La tornade a marqué l’actualité de la Ville de Gatineau en 2018.

2018 en coup de vent [ANALYSE]

ANALYSE / Quand l’année 2017 s’est achevée, le Quartier-du-Musée et les tours Brigil étaient toujours au centre d’un débat politique épique dont l’aboutissement allait, d’une manière ou d’une autre, marquer l’histoire de Gatineau. Le futur aréna Guertin était encore un projet sur papier. Le cannabis était prohibé. Les encombrants étaient ramassés toutes les deux semaines. Aucun journaliste n’avait encore été arrêté dans le cadre de ses fonctions par la police de Gatineau. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin passait encore pour un rêveur en espérant le transfert aux villes d’un point de la TVQ. Les travaux sur le boulevard Saint-Joseph étaient évalués à 50 millions $. Ce sera finalement 78 millions $. Le conseiller Jocelyn Blondin était encore le responsable des dossiers de l’éducation au conseil municipal. Louise Boudrias était mairesse suppléante et Gilles Carpentier présidait le comité exécutif.

Il y a un an, les Gatinois continuaient péniblement de se relever des inondations historiques qui ont défiguré l’un des plus anciens quartiers de leur ville. Ils ne s’attendaient certainement pas, quelques mois plus tard seulement, à devoir affronter une tornade.

Parce qu’au-delà des crisettes municipales qui ont rythmé l’année politique, c’est encore la météo qui a eu le dernier mot.

Si l’eau a marqué l’année 2017, le vent s’est occupé de 2018. Un quartier éventré. Des centaines de sinistrés. Une population déjà vulnérable en est ressortie encore plus fragilisée. Bref, une deuxième crise majeure en deux ans à gérer pour Gatineau.

Transparence

À côté de ça, les tempêtes sur la transparence semées à tout vent par la conseillère Louise Boudrias ont paru bien anodines, surtout qu’elles se sont souvent passées dans un verre d’eau. Les administrations publiques pourront toujours faire mieux en matière de transparence, c’est vrai. Faut-il rappeler que Gatineau a refusé, pendant 24 heures, de rendre public un rapport sur une consultation publique qui avait été tenue plusieurs mois auparavant ?

Malgré quelques faux pas, Gatineau n’est pas l’organisation opaque que certains dénoncent. Le niveau de transparence d’une ville ne se mesure pas uniquement à la quantité de comités pléniers publics et de sessions de travail à huis clos. Gatineau n’est pas Chambly où filmer les séances du conseil municipal était encore prohibé en début d’année. Elle n’est pas Sherbrooke non plus, où des fuites sur le budget ont tellement irrité le maire, il y a quelques jours, qu’il a songé à annuler la rencontre avec les médias pour leur en expliquer les grandes lignes juste avant son adoption en conseil municipal. À Gatineau, le budget est décortiqué en public pendant quatre jours.

L’administration Pedneaud-Jobin a cependant paru désorganisée par moments, en 2018, dans la mise en place des débats publics et la diffusion de l’information, à cheval entre son ancienne et sa nouvelle gouvernance. Le dérapage dans le dossier du boulevard Saint-Joseph et les remous provoqués à l’interne par l’entrevue accordée au Droit dans le dossier des infrastructures par le directeur général adjoint, André Turgeon, en sont deux exemples probants. Des améliorations à ce chapitre sont attendues tôt en 2019, tant par les médias que les élus et les hauts fonctionnaires.

Et 2019

Certains dossiers qui monopolisaient la scène politique municipale depuis des années, voire une décennie, ont connu leur dénouement en 2018. Le futur aréna Guertin est maintenant en construction. Certains avaient perdu espoir que cela se produise un jour. Les tours Brigil qui se frayaient un chemin dans l’actualité chaque semaine depuis plus de deux ans ont vu une majorité d’élus au conseil leur tourner le dos au profit de la protection du Quartier-du-Musée. Le redéploiement du réseau de bibliothèques est véritablement amorcé. Celle du Plateau est en construction. Les besoins de Lucy-Faris mèneront vraisemblablement à la démolition de l’édifice Place des pionniers à Aylmer. Après des années de hausses de taxes successives de 2,9 %, les Gatinois auront droit, en 2019, à une hausse limitée à 2,1 %, la plus petite depuis 2005.

C’est à se demander de quoi seront faits les débats de 2019. Quels sont les dossiers qui colleront dans l’actualité et qui remplaceront ces classiques dans les bilans de fin d’année en décembre prochain ?

Le train léger ? L’étude complémentaire n’est pas attendue avant le début de 2020. La fusion de la Société de transport de l’Outaouais avec la Ville ? Rien de précis à ce sujet ne transpirera avant la toute fin de l’année prochaine. La bibliothèque centrale ? Encore faudrait-il qu’elle revienne à l’ordre du jour. Le nouveau modèle d’Ombudsman ? L’année aura été passablement terne, si c’est le cas. Le réaménagement des berges du ruisseau de la Brasserie ? Peut-être. Certains échéanciers approchent. La négociation du prochain pacte fiscal Québec-municipalité et le transfert d’un point de la TVQ aux villes ? Très probablement. Le gouvernement s’y est engagé et les villes souhaitent que ce soit joué avant la fin du mois de septembre. L’heure d’ouverture des bars dans le secteur Hull ? Assurément, si le statu quo est abandonné. L’entrée en scène d’un nouveau parti politique municipal ? À l’heure actuelle, la réponse à cette question semble appartenir à l’ex-candidat à la mairie, Clément Bélanger, et au conseiller Marc Carrière.

Des vents contraires, tantôt en légère brise, tantôt en rafale, continueront certainement de souffler sur le conseil municipal en 2019.

C’est d’ailleurs souhaitable en démocratie. Les Gatinois sont cependant en droit d’espérer que la météo ne viendra pas à nouveau faire de l’ombre sur le reste.