Gilles Desjardins s'est défendu de vouloir s'ingérer dans les décisions de la Ville. Il estime toutefois qu'il est de son devoir, à titre d'homme d'affaires, de donner son opinion sur des dossiers qui touchent les contribuables.

79, Fraser: Gilles Desjardins a donné son opinion à la Ville

L'homme d'affaires Gilles Desjardins a offert ses conseils au maire de Gatineau dans le dossier du 79, chemin Fraser, dans une lettre où il mentionne que «la démolition de l'immeuble ou encore une compensation financière aux voisins n'est pas la solution».
Dans une missive sur papier lettre de sa compagnie datée du 7 juillet, le propriétaire et fondateur de Brigil fait part de son opinion à titre de «citoyen de Gatineau».
Il émet la suggestion «de demander au propriétaire du 79, chemin Fraser de procéder à la plantation d'un dense couvert arboricole de part et d'autre de sa propriété» pour mettre un terme à cette saga. Le conseil municipal a finalement privilégié cette avenue, mardi soir.
«Comme tout bon citoyen de Gatineau, les finances publiques me tiennent à coeur et l'une de mes missions est de créer de la richesse à Gatineau. Je crois que comme toute bonne personne qui prend des décisions, le conseil municipal doit s'informer auprès des professionnels. Je suis persuadé que c'est ce qu'il fait pour en arriver à cette décision, et ce, bien avant la lecture de ma lettre», estime M. Desjardins.
En entrevue avec LeDroit vendredi, ce dernier s'est défendu de vouloir s'ingérer dans les décisions de la Ville. Il estime toutefois qu'il est de son devoir, à titre d'homme d'affaires, de donner son opinion sur des dossiers qui touchent les contribuables gatinois.
«Si les gens d'affaires n'ont pas le droit de donner leurs opinions comme simples citoyens, ça ne fonctionne pas», dit-il.
M. Desjardins affirme qu'il ne connaît pas le propriétaire du 79, chemin Fraser, Patrick Molla, même si ce dernier a retenu les services de la même firme d'avocats que la compagnie Brigil pour faire parvenir une mise en demeure à la Ville de Gatineau, il y a quelques semaines.
«Je ne connais pas le propriétaire de la résidence. Je lui ai parlé pour la première fois, mercredi soir, lorsqu'il m'a appelé pour me remercier pour ma lettre. Il m'a confirmé que nous ne nous étions jamais rencontrés. J'ai appris que nous travaillions avec le même cabinet d'avocats, mais je ne le savais pas», affirme M. Desjardins.
Ce dernier considère que la décision prise par la Ville de Gatineau était la meilleure à prendre dans les circonstances. Il félicite également le propriétaire de la luxueuse résidence du chemin Fraser d'avoir bâti son domicile à cet endroit. «Il faut encourager les gens à investir et il faut féliciter cet homme puisqu'il aurait pu investir ailleurs, mais qu'il a décidé de le faire ici, à Gatineau.»
L'Association des résidents du chemin Fraser, mise au courant de la lettre écrite par M. Desjardins, croit que ce dernier n'avait pas à donner son opinion au maire de Gatineau. «Étant donné ses fonctions, je crois qu'il aurait dû rester neutre dans cette histoire. On ne peut pas dire qu'une lettre de M. Desjardins a le même impact qu'une lettre écrite par un Gatinois qui n'a pas une grande compagnie de construction», a souligné le porte-parole Louis Gaudet.
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin n'a pas souhaité commenter la lettre de M. Desjardins vendredi.