L’édifice Louis-St-Laurent, situé au 555, boulevard de la Carrière et inoccupé depuis trois ans à la suite d’un incendie, serait « l’emplacement idéal pour y déménager l’Hôpital de Hull », estime le lobbyiste Philippe Bourque

555 boulevard de la Carrière: «L’emplacement idéal pour un hôpital»

L’édifice Louis-St-Laurent, situé au 555, boulevard de la Carrière et inoccupé depuis trois ans à la suite d’un incendie, serait « l’emplacement idéal pour y déménager l’Hôpital de Hull », estime le lobbyiste Philippe Bourque, qui affirme que le gouvernement Legault pourrait réaliser sa promesse électorale dans un horizon aussi tôt que d’ici la fin de l’année 2021.

L’homme, qui s’est conformé à la loi en s’enregistrant au Registre des lobbyistes du Québec en mai dernier, affirme que l’idée de cet important projet lui est venue à la fin de l’hiver dernier en écoutant un bulletin de nouvelles.

« C’est un emplacement parfait, le site est stratégique avec plusieurs accès, à proximité de deux autoroutes. En plus, le terrain adjacent est un stationnement du casino, qui est donc détenu par le gouvernement provincial. On parle de 20 acres de terrain. [...] Au lieu d’agrandir ou de rénover l’hôpital existant, ce qui causerait beaucoup d’ennuis aux opérations courantes, tout serait prêt ici. De notre côté, on a soumis une proposition au gouvernement, c’est à eux de voir si ça vaut la peine ou non, nous on croit que oui. Ce serait moderne et à la fine pointe de la technologie, ça pourrait aider avec la pénurie de personnel. Ce serait extraordinaire pour la région », lance le principal intéressé en entrevue avec Le Droit.

Pour ses pourparlers visant à convaincre le gouvernement qu’un nouvel hôpital pourrait être établi à cet endroit, le lobbyiste œuvre au nom de l’entreprise Gestion 555 Carrière, propriétaire de l’immeuble érigé en 1985.

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, la ministre de la Santé Danielle McCann, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) et la Société des casinos du Québec sont au nombre des acteurs identifiés pour des démarches de lobbying.

M. Bourque affirme que selon les calculs faits par l’entreprise, l’hôpital actuel a une superficie brute totale de 35 000 mètres carrés, tandis que celle du nouveau site est de 58 000 mètres carrés.

Il fait aussi valoir que le Rapibus « est juste en face » et que jusqu’à 1650 espaces de stationnement sont disponibles autour du bâtiment. L’immense atrium à l’intérieur pourrait être rénové puis s’inspirer de celui que l’on retrouve à l’hôpital pour enfants SickKids à Toronto, ajoute-t-il.

Le lobbyiste affirme que le « timing est parfait », car le litige avec le gouvernement fédéral, qui louait l’édifice avec la Défense nationale jusqu’à ce qu’un feu l’endommage en avril 2016, est réglé, dit-il, ajoutant que l’immeuble pourrait être rapidement acheté ou loué par Québec.

« Contrairement à ce qui a été dit, c’est le propriétaire qui a décidé de prendre en charge les rénovations, ce n’était pas le choix du gouvernement. Ça prendrait environ un an pour faire un décapage complet et une rénovation de l’édifice. On ne parle pas démolition. C’est un espace minimal qui a été affecté par l’incendie. Une fois le nettoyage complété, ce sera comme neuf. Le système de chauffage et de climatisation pourrait aussi être remplacé. Pendant ce temps, si le CISSSO décide que c’est une bonne option, leurs ingénieurs et architectes pourront faire des plans. On pourrait être en mesure de déménager les patients d’ici deux ans et demi, ce qui respecterait l’engagement de M. Legault », dit-il.

Contacté par Le Droit, le cabinet du ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a indiqué qu’une première rencontre avec M. Bourque a eu lieu à la fin du mois de mars. C’est toutefois l’équipe du ministre qui a échangé avec lui et M. Lacombe était absent.

Philippe Bourque soutient pour sa part avoir aussi discuté de son projet avec la direction du CISSSO ainsi que le cabinet du maire Pedneaud-Jobin.

La façon dont le gouvernement entend s’y prendre pour décider quelle forme prendra l’ajout de 170 lits d’hôpital dans la région devrait en théorie se trouver dans le plan clinique du CISSSO, remis au ministère de la Santé le 28 juin dernier.

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, avait indiqué au Droit, en mai, que l’organisation avait reçu comme mandat de proposer trois scénarios au gouvernement.

Alors qu’en campagne, la CAQ promettait un nouvel hôpital prêt à soigner dès 2023, les élus du parti ont ensuite fait savoir que l’ajout de lits de courte durée pourrait aussi passer par l’agrandissement d’un hôpital déjà existant.

Le plan clinique du CISSSO, qui s’étend sur plus de 200 pages, comporte quatre chapitres, dont un qui est uniquement consacré aux besoins immobiliers.

Le ministre Lacombe a récemment affirmé que le plan clinique sera éventuellement rendu public, puisque le gouvernement veut organiser des consultations sur ce dossier.