incubation d'entreprises, mais le maire ne ferme pas la porte pour autant. «On n'est pas rendu à mettre de l'argent sur la table et personne n'a fait de demande claire en ce sens à la Ville, mais on le voit venir», mentionne le maire.
Le directeur général d'ID Gatineau, Jean Lepage, note qu'une des forces des incubateurs est de créer un écosystème économique dynamique. Le modèle visité à Syracuse, où les starups sont mis en relation avec des chercheurs universitaires, a permis de créer une centaine d'entreprises en cinq ans.
«C'est l'effet d'entraînement qui compte, dit-il. Nous avons l'avantage d'avoir la capitale nationale juste à côté, donc d'avoir des antennes partout et des possibilités d'alliances stratégiques de par le monde.»
Au cours des prochaines années, Gatineau pourrait devenir un joueur important dans le monde des communications sécurisées et des technologies liées au développement durable, selon M. Lepage. «L'image de Gatineau aura changé d'ici cinq ans, dit-il. Nous serons davantage reconnus pour le dynamisme de notre secteur de la haute technologie à la grandeur du pays.»
Brasser des affaires au lieu du « petit lavage » à la maison
Xflydrone est en affaires à Gatineau depuis juin 2016. C'est une entreprise spécialisée dans le pilotage de drone. Il capte des images d'inspection à l'infrarouge, à la thermographie et en 3 D. Son marché, ce sont les milieux de l'agriculture, du développement durable et des énergies vertes.  
La compagnie est aussi présente à Métis-sur-Mer, en Gaspésie. Là-bas, Xflydrone espère décrocher un contrat pour l'inspection et l'entretien des équipements dans les parcs éoliens. 
Plusieurs rencontres
Simon Tanguay est responsable de développer le marché dans l'ouest du Québec. Il est venu s'installer dans un des bureaux loués par Innovation Gatineau, en janvier dernier. Depuis, dit-il, les occasions d'affaires se sont multipliées. « Avant, je travaillais de la maison, mais nous savons tous comment c'est, lance-t-il. Tu finis par faire un petit lavage ou autre chose. Ici, je rencontre des gens et je viens chercher de l'expertise. Depuis que je suis ici, j'ai eu plusieurs rencontres avec d'autres entreprises qui pourraient avoir besoin de mes services. » Le secteur du développement durable serait en pleine progression à Gatineau et Xflydrone souhaite y prendre part. 
M. Tanguay est convaincu qu'un incubateur comme Innovation Gatineau permettra de dynamiser l'économie locale. « Les universités, les cégeps, ils vont envoyer leurs startups ici, dit-il. Ça va amener beaucoup d'interactions. »