Les attentes de la Ville de Gatineau résidaient surtout dans une meilleure flexibilité et une meilleure efficacité des programmes d’aide à l’intention des sinistrés.

50 M$ pour être prêt en cas d’inondations

Le gouvernement du Québec a dévoilé, jeudi, le plan d’action devant lui permettre d’être plus efficace lorsque les prochaines inondations toucheront son territoire. La Ville de Gatineau, la ville la plus touchée de la province lors des inondations du printemps dernier, a été en communication de manière intense avec le gouvernement dans la réalisation de ce plan au cours des derniers mois.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, propose ainsi un plan de 50 millions $ comprenant 24 mesures qui auront comme effet d’accroître le niveau de mobilisation et de préparation des villes face à de tels sinistres. Le plan chercher aussi à favoriser une approche plus personnalisée et humaine dans la gestion des programmes d’aide. 

L’une des mesures phares présentées par le ministre Coiteux est l’obligation pour toutes les municipalités de se doter d’un plan de sécurité civile. Cette mesure n’aura pas d’effet à Gatineau puisque la Ville a déjà un tel plan qui, selon le maire Maxime Pedneaud-Jobin, fait même office de modèle à travers le Québec depuis le printemps dernier. 

Les attentes de la Ville de Gatineau résidaient surtout dans une meilleure flexibilité et une meilleure efficacité des programmes d’aide à l’intention des sinistrés. À ce chapitre, le maire s’est dit «encouragé», même si du travail reste à faire. «Il y a des gens qui ont été mis pendant des mois dans des situations qu’on ne peut plus tolérer pour l’avenir», a-t-il insisté.

Québec, à la satisfaction de Gatineau, ouvre ainsi la porte à déléguer aux villes qui le souhaitent la gestion totale ou partielle du programme d’aide financière aux sinistrés. «Il y a une volonté de simplifier, mais ce n’est pas encore fait et selon nous, ça doit l’être avant la prochaine saison des inondations, a précisé le maire Pedneaud-Jobin. On ne veut pas une chicane de juridictions, mais en même temps on ne veut pas se faire donner des responsabilités sans recevoir les moyens de les assumer. Ce qu’on veut, c’est une solution. Si on trouve une mécanique administrative qui fonctionne, on se chicanera dans les prochains mois pour savoir qui doit payer. Ce qu’on veut c’est que ce soit applicable le plus vite possible pour éviter de faire revivre un enfer administratif aux gens.»

Le maire Pedneaud-Jobin salue aussi la décision de Québec de réserver des sommes importantes pour actualiser la cartographie des zones inondables. Ce dernier rappel que cela a créé quelques difficultés le printemps dernier parce que la cartographie de la rivière Gatineau était faite sous un modèle différent de celle de la rivière des Outaouais. 

«On est en discussion avec le gouvernement pour que ce soit Gatineau qui s’occupe de cartographier presque toute la région, note le maire. On aurait accès à des fonds pour le faire. On aurait alors une cartographie uniforme et c’est Gatineau qui piloterait l’exercice.»

La directrice de l’aménagement du territoire de la Ville de Gatineau, Catherine Marchand, a expliqué qu’une telle mesure permettrait à Gatineau et à toute la région d’avoir une bien meilleure lecture, en temps réel, des niveaux d’eau, mais surtout des endroits où agir en priorité. 

Le plan d’action du ministre prévoit aussi une meilleure communication entre le gouvernement du Québec et les villes en cas de sinistre. Les lacunes à ce niveau ont fait en sorte que la dérogation collective obtenue par la Ville de Gatineau en novembre a finalement été complètement inutile. «Oui, il faut protéger les renseignements personnels, mais en temps de crise, il faut agir vite et aider notre monde, a affirmé M. Pedneaud-Jobin. Selon moi, ce principe doit primer sur les enjeux de confidentialité.»

24 mesures pour 50 M $

  • Un plan de sécurité civile obligatoire pour toutes les municipalités
  • Mise en ligne d’un outil de surveillance de la crue des eaux 
  • Mise en place d’une veille sur le dégel printanier
  • Favoriser l’entraide intermunicipale
  • Mise à jour de la cartographie en zone inondable
  • Révision et allègement du programme d’aide financière pour les sinistrés
  • Déléguer aux villes le souhaitant la gestion du programme d’aide financière aux sinistrés
  • Mise en place d’une approche centrée sur le sinistré
  • Permettre l’échange de renseignements sur les sinistrés entre le gouvernement et les villes