Retour des express vers Masson-Angers et Buckingham.

À bord des nouveaux express de la STO

Alors que le jour 1 des modifications apportées à divers circuits de la STO battait son plein lundi, LeDroit a pris le pouls d'une poignée d'usagers du secteur Masson-Angers lors du retour à la maison, montant avec eux à bord d'un autobus du circuit 93.
Une trentaine de personnes ont fait le voyage en partance de la station La Gappe, à 16h04 bien précises. Direction: le parc-o-bus de l'encan Larose et le centre sportif Robert-Rochon, entre autres, en empruntant l'autoroute 50 durant la quasi-totalité du trajet. Arrivée prévue à destination: 16h31. Première constatation: l'autobus est arrivé dans les délais prévus aux arrêts indiqués.
Il s'agissait d'un changement notable pour ces usagers de l'est de Gatineau. Depuis la disparition de lignes express et la mise en service du Rapibus, en octobre, l'autobus qu'ils empruntaient à la station La Gappe les transportaient d'abord vers la station Labrosse, avant de se diriger vers l'autoroute, plus au nord.
De sévères critiques
Ne cachant pas s'ennuyer de l'ère pré-Rapibus, Lise Moreau a indiqué être consciente que la version remodelée du trajet permettra de gagner un peu de temps, mais elle s'est malgré tout montrée sévère à l'endroit de la STO.
«Un petit délai en matinée, je suis prête à l'accepter. Mais en soirée, alors qu'on nous avait promis dans les fameux rapports qu'il n'y en aurait pas, je regrette, mais ce n'est pas acceptable... Une facture de 255 millions$ pour que ça nous prenne davantage de temps, non. [...] Dans le fond, peu importent les changements apportés, ça ne pourra jamais être aussi rapide qu'avant le Rapibus: on empruntait l'autoroute tout le long. À moins d'apposer des ailes à l'autobus, c'est impossible», lance-t-elle, précisant qu'en raison d'un léger retard de l'autobus du circuit 300, elle a dû patienter 15 minutes supplémentaires avant de monter à bord d'un autobus du circuit 93.
Autre anomalie, selon la résidente du secteur Masson-Angers: les heures indiquées dans le Guide de l'usager. «Elles ne sont pas bonnes, alors on ne peut même pas se fier là-dessus. En conséquence, je vais devoir ajuster mon horaire un peu», dit-elle.
De son côté, Caroline Robinson s'est dite à demi-satisfaite. Le nouveau trajet lui a permis d'arriver à la maison cinq minutes plus tôt.
«Je ne suis pas certaine que même ces petits ajustements-là vont régler tous les problèmes. Je pense que tout ce que ça aura pour effet, c'est de nous faire taire. [...] Il y aurait fallu qu'il y ait une meilleure planification avant l'entrée en service du Rapibus. Ç'a été lancé trop rapidement. La STO aurait pu lancer le projet par phases plutôt qu'en entier», a-t-elle affirmé.
Un pas dans la bonne direction
L'usager Daniel Raymond estime quant à lui que la STO a fait un pas dans la bonne direction.
Mais le mal est fait, dit-il. À son avis, les gens des secteurs Buckingham, Masson-Angers et à l'est du boulevard Lorrain sont les grands perdants dans le dossier du Rapibus.
«Pour moi, il n'y a aucun avantage avec le Rapibus comparativement à l'ancien système. Dans le passé, dans le meilleur des cas, ça prenait 40 minutes pour me rendre au bureau. Dorénavant, on doit compter une heure, voire une heure et dix minutes. Par contre, je crois que les changements apportés vont permettre de calmer un peu tout le monde. En fin d'après-midi, on va sauver une quinzaine de minutes environ», a-t-il dit, se disant toutefois prêt à laisser la chance au coureur.