La Ville de Gatineau considère les matelas et les meubles rembourrés comme des encombrants-déchets.

50 $ pour jeter un vieux matelas

La Ville de Gatineau fait presque cavalier seul parmi d’autres grandes villes en exigeant que ses citoyens paient 50$ pour se départir d’un matelas dans un centre de transbordement.

Vérification faite par Le Droit mardi, les villes de Longueuil et Québec offrent la possibilité à leurs contribuables d’effectuer ce geste spécifique sans frais.

Comme dans le cas de Gatineau, ces deux villes ont établi des seuils maximaux de volume pour les matières déposées à l’écocentre ou encore limitent le nombre de visites par année. Mais aucune parmi elles ne demande aux citoyens de piger dans leurs poches lorsque vient le temps de se débarrasser d’un vieux matelas.

Dans le cas de Longueuil, par exemple, l’imposition de frais concerne les commerces et entreprises, tandis qu’à Québec, le porte-parole David O’Brien a indiqué que les gros rebuts non métalliques comme les matelas sont acceptés gratuitement dans les écocentres. Dans la Vieille capitale, les citoyens peuvent aussi faire une demande d’intervention en ligne ou par téléphone pour que les gros encombrants soient ramassés sans frais à la date convenue par la municipalité, quelques jours plus tard.

À Laval, où l’ouverture d’un premier écocentre permanent n’est projetée qu’en 2020 et puisque les écocentres mobiles n’acceptent pas les meubles et matelas, les citoyens sont invités à se tourner vers des entreprises tels que Matt Canada ou Recyc-Matelas pour s’en départir. Certains frais s’appliquent alors.

En ce qui concerne Sherbrooke, la collecte des résidus encombrants en bordure de rue tels que les matelas ou les divans se fait en même temps que la collecte des résidus de bois et des branches de conifères, deux fois par an. Autrement, si le matelas est toujours dans un bon état, on demande aux gens de se rendre au centre de transfert puisque l’écocentre n’accepte pas un tel objet.

De l’autre côté de la rivière, à Ottawa, les « déchets volumineux qui peuvent facilement être soulevés et jetés dans un camion à ordures », tels que les bicyclettes, les matelas et les éviers, doivent être placés en bordure de route lors du jour de collecte.

La Ville de Gatineau affirme que la réglementation actuelle considère les matelas ou meubles rembourrés comme des encombrants-déchets et que des frais de 50$ minimum ou 125$ la tonne s’appliquent au centre de transbordement. La porte-parole Catherine Desfossés soutient toutefois que la Ville étudie présentement la question.

Entre-temps, s’ils ne veulent pas avoir à sortir leur portefeuille, les Gatinois sont invités à se départir de leur matelas lors des quatre collectes annuelles pour les encombrants-déchets ainsi que pour les matériaux de construction, prévues en avril, mai, juillet et octobre).

Cette façon de faire fait partie du nouveau Plan de gestion de matières résiduelles, en vigueur depuis le 15 juillet. Il est aussi possible de se tourner vers certains organismes de charité ou les magasins, qui récupèrent les vieux matelas à la livraison de nouveaux meubles.