Les Habitations Raymond-Brunet sur les rues Jean-Dallaire et Hanson, les Logements Théodore-Lambert sur la rue Lambert, et les immeubles de la Place Alexis-Caron sur les rues Mutchmore et Lesage, font partie des logements de l'OMHG contenant de l'amiante.

Amiante à l'OMHG: les locataires tenus dans l'ignorance

Un peu plus de 40% des logements de l'Office municipal d'habitation de Gatineau (OMHG) renferment des matériaux contenant de l'amiante, a appris LeDroit. Les fibres cancérigènes se cachent dans les joints de plâtre, les tuiles de plancher et les classiques plafonds en crépi.
L'OMHG considère qu'il n'est cependant pas pertinent d'informer les locataires, des ménages à faible revenu, de l'endroit où se trouve l'amiante. «Tant que nous n'y touchons pas, il n'y a pas de problème», précise Belkacem Khadir, directeur de l'entretien et construction des immeubles de l'Office.
De la soixantaine d'ensembles immobiliers de l'OMHG, 25 renferment des logements où l'amiante est présent. C'est ce que révèlent les études de caractérisation faites par une firme spécialisée pour le compte de l'Office au cours de la dernière année. Une des études - dont LeDroit a obtenu copie - démontre que la concentration d'amiante dans les matériaux varie entre 1 et 3%. Un matériau est reconnu comme contenant de l'amiante dès que la concentration dépasse 0,1%.
Les Habitations Raymond-Brunet sur les rues Jean-Dallaire et Hanson, les Logements Théodore-Lambert sur la rue Lambert, et les immeubles de la Place Alexis-Caron sur les rues Mutchmore et Lesage, font partie des logements de l'OMHG contenant de l'amiante. Ils ont en commun d'avoir tous été construits en 1970-1971. À ces endroits, les matériaux contenant de l'amiante ont été qualifiés de «friable» dont l'état allait de «moyen à endommagé».
«Les risques de contamination dans les logements sont faibles, précise M. Khadir. Nos études disent que nous pouvons laisser les éléments qui sont en place, mais que nous devrons prendre toutes les précautions pour les travailleurs si nous faisons des rénovations. S'il n'y a pas de travaux, si les matériaux ne sont pas endommagés, ça peut rester comme ça éternellement sans danger.»
«Aucune raison d'informer»
L'OMHG n'a pas de plan précis pour désamianter ses logements. Le travail se fait petit à petit, au gré des rénovations et des logements qui se libèrent. «Nous nous en occupons, mais sans trop de stress, indique M. Khadir. Je n'irai pas changer tous les murs de tous les logements parce qu'il y a présence d'amiante dans les joints. Nous avons un programme de remplacement des couvre-planchers dont les tuiles contiennent de l'amiante. Quand nous rentrons dans un logement qui est libéré, nous retirons l'amiante au plafond et ces tuiles.»
Étant donné le faible risque pour la santé des locataires, l'OMHG considère qu'il est inutile d'informer les locataires de ses immeubles de la présence d'amiante dans leur logement, même si ces derniers peuvent y passer une grande partie de leur vie.
«Il n'y a pas de plan particulier pour informer les résidents, mentionne M. Khadir. S'il n'y a pas de travaux, il n'y a aucune raison de les informer. S'il y a des rénovations par contre, je dois protéger les travailleurs et les locataires. Tant qu'il n'y a pas de perturbation des matériaux et qu'il n'y a pas de vandalisme, il n'y pas de danger pour les gens. Les plafonds peuvent effectivement être friables, mais c'est quand même rare qu'on accroche un plafond.»