Près de 3000 kilomètres de voies routières doivent être parcourus dans les 16 heures suivant la fin de précipitations de moins de 25 centimètres afin d’y enlever la neige.

Gatineau se dit prête pour l’hiver

De nouvelles chenillettes à trottoirs, une modification des horaires de travail des cols bleus et l’installation de quatre stations météorologiques font partie des éléments qui font dire à la Ville de Gatineau qu’elle est fin prête pour répondre à ses objectifs en matière de déneigement.

« La direction en place a tout fait cette année pour améliorer l’efficacité et la rapidité des opérations », soutient le chef de la division voirie à la Ville de Gatineau, Dany Lussier.

Le territoire à couvrir est immense. Près de 3000 kilomètres de voies routières doivent être parcourus dans les 16 heures suivant la fin de précipitations de moins de 25 centimètres afin d’y enlever la neige — un compteur qui retombe à zéro lorsque de nouveaux flocons tombent. À cela s’ajoutent quelque 600 kilomètres de trottoirs et de sentiers, qui sont déneigés dans les 24 heures s’il y a une accumulation de plus de cinq centimètres ou s’ils sont glacés.


Même dans nos familles, ça chiale. Mais ce n’est pas compliqué. Si des autos sont stationnées [dans la rue], ça ne passe pas.
Jean Lefort

Tout est dirigé à partir du centre de suivi et contrôle opérationnel de la voirie, située sur la rue d’Edmonton, qui a ouvert ses portes aux médias jeudi. La vigie de ce qui se passe à l’extérieur y sera améliorée cette année grâce aux stations météorologiques ayant été installées dans le Plateau, au centre-ville, dans le Vieux-Gatineau et dans le secteur Buckingham.

Le centre de contrôle des opérations de déneigement de la Ville de Gatineau

« On essaye de voir venir les tempêtes, [...] et on raffine nos opérations d’après la vigie qu’on fait », explique Sébastien Déry, responsable intérimaire du centre de contrôle. Les installations informatiques du centre permettent aussi de suivre les déplacements des équipements en temps réel sur une carte géante de la ville. Les équipes se préparaient d’ailleurs, jeudi, à la première journée à saveur hivernale prévue vendredi. Des employés devaient être sur la route dès minuit afin que tout soit sécuritaire pour l’heure de pointe matinale.

Gatineau prévoit aussi augmenter la fréquence du soufflage cet hiver. Il y aura donc « moins d’accumulation de neige dans les rues, moins de glaçage, moins de danger pour les citoyens », estime Dany Lussier.

Jean Lefort, qui conduit une déneigeuse depuis 25 ans, ne croit pas que les citoyens cesseront de se plaindre pour autant, surtout lors de grosses bordées. Mais il ne s’en formalise pas trop.

Jean Lefort aux commandes de sa déneigeuse.

« Nous autres, on se dit que c’est parce que les gens ne connaissent pas ça, dit-il. Même dans nos familles, ça chiale. Mais ce n’est pas compliqué. Si des autos sont stationnées [dans la rue], ça ne passe pas. »

En un quart de siècle, M. Lefort a ainsi été témoin de divers incidents impliquant des citoyens mécontents.

« Il y en a l’année passée qui ont reçu des grattoirs [lancés par des citoyens], raconte-t-il. Si, par exemple, il commence à neiger à 2 h dans la nuit et qu’il en tombe 20 centimètres, on va devoir passer trois fois, mais le gars qui n’attend pas que la tempête soit finie et qui sort tout de suite quand il y a un peu de neige pour pelleter, il va nous voir passer trois fois [laisser des bancs de neige]. »

Le budget alloué au déneigement à Gatineau atteint 16,4 millions $ cette année. Plus de 200 employés contribueront aux opérations, avec l’aide de 165 équipements.