Louise Boudrias

6e pont: Pedneaud-Jobin invite Boudrias à déposer sa résolution

La conseillère Louise Boudrias devra vraisemblablement mettre sa menace à exécution lors du prochain conseil municipal si elle souhaite un débat public entre élus sur la question du sixième pont à l’est. Rien ne sera cependant gagné d’avance pour la conseillère qui aura à convaincre certains de ses collègues indépendants de la pertinence de sa démarche.

« Comme vous êtes responsable de l’agenda du conseil, je vous demande d’organiser ce débat le plus rapidement possible, a lancé Mme Boudrias en ouverture du conseil municipal de mardi. Si vous refusez, je vais déposer un projet de résolution au prochain conseil municipal. »

Le maire Pedneaud-Jobin, nullement ébranlé par le ton utilisé par la conseillère, a rappelé, au terme du conseil, que « Mme Boudrias n’a pas besoin de ma permission pour lancer un débat public, elle peut très bien le faire et l’a déjà fait dans le passé », a-t-il lancé, sourire en coin. Pour lui, discuter à savoir si les élus sont pour ou contre un sixième pont mènerait à un « débat stérile » qui ne ferait que perpétuer la façon d’approcher ce dossier depuis 40 ans. « Ça ne nous a pas fait avancer d’une miette, a-t-il affirmé. 

Le maire dit vouloir continuer le dialogue avec le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, mais tout en émettant un souhait à son endroit. «J’espère que M. MacKinnon va se sortir d’une ornière qui n’a pas marché depuis 40 ans, a-t-il affirmé. Que M. MacKinnon veuille mettre à jour des études qui n’intègrent même pas un éventuel pont à Masson, pour moi, ce processus-là c’est garbage  in, garbage out. On peut crier tant qu’on veut un pont, mais on n’est pas en train de parler d’une vraie solution sérieuse.»

LeBlanc pas en faveur

Le conseiller Jean-François LeBlanc doute, lui aussi, de la pertinence du débat que souhaite avoir Mme Boudrias. Cette dernière devra obtenir l’appui de la majorité du conseil pour faire adopter sa résolution demandant un débat public. 

«Il n’y a pas encore de projet déposé, rappelle-t-il. Le fédéral a encore du travail à faire. Je ne suis pas d’accord avec la proposition de Mme Boudrias. Laissons M. MacKinnon faire son travail et quand ça sera le temps et que les étoiles seront alignées, on se prononcera au conseil sur le projet précis. Pour l’instant, c’est prématuré. La dernière fois que le conseil municipal s’est prononcé sur ce projet, c’était unanime. Je ne vois pas pourquoi on voudrait changer cette position-là.»

M. LeBlanc s’est rapproché de M. MacKinnon dans la dernière année. Il était d’ailleurs présent lors du rassemblement partisan du député, lundi. Il est en faveur du sixième pont, notamment dans le contexte où les voitures électriques sont de plus en plus nombreuses sur les routes, et que la tendance ne va pas changer. «En auto électrique, je pollue encore moins qu’un autobus, dit-il. Mais même en auto électrique, j’ai besoin d’un pont pour traverser la rivière, a-t-il dit. Ce n’est pas tout le monde qui va utiliser le transport en commun dans le futur.»