Gatineau multiplierait par deux ses investissements dans le développement économique

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Gatineau entend doubler ses investissements en développement économique au cours des prochaines années en mettant particulièrement l’accent sur l’innovation et l’amélioration de la culture d’accueil des entreprises.

Le nouveau Plan stratégique de développement économique présenté mardi matin dans le cadre de l’étude du budget 2021 de la Ville de Gatineau prévoit des investissements de 5 millions $ jusqu’en 2026. Cela représente un effort financier d’un peu plus d’un million $ par année, soit le double des quelque 509 000 $ consentis annuellement dans le dernier plan qui couvrait les années 2017 à 2020. 

«Le nouveau Plan stratégique n’est pas en rupture, mais en continuité du premier plan, a expliqué Isabelle Veilleux, directrice du Secrétariat au développement économique de la Ville de Gatineau. Il vient reconfirmer les grandes orientations qu’on s’était données. La mission et la vision sont raffinées, mais demeurent les mêmes.»

Le Fonds de soutien aux organismes à but non lucratif appuyant l’entrepreneuriat  sur le territoire de la Ville de Gatineau serait aussi majoré, passant de 166 667 $ par année à 200 000 $ pour financer annuellement diverses actions. Le Fonds d’opportunités permettant d’investir dans des initiatives économiques qui n’avaient pas été prévues au plan passerait pour sa part de 66 667 $ par année à 100 000 $ annuellement. 

Il est à noter que ces investissements en développement économique excluent les actions relatives au déploiement du projet de zone d’innovation ainsi que celles destinées à soutenir les actions prévues à la nouvelle politique d’économie sociale. Ces deux éléments seront financés autrement par le conseil municipal. 

Isabelle Veilleux, directrice du Secrétariat au développement économique de la Ville de Gatineau.

Des sommes totalisant 434 000 $ seraient destinées à poursuivre le travail de collaboration avec les institutions économiques de la Ville d’Ottawa et à renforcer le positionnement de Gatineau dans son contexte frontalier. ID Gatineau serait entre autres appelé à réaliser des missions économiques avec Ottawa auprès des marchés émergents. Une attention particulière serait par ailleurs donnée au domaine de la cybersécurité qui se veut probablement la filière économique la plus porteuse aux yeux de Gatineau présentement. 

L’innovation en entrepreneuriat serait au coeur des efforts de Gatineau en matière de développement économique d’ici 2026. Un montant de 2,4 millions $ dont plus de la moitié serait assumée par ID Gatineau permettra de soutenir les entreprises, notamment pour augmenter de «façon significative» la part de contrats gouvernementaux octroyés aux entreprises de Gatineau.

L’amélioration de la culture d’accueil bénéficierait d’un montant de 2,1 millions $. L’argent servirait entre autres à attirer des entreprises et à soutenir l’attraction et le développement de la main-d’oeuvre qualifiée. 

Tout a basculé

Mme Veilleux a expliqué au conseil municipal à quel point la pandémie de COVID-19 a fait basculer en seulement quelques mois le portrait économique de Gatineau. «Avant la pandémie, le contexte socioéconomique de Gatineau était caractérisé par la croissance et le plein emploi, a-t-elle rappelé. Gatineau affichait de meilleurs indicateurs sur le marché du travail comparativement à l’ensemble du Québec.» 

L’environnement était déjà en mutation, a-t-elle ajouté, alors que plusieurs nouvelles entreprises technologiques, notamment dans le domaine de la cybersécurité, se développaient sur le territoire. Le dynamisme dans le domaine de l’économie sociale était aussi très élevé. 


« Avant la pandémie, le contexte socioéconomique de Gatineau était caractérisé par la croissance et le plein emploi. Gatineau affichait de meilleurs indicateurs sur le marché du travail comparativement à l’ensemble du Québec. »
Isabelle Veilleux, directrice du Secrétariat au développement économique de la Ville de Gatineau

«La pandémie a cependant engendré un recul économique significatif», a-t-elle précisé. L’incertitude pour les mois à venir est palpable. Les secteurs du tourisme, de la construction et de la restauration ont subi d’importantes pertes d’emplois. 

L’engouement des consommateurs pour l’achat local, l’accélération du virage numérique et le transfert d’activités en télétravail sont des éléments qui devront être pris en considération dans les mois, sinon les années à venir. 

L’accroissement des déficits budgétaires, notamment au gouvernement fédéral, fait planer «une menace» sur Gatineau, a mentionné Mme Veilleux. «Gatineau subirait nécessairement les contrecoups de compressions au fédéral», a-t-elle ajouté.

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