La Ville de Gatineau héberge temporairement les sans-abri qui bénéficiaient des services du Gîte Ami, incendié le soir de la ville du Jour de l’An.

Gatineau offre un local temporaire au Gîte Ami

La Ville de Gatineau héberge temporairement les sans-abri qui bénéficiaient des services du Gîte Ami, incendié le soir de la ville du Jour de l’An.

Le Gîte Ami, seul refuge pour sans-abri de Gatineau, doit lui-même être hébergé temporairement après un incendie survenu tard, la veille du jour de l’An.

Les bénéficiaires des services de l’organisme sont redirigés depuis mercredi soir vers le centre communautaire Fontaine situé sur la rue Charlevoix, dans le Vieux-Hull. Ce sont les employés de l’organisme communautaire qui prodiguent les services dans ce local temporaire prêté gratuitement par la Ville de Gatineau.

Les pompiers de Gatineau ont répondu à un appel concernant un brasier qui s’était déclaré dans des débris situés à l’extérieur contre le mur arrière du bâtiment, vers 22 h 30 le mardi 31 décembre. « Une propagation vers l’intérieur via la hotte des cuisines fut limitée à cet endroit », a indiqué le Service sécurité incendie de Gatineau, mercredi.

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L’enquête sur les causes de l’incendie a été confiée au Service de police de la Ville de Gatineau qui devra notamment déterminer s’il s’agit d’un acte criminel. Aucune mise à jour sur cette enquête n’était disponible jeudi après-midi.

On ne sait toujours pas combien de temps sera nécessaire avant que le Gîte Ami puisse retourner dans ses locaux habituels. La directrice générale du Gîte Ami, Lise Paradis, dit attendre le rapport de certains experts avant de pouvoir fixer un échéancier. Le conseiller du quartier Hull-Wright, Cédric Tessier, indique de son côté que la Ville s’attend à prêter le centre communautaire Fontaine pendant au moins quelques semaines.

« On sait que le bâtiment n’est pas une perte totale, c’est quand même une bonne nouvelle, indique M. Tessier. Il y a assez de dommages pour dire qu’on ne peut pas juste rouvrir après avoir fait un nettoyage. Sans inspection, c’est difficile de dire avec certitude quand ça va rouvrir. » 

« L’eau, l’électricité et le gaz, tout est coupé au Gîte Ami. On a été chanceux qu’on ait eu une température clémente. Juste la nuit et le matin, les tuyaux auraient pu geler et on aurait eu beaucoup plus de dommages », ajoute Mme Paradis.

Les résidents du quartier où se trouve le centre Fontaine seront avisés directement durant une séance de porte-à-porte, jeudi matin. La Ville de Gatineau indique que la présence policière sera accrue dans ce voisinage au cours des prochains jours.

« C’est certain que c’est un changement majeur pour les gens qui vivent à proximité, mais on veut s’assurer que tout se passe bien, soutient Cédric Tessier. On parle quand même d’êtres humains qui étaient déjà à la rue et qui ont perdu le seul refuge qu’on a à Gatineau. Il faut trouver une place au centre-ville pour ces gens-là et le seul bâtiment qui était disponible, avec la capacité d’accueillir tout ce monde-là, c’était le centre communautaire Fontaine. Ce n’est pas une situation idéale pour personne, mais on pense que ça peut bien se passer. »

La Ville de Gatineau, la Croix-Rouge, la Soupe populaire de Hull et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais sont directement impliqués dans l’aide aux bénéficiaires du Gîte Ami. Lise Paradis souligne que de nombreuses autres personnes et organismes ont répondu à l’appel pour faciliter le maintien du service.

« Les gens nous envoyaient des courriels pour offrir leur aide. Tellement qu’une ancienne employée qui est venue offrir son aide, je lui ai demandé de répartir les tâches comme vider nos congélateurs, et vider les casiers, raconte la directrice générale du Gîte Ami. Oui, on a vécu quelque chose de difficile, mais ça nous a permis aussi de vivre de très beaux moments. »

Le Gîte Ami et la Soupe populaire ont passé une bonne partie de la journée de jeudi à parfaire la logistique derrière ces opérations temporaires. Le centre communautaire Fontaine servira uniquement de dortoir, tandis que les activités de jour du Gîte se tiendront dans les locaux de la Soupe. Il faut par exemple adapter les horaires pour permettre le nettoyage des aires communes de la Soupe populaire, des tâches qui se déroulent normalement en journée pendant que le Gîte tient ses activités, souligne Mme Paradis.

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DE L'AIDE QUI REDONNE ESPOIR

Visiblement fort occupée depuis l’incendie, la directrice générale du Gîte Ami, Lise Paradis, respirait tout de même l’optimisme, lorsque rencontrée par Le Droit jeudi après-midi. La réponse au drame a semblé la rassurer, elle et les bénéficiaires des services de l’organisme.

«J’étais un peu inquiète de la formule dortoir parce qu’au Gîte, c’est vraiment des chambres avec un ou deux lits […], mais ce matin, tout le monde était de bonne humeur, raconte Mme Paradis. En voyant que les autres organismes communautaires et que les employés laissent leurs vacances pour revenir travailler, donner leur temps bénévolement, que la population vient aider, il y en a un qui m’a dit : “Hey, je feele comme un somebody”.»

«C’était même des directeurs de service au CISSSO et à la Ville qui lavaient les planchers et qui installaient les lits», ajoute Lise Paradis.

Les usagers du Gîte Ami contactés par Le Droit ont tous mentionné être inquiets pour leurs effets personnels, qui sont demeurés dans les casiers du refuge, qui lui reste inaccessible en raison de l’enquête policière. 

Selon Mme Paradis, le contenu de ces casiers devait être distribué jeudi soir. 

Reste à voir si la fumée aura abîmé ces items.

Certains clients s’inquiètent aussi pour leurs médicaments. Lise Paradis souligne que le Gîte Ami fait affaire avec une pharmacie qui pourra aider les résidents à obtenir la médication dont ils ont besoin.

La priorité pour le Gîte Ami est maintenant de rétablir une routine pour les gens qui ont besoin de ses services, souligne sa directrice générale. À ce chapitre, avoir un local identifié pour héberger les sans-abri gatinois la nuit est très important. Maintenant, l’organisme se concentrera à rétablir l’ensemble de ses services connexes.

«Notre équipe mobile en itinérance, elle fait de la recherche de logements, des visites de logements et ils s’assurent de rassurer les propriétaires, aller chercher l’argent pour les subventions. Tout ça va recommencer lundi, par exemple», indique Mme Paradis.