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Le cimetière Notre-Dame à Gatineau.
Le cimetière Notre-Dame à Gatineau.

Gatineau souhaite donner une protection patrimoniale à une douzaine de propriétés privées

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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L’annonce par Québec d’un nouveau programme de soutien aux municipalités en matière de préservation du patrimoine pousse la Ville de Gatineau à prendre le taureau par les cornes pour aider les propriétaires privés à restaurer les immeubles dont la valeur est reconnue. Le conseil municipal a adopté, mardi, une liste de douze propriétés privées et d’un cimetière qui feront l’objet d’une analyse du service de l’urbanisme en prévision d’une éventuelle citation patrimoniale.

Une fois la valeur patrimoniale de ces immeubles confirmés, les propriétaires pourront se prévaloir de généreuses subventions du gouvernement du Québec pour en faire la restauration. Le Droit a appris que la somme réservée à la Ville de Gatineau s’élève à 1,86 million $.

La dizaine de propriétés visées par l’analyse patrimoniale et historique qui s’amorce a été identifiée par la Ville en fonction de différents critères. Il s’agit de propriétés qui n’ont actuellement aucune protection particulière, mais dont la valeur est susceptible d’être à la hauteur d’une citation patrimoniale. Quant au cimetière visé par l’analyse, il s’agit du cimetière Notre-Dame, sur le boulevard Fournier. Les défenseurs du patrimoine demandent que ce lieu soit protégé par une citation depuis déjà plusieurs années.

Le directeur du service de l’urbanisme de la Ville de Gatineau, Mathieu Bélanger, a informé le conseil municipal, mardi, de la teneur des discussions amorcées il y a quelques mois entre la Ville et le ministère de la Culture et des Communications du Québec. «L’ancien programme ne donnait pas des montants assez significatifs pour encourager les rénovations des bâtiments privés, a-t-il indiqué. Le nouveau programme de soutien sera beaucoup plus avantageux pour les propriétaires.»

C’est dans le but de profiter au maximum de l’argent disponible à Québec que Gatineau a pris la responsabilité de faire une liste de propriétés qui pourraient éventuellement faire l’objet d’une citation patrimoniale. «L’initiative que nous lançons découle directement de l’annonce du nouveau programme de Québec, a reconnu le maire Maxime Pedneaud-Jobin. J’ai voulu qu’on agisse vite et c’est pour ça que l’analyse se fait à notre initiative et [et non à l’initiative des propriétaires]. L’argent pour le patrimoine, il n’y en a pas de trop et je voulais m’assurer qu’on soit une des villes qui prend la plus grande portion possible de ce programme-là.»

Les immeubles privés faisant déjà l’objet d’une protection patrimoniale, ou les immeubles situés dans des sites du patrimoine comme le Quartier-du-Musée ou celui du Vieux-Aylmer pourront aussi se qualifier pour ce programme.

M. Bélanger a confirmé que les propriétaires des immeubles visés n’ont pas été contactés par la Ville parce que pour l’instant il ne s’agit que d’un mandat d’étude. La Loi prévoit qu’en cas de citation, les propriétaires seront informés et ils auront une tribune pour faire part de leurs commentaires et s’opposer s’ils le souhaitent. Le maire ajoute toutefois qu’à sa connaissance, un propriétaire n’est pas en mesure de refuser une citation patrimoniale de son immeuble. «Le patrimoine est un bien collectif et non pas uniquement un bien privé», a-t-il ajouté.

Immeubles placardés

La conseillère Audrey Bureau a fait remarquer que certains des immeubles visés par l’étude patrimoniale sont placardés et qu’en ce sens il y aurait lieu pour la Ville de faire preuve d’une plus grande cohérence dans ses efforts de préservation du patrimoine. «C’est bien de citer des immeubles patrimoniaux, a-t-elle indiqué, mais encore faut-il être cohérent et qu’on agisse pour en éviter la détérioration. Placarder un immeuble n’est pas préserver le patrimoine. Il faut agir pour le sauvegarder.»

Le directeur de l’urbanisme a précisé que le phénomène des immeubles ayant une valeur patrimoniale qui sont placardés est un enjeu présent à Gatineau, mais aussi dans plusieurs villes de la province. «Ce n’est pas une situation idéale, a-t-il reconnu, mais si la Ville désire agir il y a des recours dans la Loi sur le patrimoine culturel. On parle toutefois de judiciarisation de dossiers. Ce sont des recours qui peuvent prendre un certain temps et qui sont assez lourds.»

Mme Bureau suggère que la Ville évalue la possibilité d’imposer une taxation particulière et supérieure sur les immeubles patrimoniaux placardés. «Ça pourrait encourager les gens à les restaurer et à les mettre en valeur, a-t-elle avancé. Ça serait aussi une façon de diversifier nos revenus.»