Gilles Carpentier est inquiet de la réduction des revenus provenant de subventions gouvernementales.

Gatineau dépend de sa taxe foncière

Gatineau est la grande ville du Québec la plus dépendante à la taxe foncière pour remplir ses coffres. Tout près de 88 % de ses revenus proviennent directement de cette perception annuelle dans la poche des contribuables.

Cette situation doit changer, estiment le président du conseil municipal, Daniel Champagne, et le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, d’autant plus que des villes comme Saguenay (65 %), Montréal (69 %) et Sherbrooke (78 %) affichent une dépendance bien moins importante. 

« Qu’est ce qu’on manque ? », a lancé M. Champagne, lundi matin, lors de la présentation du service des finances de la Ville pendant l’étude du budget 2018. « Il faut obtenir des explications afin de trouver les moyens de limiter cette dépendance, a-t-il ajouté. Gatineau est la grande ville la plus dépendante à la taxe foncière au Québec. »

L’administration n’avait pas toutes les réponses à donner, mais a au moins offert un début d’explication. Le directeur du service des finances, André Barbeau, a noté que Gatineau est la deuxième ville au Canada, après Ottawa, à recevoir le plus de revenus de taxes découlant de la présence des gouvernements sur son territoire. « Ces revenus occupent une place importante dans notre assiette fiscale à comparer aux autres villes », a-t-il indiqué. 

Le trésorier adjoint de la Ville a aussi souligné que les villes de Saguenay et Sherbrooke sont propriétaires de réseaux de distribution d’électricité qui rapportent des revenus importants et qui déforment un peu les données. Quant à Montréal, dit-il, « c’est la métropole et elle reçoit des subventions du gouvernement au-delà de toutes les autres villes de la province ». 

La nouvelle loi sur l’autonomie des villes devrait permettre à Gatineau de réduire sa forte dépendance à la taxe foncière. Le pouvoir de taxer les stationnements dans le centre-ville, d’augmenter les droits de mutation, de percevoir une partie des droits d’immatriculation et des sommes provenant de la vente d’essence sur son territoire pourrait venir garnir les coffres de la Ville de 5 à 7 millions $ par année dès 2019.  

Moins de subventions

M. Champagne s’est aussi dit « inquiet » face à la réduction importante de revenus provenant de subventions gouvernementales qui représentaient 6,3 % du budget municipal en 2013 et qui ne représente plus que 2,3 % cette année. La conseillère Audrey Bureau a souligné que les revenus en subventions ont varié entre 23 millions $ et 35 millions $ entre 2010 et 2013. Des revenus qui ne sont plus que de 13 millions $ en 2017. « Ce sont des pertes de revenus importantes pour les Villes et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) doit mener cette bataille afin que le gouvernement bonifie son aide aux municipalités », a insisté M. Champagne.