Peu de villes à part Gatineau peuvent se vanter d’avoir autant d’infrastructures de plein air aussi près de leur centre-ville.

Gatineau se prépare à investir des millions $ dans le plein air

En voulant résolument développer et structurer son offre de plein air urbain, la Ville de Gatineau embarque dans un train déjà bien en marche en Outaouais. Les sommes que décidera bientôt de réserver à cette fin le conseil municipal pourraient propulser la région au sommet des destinations plein air au Québec au cours des prochaines années.

Le plan d’action préliminaire présenté à la commission des loisirs, des sports et du développement communautaire de la Ville de Gatineau, le 27 mars dernier, propose des dépenses municipales de 2,56 millions $ sur trois ans, à partir de 2020. L’argent servirait principalement à améliorer et mettre en valeur l’offre de service, améliorer la qualité de l’expérience plein air, favoriser le partenariat entre les différents organismes et promouvoir une approche écoresponsable.

L’enveloppe ne comprendrait toutefois pas les sommes à investir directement dans les infrastructures de plein air, ni les dépenses associées à des projets majeurs comme le réaménagement du ruisseau de la Brasserie, au développement du parc des Cèdres, de la forêt Boucher ou encore de l’éventuel parc des rapides Deschênes.

Rien n’est toutefois encore confirmé. Le plan de développement en plein air urbain doit être présenté aux élus en comité plénier le 28 mai prochain pour une adoption par le conseil municipal le 11 juin. L’effort budgétaire qui sera consenti à ce plan fera l’objet de discussion lors de l’étude du budget par le conseil, plus tard en novembre, précise le président de la commission, Martin Lajeunesse.

Ce n’est pas d’hier que la Ville de Gatineau souhaite faire du plein air l’une des principales cordes à son arc. Dès l’adoption de la Politique des loisirs, du sport et du plein air, en 2006, la Ville disait déjà vouloir ériger le plein air en « emblème de la qualité de vie » des Gatinois. Le potentiel récréotouristique de Gatineau, avec ses quelque 300 km de pistes cyclables, les rivières qui traversent son territoire et ses 360 parcs et espaces naturels, est indéniable.

Le constat est tout aussi vrai pour l’Outaouais dans son ensemble, rappelle Frédérique Delisle, directrice générale de Loisir sport Outaouais (LSO). L’organisme s’affaire à réunir, structurer et appuyer l’industrie du plein air en Outaouais depuis déjà plusieurs années. « Le plein air est une de nos ressources premières, mais ça ne faisait pas partie de notre planification régionale avant 2012, explique-t-elle. On a donc mis ça sur la table il y a six ou sept ans, on a creusé ça avec les MRC, la Ville de Gatineau et de nombreux autres partenaires. Le besoin d’une meilleure organisation régionale a vite fait surface. On a fait beaucoup de chemin depuis 2012 comme région. » Le lancement du portail Outaouais plein air, l’automne dernier, et la tenue, à Gatineau, en 2020, du tout premier sommet pancanadien du plein air découlent directement des efforts déployés par LSO et ses partenaires au cours des dernières années.

Charles-Antoine Rioux, gestionnaire de projet à LSO, soutient que l’Outaouais et Gatineau ont tout en main pour devenir une des meilleures destinations plein air au Québec. « Il suffit d’avoir habité ailleurs en province pour réaliser à quel point c’est facile ici d’habiter dans une grande ville est d’être à la fois à proximité d’infrastructures de plein air de qualité, dit-il. On a un des plus grands réseaux de lacs interconnectés du Québec. Avec notre forêt feuillue, on bénéficie d’un type de paysage très convoité. »

La Ville de Gatineau entend cibler plusieurs actions d’ici trois ans afin de devenir une destination plein air de choix pour les touristes et une municipalité reconnue par sa propre population pour la qualité de son offre et de ses infrastructures plein air. Gatineau veut améliorer les services sur les berges des rivières et bonifier l’équipement de plein air disponible. Elle souhaite aménager un nouveau site de mise à l’eau tous les trois ans et développer des sites de vélos de montagne et de marche. Les éléments culturels, patrimoniaux et d’interprétation de la nature devront être intégrés à l’offre de service plein air. La Ville cherchera à améliorer sa programmation plein air et faciliter la recherche d’informations pour les citoyens et touristes désireux de passer du temps en plein air.