Le conseiller Marc Carrière songe à fonder un second parti politique municipal à Gatineau.

Action Gatineau salue l’initiative de Marc Carrière

Action Gatineau encourage le conseiller indépendant, Marc Carrière, à poursuivre sa réflexion concernant la création éventuelle d’un deuxième parti politique sur la scène municipale en prévision des élections de 2021.

« C’est bien de voir qu’il commence à entendre raison et qu’il réalise que ce que nous faisons n’est pas si bête que ça, lance le directeur général du parti, François Soucy. À Action Gatineau, on croit évidemment aux partis politiques et à l’adoption d’un programme commun pour défendre des idées communes. »

Le conseiller Cédric Tessier salue aussi la démarche entreprise par son collègue de Masson-Angers. « Je suis d’accord avec lui, c’est toujours mieux pour la population d’avoir le choix de plusieurs visions », dit-il. 

M. Carrière a annoncé, mardi, qu'il était en réflexion, avec un « petit groupe de personnes » sur la pertinence de fonder un deuxième parti politique pour faire face à Action Gatineau, un parti de « gauchistes » qui a, selon lui, contribué à éloigner le conseil municipal des besoins de la population.

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« Il faut quand même rappeler que le maire a été élu, et réélu, et aussi que le programme du conseil a été adopté à l’unanimité par le conseil, note M. Tessier. Il parle aussi de gauche ou de droite au municipal, je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Action Gatineau avait deux conservateurs dans son équipe de candidats lors de la dernière élection. On n’est pas à gauche ou à droite, on est au municipal. »

« Incohérent », dit Champagne

Le président du conseil municipal, Daniel Champagne, identifié par M. Carrière comme un indépendant faisant partie de la « clique » du maire, dit trouver « intéressant » l’exercice entamé par son collègue, alors que ce dernier s’était toujours opposé à la présence de partis politiques sur la scène municipale.

« Les raisons qu’il donne actuellement pour faire cette réflexion m’apparaissent cependant incohérentes, affirme M. Champagne. Lancer un parti politique, ça doit se faire autour d’idées. Si on lance un parti parce qu’on se sent exclu, c’est peut-être parce que quand on s’oppose, on le fait en fonction des individus plutôt qu’en fonction des idées. »

M. Champagne dit qu’il accordera de l’importance à la démarche de M. Carrière lorsque ce dernier précisera les idées qu’il souhaite défendre et de quelle manière il entend se démarquer de ce que le conseil municipal fait actuellement. 

M. Carrière affirme qu’Action Gatineau a contribué à éloigner le conseil municipal des vrais besoins de la population et que cet éloignement renforce la nécessité d’offrir une alternative à la population. 

« Encore là, son discours est incohérent parce qu’il a appuyé le programme du conseil, rappelle M. Champagne. Il dit qu’il faut un autre parti pour travailler contre le parti du maire, mais en quoi le programme du conseil qui a été adopté ne représente pas les besoins des citoyens selon lui? », se questionne M. Champagne. « Il a voté pour ce programme. De quel élément du programme du conseil M. Carrière souhaite-t-il s’éloigner? Je ne le sais pas encore. »

L’une des raisons qui poussent M. Carrière à réfléchir à fonder un nouveau parti politique réside dans ce qu’il juge être un «déséquilibre» des forces entre les partis politiques et les élus indépendants, notamment en ce qui concerne le financement et l’organisation sur le terrain. « Si c’est ça sa raison, moi, ça ne m’intéresse pas du tout comme démarche, insiste M. Champagne. Quand le débat se fait sur des idées, parti ou pas, c’est à forces égales. »