Un programme de remboursement volontaire mis sur pied par Québec a permis à la Ville de Gatineau de récupérer environ 2 millions $ des entreprises collusionnaires.

Gatineau tourne la page sur la collusion

Le dernier des accusés dans une longue histoire de collusion à Gatineau a reçu sa sentence.

Cette affaire d’ententes « sous la table » dans la quatrième ville du Québec s’est terminée vendredi dernier avec le règlement du dossier de Claude Marquis, ex-directeur régional de Genivar (aujourd’hui WSP Canada).

Claude Marquis a reçu une peine de six mois de détention à domicile, de 13 mois de couvre-feu et de 120 heures de travaux communautaires.

Avec des complices de trois autres firmes, Claude Marquis a truqué des offres liées à 21 contrats d’infrastructure accordés par la Ville de Gatineau entre 2004 et 2008.

Le stratagème a fait perdre environ 1,8 million $ à la Ville. Cela représente une hausse illégitime d’environ 33 % des coûts associés à ces contrats, puisque la Ville a été privée de la libre concurrence entre ces firmes.

Les représentants régionaux des firmes Cima+, Genivar, Dessau et Tecsult (aujourd’hui Aecom) se réunissaient sous le prétexte d’une rencontre légitime de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec. M. Marquis s’est joint au quatuor en 2005.

Ces assemblées servaient plutôt à se partager la part du gâteau des appels d’offres de la Ville de Gatineau. 

Un langage codé et des ententes tacites ont été développés à l’insu des représentants de la municipalité.

Selon le résumé des faits présenté à la Cour supérieure, les représentants de Cima+, Genivar et Tecsult ont dû mettre de l’eau dans leur vin en 2006. 

Les directeurs impliqués pour la firme Dessau étaient insatisfaits de leur part du gâteau.

Les tranches de Cima+ (40 %), Genivar (27 %), Tecsult (22 %) et Dessau (11 %) sont passées respectivement à 37 %, 25 %, 21 % et 17 %.

Cette affaire marque la fin d’un large chapitre sur la collusion entre firmes de génie-conseil à Gatineau.

En juillet dernier, l’ancien vice-président et associé de l’entreprise Cima+, André Mathieu, a reçu une peine de sept mois en résidence surveillée, et 15 autres mois de couvre-feu.

En janvier, l’ex-dirigeant et vice-président adjoint de Dessau, Dave Boulay, a reçu une peine de prison d’un an à purger dans la communauté.

En juin, l’ancien vice-président régional de la même entreprise, Michel Famery, a reçu une peine d’emprisonnement de 18 mois, aussi à purger dans la communauté.

Un programme de remboursement volontaire mis sur pied par Québec a permis à la Ville de Gatineau de récupérer environ 2 millions $ des entreprises collusionnaires.