Les résidents de Val-des-Monts ne peuvent pas ériger d’abri temporaire sur leur terrain à longueur d’année.

Abris temporaires: vague de colère à Val-des-Monts

Depuis 2010, les citoyens de Val-des-Monts ne peuvent ériger d’abri temporaire sur leur terrain à l’extérieur de la période hivernale. Malgré l’âge de ce règlement, des dizaines de citoyens frustrés se sont rendus à la séance du conseil municipal mardi soir pour le dénoncer.

Ces structures, communément appelées les « abris tempo », sont permises du 15 octobre au 15 avril chaque année. Or, au cours des années précédentes, la municipalité n’intervenait qu’en cas de plainte, explique le maire, Jacques Laurin.

« Depuis les six dernières années, plusieurs personnes nous portaient plainte au sujet de garages temporaires assemblés. On demandait par courrier ou par information directe aux gens de démanteler leur garage », soutient M. Laurin.

À l’automne, le conseil municipal a adopté une résolution pour demander à son administration d’appliquer le règlement avec plus de rigidité. Ainsi, depuis le 13 mai, des inspecteurs sillonnent les rues de Val-des-Monts et remettent des amendes aux contrevenants — 500 $ sur un terrain zoné résidentiel et 1000 $ dans un zonage commercial.

Pierre Sanscartier fait partie des citoyens en colère après avoir reçu un constat d’infraction. Selon lui, ce règlement ne fait qu’encourager la délation entre voisins. Il considère également que le montant des pénalités est démesuré.

« Ce n’est pas tout le monde qui a les moyens d’avoir un vrai garage. Ça fait 10 ans que je l’avais chez nous », indique M. Sanscartier, ajoutant qu’il devra probablement jeter son abri temporaire, s’il n’arrive pas à le démonter convenablement.

Malgré la pression populaire, Jacques Laurin n’a pas l’intention de changer d’avis. Il croit que ce règlement, inspiré de ce qui se fait dans plusieurs autres municipalités québécoises, contribue à lutter contre la pollution visuelle. « Il y a des gens qui collectionnent des pièces d’auto, d’autres qui ramassent du bois, et qui décident de mettre ça dans des garages de type “tempo”. Les garages viennent remplis et, à un moment donné, ça déborde. »

M. Laurin ajoute que les propriétaires d’abris temporaires de Val-des-Monts ne devraient pas être surpris de l’application plus sévère du règlement. Il soutient que la municipalité a utilisé tous les moyens de communication à sa disposition au cours des derniers mois, y compris l’ajout d’un guide d’information dans l’enveloppe du dernier compte de taxes foncières. « C’est un peu comme quelqu’un qui fait de la vitesse sur une route et qui dit : “Je ne le savais pas.” Nul ne peut être blanchi, l’ignorance de la loi n’est pas une excuse. »