L'ancien presbytère de la rue Saint-Rédempteur à Gatineau a été construit en 1902.

Ancien presbytère de la rue Saint-Rédempteur: une deuxième demande de démolition

L'édifice de l'ancien presbytère de la rue Saint-Rédempteur à Gatineau fait à nouveau l'objet d'une requête de démolition, déposée par le propriétaire des Résidences de l'Île, Sam Chowieri.
La première démarche en ce sens a été déposée en 2014, mais a été retirée par le requérant qui n'avait pas présenté tous les documents nécessaires.
« À l'époque, ça ne nous semblait pas justifié de démolir cet édifice étant donné son intérêt patrimonial », rappelle le président du comité consultatif de l'urbanisme et du comité sur les demandes de démolition, Richard Bégin. Le conseiller souhaite étudier la demande avant de se prononcer sur la nouvelle requête.
Selon une analyse du projet obtenue par Le Droit, une évaluation de la valeur patrimoniale du presbytère, réalisée en juillet 2014 par l'architecte Jean Dallaire, « a conclu à la perte de la valeur patrimoniale du bâtiment qui a subi de nombreuses modifications et ajouts au cours des années, et dont subsistent très peu d'éléments architecturaux distinctifs d'origine ». 
Le rapport conclut que le presbytère « n'a pas de valeur patrimoniale qui justifie qu'on le maintienne en place. »
Pour le président de la Société d'histoire de l'Outaouais, Michel Prévost, la décision entourant la démolition du presbytère construit en 1902 doit se faire en tenant compte d'une nouvelle évaluation patrimoniale. 
Il qualifie le rapport de M. Dallaire comme une étude « sommaire » et « peu détaillée », et se questionne sur la nécessité de détruire un bâtiment « très symbolique, qui fait partie du patrimoine culturel religieux de Gatineau ». 
« On a tellement perdu de bâtiments dans le Vieux-Hull, doit-on absolument le démolir ou ne devrait-on pas plutôt regarder comment le préserver ? », s'inquiète M. Prévost. 
Le comité sur les demandes de démolition avait commandé une nouvelle étude aux services municipaux en 2014, afin de s'assurer que le bâtiment n'avait pas une valeur patrimoniale importante. Si le bâtiment est évalué comme détenant une valeur patrimoniale, la Société s'opposera à la demande du requérant. Dans le cas contraire, M. Prévost souligne qu'il ne résistera pas à la décision du comité.
Le demandeur souhaiterait remplacer le bâtiment qui contient actuellement 35 chambres par un édifice de 99 logements. Les locataires seront relogés sans frais supplémentaires dans les autres ailes des Résidences de l'Île, qui contiennent 78 logements. 
Le comité sur les demandes de démolition doit se pencher sur la demande le 20 mars.
Élizabeth Séguin, collaboration spéciale