Le conseil municipal de Gatineau a adopté à la majorité, mardi, les différentes dérogations mineures demandées par le promoteur.
Le conseil municipal de Gatineau a adopté à la majorité, mardi, les différentes dérogations mineures demandées par le promoteur.

Action Gatineau divisé sur la protection du 62-64 Lucerne

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le projet immobilier de près de 200 unités de logement proposé par Brigil au 62-64 boulevard Lucerne pourra voir le jour même s’il provoquera la destruction d’un milieu humide dont le boisé est protégé par la réglementation municipale.

Malgré l’opposition de nombreux citoyens qui se sont manifestés lors de la période des questions, le conseil a adopté à la majorité, mardi, les différentes dérogations mineures, l’usage conditionnel et l’autorisation de couper tous les arbres se trouvant sur le terrain, comme le demandait le promoteur. Le dossier a toutefois divisé les membres d’Action Gatineau qui pour une rare fois depuis l’arrivée du parti sur la scène municipale n’ont pas voté en bloc.

La différence de point de vue parmi les membres du parti du maire a été particulièrement frappante sur le vote concernant l’autorisation de couper tous les arbres du terrain. Ce faisant le promoteur pourra procéder au remblai du milieu humide que lui avait autorisé le gouvernement du Québec en 2013. Outre la conseillère indépendante Audrey Bureau, les conseillers Cédric Tessier, Isabelle N. Miron et Renée Amyot, ainsi que le maire Maxime Pedneaud-Jobin ont voté contre cette résolution. À l’inverse, Maude Marquis-Bissonnette, Myriam Nadeau et Martin Lajeunesse ont voté comme le reste des élus indépendants du conseil en faveur de l’autorisation.

La conseillère Audrey Bureau

Comme énoncé précédemment cette semaine, Mme Bureau s’est opposée au projet parce que, selon elle, il ne cadre pas avec les notions de développement durable et qu’il est «démesuré» par rapport à son lieu d’insertion. Les membres d’Action Gatineau qui s’y sont opposés ont tous souligné un «inconfort» à autoriser la coupe d’arbres sur ce terrain alors que le conseil municipal a reconnu la situation d’urgence climatique il y a déjà plusieurs mois.

Que Gatineau analyse toujours la mise en place d’une éventuelle réglementation plus stricte pour protéger les boisés et milieux humides de son territoire a aussi eu l’effet de refroidir les opposants dans ce dossier.

De son côté, Mme Marquis-Bissonnette a pour sa part souligné que ce milieu humide avait été créé en raison d’une mauvaise irrigation provoquée dans le secteur par les différents projets immobiliers environnants. Elle a ajouté que ce milieu humide n’était pas hydroconnecté avec d’autres milieux humides et donc que sa valeur était faible. «Il ne s’agit pas du type de milieu humide que nous souhaitons protéger», a-t-elle précisé pour expliquer sa position dans ce dossier.