Gatineau vit présentement une véritable crise du logement avec un taux d’inoccupation de 1,2%.

350 unités de logements abordables en attente

Gatineau se dit en mesure de mettre en chantier « un grand nombre d’unités » de logements abordables en 2019 si Québec modifie son programme Accès logis rapidement et indexe le montant de ses subventions.

Aux prises avec un taux d’inoccupation de 1,2 % de ses logements, Gatineau vit actuellement la pire crise du logement au Québec. La présidente de la commission de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de l’habitation, Maude Marquis-Bissonnette, précise que ce sont 350 unités de logement qui pourraient être mises en chantier dès les prochains mois. « On a des signaux de Québec que la refonte du programme s’en vient, dit-elle. On a eu une présentation, l’an passé, à la Société d’habitation du Québec (SHQ), et si c’est ça qui arrive […] ça pourrait avoir un impact assez rapidement à Gatineau. »

Québec n’a pas indexé ses subventions depuis au moins dix ans, rappelle la conseillère. Entre temps, les coûts de construction ont augmenté, ce qui empêche actuellement plusieurs projets prêts à être construits de voir le jour, faute d’argent. Certains projets de logements abordables sont sur la glace depuis cinq, parfois dix ans.

Mme Marquis-Bissonnette reconnaît toutefois que cette mesure ne permettra pas de répondre aux besoins urgents de logements cet été. Les organismes communautaires en logement lancent des signaux d’alarme depuis quelques mois. Une coalition d’organismes a d’ailleurs interpellé la Ville concernant une série d’actions à mettre de l’avant pour éviter le pire dans les prochains mois. « Ils demandent essentiellement de mettre en place ce qui a été fait par Québec au début des années 2000 », note-t-elle.

« Il faut l’étudier, mais le contexte réglementaire, légal et politique a changé, ajoute Mme Marquis-Bissonnette. À l’époque, c’était l’ensemble du Québec qui présentait un bas taux d’inoccupation. Là, on ne peut pas envisager une solution panquébécoise. Il faudra adapter les solutions au contexte actuel. La Ville devrait pouvoir faire un certain nombre de choses. »

Long terme

Le plan d’action 2019 de la Politique d’habitation de la Ville de Gatineau renferme certaines actions qui permettront de répondre aux enjeux de logements abordables de manière durable, mais à plus long terme. Gatineau travaillera cette année sur une politique permettant d’inclure des logements abordables dans les grands projets immobiliers. Les mini-maisons, dont l’implantation est actuellement interdite à Gatineau deviendront légales. « On ne veut pas de quartiers de mini-maisons, mais plutôt permettre des unités, par exemple, dans les cours arrière, explique Mme Marquis-Bissonnette. Ça permet une densification douce. Il reviendra au conseil de valider le plan d’action, mais on travaillera là-dessus en 2019. Gatineau souhaite aussi accorder plus d’importance à l’accessibilité universelle dans ses exigences. Des actions pour soutenir la mixité sociale seront aussi mises de l’avant, tout comme des améliorations aux processus d’intervention en matière de salubrité résidentielle.