Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) lance un appel au calme, alors que bon nombre d’agents de stationnement sont victimes « d’incivilités » et la cible de propos insultants par des automobilistes mis à l’amende.

Agents de stationnement gatinois: un appel au calme

Insultes, crachats, œufs, encerclement et agression physique. Les agents de stationnement de Gatineau en ont assez des comportements abusifs de certains automobilistes qui reçoivent une contravention.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) lance un appel au calme, alors que bon nombre d’agents de stationnement sont victimes « d’incivilités » et la cible de propos insultants par des automobilistes mis à l’amende.

Le SPVG a convoqué la presse mercredi, pour demander à la population de calmer ses ardeurs lorsqu’elle reçoit une contravention pour stationnement illégal.

« Certains cas plus graves où des menaces et des voies de fait sont survenues ont déjà été rapportés », affirme l’agente Andrée East, du SPVG.

Le problème perdure depuis trop longtemps, répète la police.

« Les hommes seraient plus enclins à utiliser la force physique alors que les femmes optent généralement pour la condescendance », mentionne l’agente.

Les chauffeurs de taxi et de véhicules de compagnie seraient plus souvent impliqués dans ces incivilités, même s’ils sont à blâmer pour leur stationnement illégal.

Les deux tiers des agents affirment que les citoyens ne font pas preuve de considération à leur égard lorsqu’ils appliquent la réglementation.

Près de quatre agents sur cinq (78 %) ont aussi été victimes d’une infraction criminelle dans le cadre de leurs fonctions.

Cette statistique préoccupe le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. « On dénonce l’intimidation dans les écoles. Ça doit aussi s’appliquer dans ce cas. »

« On a vu des parents très agressifs envers nos agents, devant des enfants », dit le directeur du SPVG, Mario Harel.

Daniel Monfils et Benoit Gravelle, deux agents de stationnements, en ont vu « des vertes et des pas mûres ».

« Un homme est déjà entré deux fois dans ma voiture de fonction pour essayer de s’emparer du constat d’infraction, raconte M. Monfils. Quand il a vu que j’avais pris la photo de sa plaque d’immatriculation, il a cessé et demandé que je déchire le constat et les preuves contre lui. »

Le chef Harel se souvient d’un employé qui s’était enfermé dans sa voiture en attendant l’assistance des policiers de Gatineau. Un groupe frustré avait encerclé le véhicule du préposé.

« Me faire lancer des constats dans la face ou qu’une personne crache par terre, juste pour ne pas que ce soit sur moi, oui, j’en ai souvent vu », témoigne Benoit Gravelle.

« Une personne a déjà lancé des œufs sur le véhicule de fonction de l’agent », mentionne le directeur Harel. « Personne n’a à supporter ce type d’humiliation. »

Le SPVG lance une campagne de sensibilisation, incluant des vidéos humoristiques ayant pour objectif de faire réfléchir la population sur ses propres comportements.

Un article de Code criminel prévoit l’agression d’un agent de la paix constitue un facteur aggravant. Mais aux yeux de la loi, les agents de stationnement ne sont pas considérés comme étant des agents de la paix.

Les agents de stationnement sont, en quelque sorte, considérés comme un membre du grand public, même dans une situation de crime contre leur personne. Mario Harel déplore qu’une banalisation se soit installée dans la population, lorsque des agents sont intimidés.

Les automobilistes réfractaires peuvent toutefois être accusé d’entrave à un fonctionnaire, selon l’article 129 du Code criminel, infraction qui peut également concerner un fonctionnaire public.