Des dizaines de projets soumis par les citoyens de Gatineau afin d’immuniser leur quartier ne verront probablement pas le jour avant 2025.
Des dizaines de projets soumis par les citoyens de Gatineau afin d’immuniser leur quartier ne verront probablement pas le jour avant 2025.

Gatineau: pas d’immunisation des quartiers inondés avant 2025

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Ce n’est pas demain la veille que les quartiers riverains seront immunisés contre d’éventuelles inondations. En fait, ce n’est pas avant quatre ou cinq ans que les travaux proposés par les citoyens de Gatineau lors des consultations publiques pourront être autorisés et amorcés.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, n’a pas caché, mardi, s’inquiéter des longs délais imposés par le gouvernement du Québec dans ce dossier. «On pensait que ça irait plus vite, mais finalement on en aura pour longtemps, plusieurs printemps à attendre encore, a-t-il affirmé. On comprend que c’est dur pour les citoyens. C’est dur pour nous aussi, mais les gens ont droit à la vérité. Il faut leur parler franchement. On n’a pas le choix de leur dire ce qui est en train de se passer. On ne peut pas faire semblant que ça va aller plus vite.»

Ainsi, les dizaines de projets soumis par les citoyens de Gatineau afin d’immuniser leur quartier comme des rehaussements de rues, l’aménagement de digue ou encore canaliser l’eau pluviale vers de nouveaux bassins de rétention ne verront probablement pas le jour avant 2025. Ces propositions devront d’abord être examinées par des Bureaux de projet, une instance provinciale qui sera mise en place pour recommander au gouvernement les investissements à réaliser sur le terrain. La Ville de Gatineau précise que la confirmation du financement des mesures de protection pourrait prendre quelques années.

Le maire affirme toutefois mettre beaucoup de pression sur le gouvernement afin que celui-ci accepte de se pencher sur certains projets qui pourraient être réalisés plus rapidement, sans devoir attendre l’analyse de ces bureaux de projet. «On lui met la liste des demandes des citoyens dans les mains et on dit au gouvernement de voir ce qu’il peut faire maintenant, en attendant la fin du processus des bureaux de projet qui pourrait aller aussi loin que 2025, a expliqué M. Pedneaud-Jobin. On va continuer de faire des pressions pour avoir des réponses le plus vite possible. Je comprends complètement la situation dans laquelle les gens sont. Ils ne l’ont pas facile. La balle est dans le camp du gouvernement. Il a la liste de projets de nos citoyens et là on doit attendre de voir jusqu’où il voudra aller.»

Le conseiller Jean-François LeBlanc dont le quartier a été durement touché par les inondations au cours des dernières années rappelle que la Ville se doit de garder le dialogue ouvert avec les citoyens. «On ne pouvait pas juste attendre et dire non aux gens qui proposent des solutions, dit-il. Aujourd’hui, on montre qu’on fait des pas en avant, qu’on travaille avec le gouvernement, mais c’est une grosse machine. Les gens avaient besoin d’indications claires parce qu’ils ne savent pas vraiment quoi faire. Le printemps s’en vient et il y aura encore du stress chez beaucoup de citoyens.»

Le conseiller du district du Lac-Beauchamp, Jean-François LeBlanc

«On ne pouvait pas juste attendre et dire non aux gens qui proposent des solutions, dit-il. Aujourd’hui, on montre qu’on fait des pas en avant, qu’on travaille avec le gouvernement, mais c’est une grosse machine. Les gens avaient besoin d’indications claires parce qu’ils ne savent pas vraiment quoi faire. Le printemps s’en vient et il y aura encore du stress chez beaucoup de citoyens.»

Le gouvernement pourrait accélérer la cadence dans les dossiers de relocalisation, souligne pour sa part la conseillère Myriam Nadeau. «Il y a des gens dans mon quartier qui sont rendus presque seuls à habiter sur leur rue, dit-elle. Ils voudraient bien pouvoir quitter, mais ils veulent le faire dignement et le gouvernent doit être à leur côté.»