Gatineau

La leçon d’Arvida

La nouvelle conseillère de l’Orée-du-Parc, Isabelle N. Miron, connaît bien la petite municipalité d’Arvida, située dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Originaire de Chicoutimi-Nord, l’élue d’Action Gatineau n’hésite pas à tracer un parallèle évident entre ce village ouvrier construit au début du dernier siècle et le débat entourant la désignation patrimoniale du quartier du Musée, dans le centre-ville de Gatineau.

Un peu comme c’est le cas dans le quadrilatère délimité par les rues Victoria et Laurier, ainsi que les boulevards des Allumettières et Maisonneuve, dans l’île de Hull, ce n’est pas tant les maisons prises séparément que l’ensemble bâtit qu’elles représentent à Arvida qui doit être protégé et qui a une valeur historique et patrimoniale aux yeux des citoyens de cette ville, note Mme Miron. 

« Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un quartier ouvrier que le témoignage de ce quartier a moins de valeur que les anciennes maisons de riches au passé bourgeois, insiste la conseillère. C’est faux. Notre histoire s’est bâtie sur l’industrie du bois. C’est un quartier qui nous raconte et c’est ça qui est important de préserver dans le quartier du Musée. Tant mieux si Arvida peut donner une leçon là-dessus aux gens de Gatineau. »

Même si elle habite à Gatineau depuis 12 ans, Mme Miron se surprend encore du peu de « réflexes naturels » qu’ont les Gatinois à mettre l’emphase sur leur propre histoire et leur patrimoine régional. 

« Je me souviens, quand je suis arrivée ici, c’était le débat sur le nom à donner au boulevard des Allumettières, raconte-t-elle. Les gens s’arrachaient les cheveux parce que le nom Allumettières était trop long et parce que les pauvres chauffeurs de taxi d’Ottawa n’allaient pas être capables de prononcer ce nom. Mais c’était quoi ces arguments-là ? Nous sommes à l’endroit où il y a eu la première grève organisée par des femmes dans tout le Canada. C’est pourtant majeur. »

L’élue d’Action Gatineau note que les opposants à la désignation patrimoniale du quartier du Musée sont souvent des gens qui n’habitent pas le secteur. 

« C’est facile, de l’extérieur, de dire que ce quartier n’a pas de valeur, mais les gens qui s’y établissent savent qu’il y a des contraintes à préserver un endroit comme ça et ils sont prêts à ça pour conserver le cachet de l’endroit. C’est ce qu’ils recherchent. »

Gatineau

Avis de non-consommation de l'eau levé à Aylmer

L’eau peut à nouveau être consommée en toute sécurité dans l’ensemble du secteur Aylmer, annonce la Ville de Gatineau.

Jeudi, un avis de non-consommation de l’eau a été émis après qu’une odeur d’hydrocarbure ait été rapportée aux autorités municipales.

Les tests conduits par la Direction régionale de la santé publique et par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, et la Lutte contre les changements climatiques ont confirmé que l’eau était à nouveau propre à la consommation.

Les résidents du secteur touché doivent toutefois laisser couler l’eau chaude et l’eau froide de la baignoire et de la douche pendant 60 minutes avant de la consommer. Il faut répéter l’expérience pendant cinq minutes dans tous les autres robinets de la maison. Si une odeur suspecte est détectée, il faut continuer de faire couler l’eau des robinets.

La Ville de Gatineau recommande également de remplacer tous les filtres des systèmes de filtration de l’eau comme les produits Brita.

De l’eau embouteillée continuera d’être distribuée jusqu’à 22h au Centre communautaire Front et au Centre aquatique Paul-Pelletier. Les citoyens peuvent également utiliser les douches du centre aquatique aujourd’hui.

Gatineau

Quel remboursement pour les Gatinois?

Les Gatinois seront en mesure de savoir, d’ici un mois, quelle portion de l’argent qui leur a été volé grâce aux systèmes collusionnaires mis en place par les différentes firmes de génie civil au cours des 20 dernières années leur sera finalement remboursée.

En vertu du Programme de remboursement volontaire mis sur pied par le ministère de la Justice, les entreprises fautives avaient jusqu’au 1er novembre dernier pour s’entendre sur les montants à rembourser aux différents organismes publics québécois victimes de collusion. Ce programme a été créé en 2015, dans la foulée de la Commission Charbonneau. 

À Gatineau, trois firmes de génie civil se sont inscrites publiquement à ce programme de remboursement, à savoir CIMA+, Dessau et AECOM. Ces trois firmes, ou des compagnies qui leur étaient liées ont toutes participé au « Code Gatineau » qui a permis de fixer localement les prix du marché entre 2003 et 2009. La firme Genivar, aussi identifiée comme participante au « Code Gatineau », ne s’est pas inscrite publiquement au programme de remboursement. Le nombre d’entreprises qui ont accepté de rembourser les fruits de la collusion pourrait cependant être plus important puisque ces dernières pouvaient aussi s’inscrire sans que leur identité soit dévoilée. 

15 décembre

Le Bureau de l’administrateur du Programme de remboursement volontaire indique que la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a maintenant jusqu’au 15 décembre pour finaliser l’ensemble des dossiers administratifs du programme et signer toutes les quittances. Selon les cas, les entreprises fautives pourraient étaler leurs remboursements sur une durée de cinq ans. La porte-parole du Bureau de l’administrateur du programme, Anne Dongois, précise que les organismes publics, comme la Ville de Gatineau, pourraient déjà avoir reçu les remboursements auxquels elle a droit. Elle ajoute que la ministre Vallée doit publier un rapport d’ici six mois indiquant la somme globale que ce programme volontaire aura permis d’aller rechercher dans les poches des firmes collusionnaires. « Il reviendra aux organismes publics, aux villes, de décider si elles rendent public ou non le montant d’argent qui leur aura été remboursé », ajoute-t-elle. 

« En temps et en lieu »

Pour l’instant, il est impossible de savoir de la part de la Ville de Gatineau si des remboursements lui ont déjà été versés et encore moins combien d’argent au total elle aura été en mesure de recouvrer. 

Le service des communications a indiqué au Droit que ces dossiers étaient traités de manière confidentielle. 

L’attachée de presse du maire de Gatineau, Laurence Gillot, a confirmé que le maire Maxime Pedneaud-Jobin avait la ferme intention de divulguer le montant d’argent de la collusion qui aura été remboursé aux Gatinois. 

Le moment de cette divulgation, ainsi que l’utilisation qui sera faite de ces fonds publics remboursés seront connus “en temps et en lieu”, a précisé Mme Gillot. 

La Ville de Gatineau n’a jamais voulu préciser le montant d’argent qu’elle estimait s’être fait voler par les firmes collusionnaires. 

Sur la base de nombreux documents juridiques et données rendues publiques par la Ville et dans le cadre de la Commission Charbonneau, Le Droit avait évalué, en 2015, à 4 millions $ la somme payée en trop aux firmes collusionnaires impliquées dans le Code Gatineau. 

« Nos journalistes sont compétents, avait alors souligné le maire Pedneaud-Jobin. J’imagine qu’ils ne sont pas complètement dans l’erreur, mais je ne veux pas donner de chiffre. On peut parler de plusieurs millions de dollars. »

Gatineau

Le maire donne rapidement le ton

Violons, protocole et discours solennels. C’était soirée d’assermentation du nouveau conseil municipal, mardi soir, à Gatineau. Le maire et les 18 conseillers, dont sept vivent une première expérience en politique municipale, sont maintenant officiellement en poste. La politique est sur le point de reprendre tous ses droits à l’intérieur des murs de la Maison du citoyen.

Mais juste avant, il y avait lieu de célébrer ces 19 personnes qui donneront leurs quatre prochaines années à la Ville de Gatineau. Plus de 400 personnes — amis, famille et dignitaires — étaient présentes pour souligner l’engagement de ces élus. 

Du nombre, Claude Béland, ex-président du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000, a prononcé le discours d’ouverture dans lequel il a souligné l’importance de l’engagement citoyen et de la poursuite des efforts pour un meilleur « vivre ensemble ». Verna Polson, Grand chef du conseil tribal de la nation Algonquine Anishinabeg était aussi présente à l’assermentation. C’est la première fois qu’un leader autochtone participait à cette soirée à Gatineau. L’ancien premier ministre du Québec et beau-père du maire Maxime Pedneaud-Jobin, Bernard Landry était aussi sur place, tout comme les anciens maires de Gatineau, Marc Bureau, Yves Ducharme et Michel Légère. 

Discours personnel et politique

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a rompu avec ses habitudes lors de son discours d’assermentation en abordant pour une rare fois des grands pans de sa vie personnelle. Il en a aussi profité pour lancer quelques messages aux élus qui siégeront avec lui à la table du conseil au cours des quatre prochaines années.

« On me reproche parfois d’avoir certaines idées un peu trop affirmées, d’être trop politique, ce qui me semble un peu paradoxal pour un politicien, a-t-il affirmé. Dans la mesure où la politique est l’instrument par excellence pour améliorer la vie des gens, c’est une critique que j’accueille avec une certaine fierté. Toute ma vie d’adulte a été consacrée à ma région, ma ville et mon quartier. Pour moi, la seule qualité vraiment nécessaire pour un politicien c’est d’aimer profondément son quartier, sa ville, sa patrie. Quand on aime la terre qu’on habite, on sent l’urgence de la voir s’épanouir, on s’indigne de ses malheurs et on prend naturellement les moyens d’agir. Un des moyens les plus puissants c’est la politique. »

Le message lancé par le maire a quelque peu agacé le conseiller Daniel Champagne qui aurait préféré un message « plus rassembleur » de la part du maire comme discours d’assermentation. « J’aurais aimé une main tendue aux conseillers sans égard à leur affiliation politique, a-t-il affirmé au terme du discours. Les références à Action Gatineau et au programme du parti, je ne suis pas certain que ça envoie un message rassembleur. Cela étant dit, ce sont les actions que fera le maire au cours des prochains jours et semaines qui démontreront sa volonté de travailler de façon à rassembler tout le monde. La force de ce conseil ce sont les compétences des élus. Le défi sera que ces compétences soient reconnues autour de la table, peu importe les allégeances politiques. »

Le maire a aussi profité de son discours pour offrir un conseil aux élus. « Ne cessez jamais d’être impatient, c’est une caractéristique propre au leadership », a-t-il insisté. Il a toutefois ajouté une mise en garde. 

« La bonne décision n’est pas nécessairement une décision prise rapidement, a-t-il poursuivi. Pour qu’une fleur pousse plus vite, c’est plus efficace de se dépêcher à choisir le bon engrais que de tirer dessus. »

La première séance du nouveau conseil municipal aura lieu mardi prochain.

Gatineau

Des sinistrés pourront reconstruire en zone inondable

Des sinistrés des inondations historiques du printemps dernier pourront reconstruire leur maison en zone inondable. Le programme de dérogation collective du gouvernement du Québec, dévoilé lundi, permettra à plusieurs propriétaires d’éviter la démolition.

Cette dérogation collective devrait réjouir les propriétaires des secteurs des rues Jacques-Cartier, Moreau, Riviera et du boulevard Hurtubise, dont les résidences en zone à risque d’inondation de récurrence 0-20 ans avaient été déclarées perte totale. Le décret gouvernemental de juin dernier forçait la démolition de ces résidences.

Réunis pour l’annonce lundi matin, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et le député de Chapleau, Marc Carrière, ont confirmé que les règles venaient de changer pour ces quartiers où on retrouvait plus de 15 résidences déclarées pertes totales.

Maxime Pedneaud-Jobin s’est réjoui de cette annonce qu’il considère le fruit d’un « travail d’équipe exemplaire ». Il estime également que la Ville et le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) ont « fait tout ce qu’ils pouvaient » pour arriver à cette solution le plus rapidement possible, et que dans ces circonstances particulières, se dit « plutôt fier de la rapidité [...] on a travaillé ».

« Pour nous, c’était important de préserver un milieu dense qui existe depuis longtemps. Ce n’était pas une erreur d’urbanisme, ça fait deux siècles que les gens étaient installés. On s’est senti vraiment écouté par le gouvernement quand on a apporté les préoccupations comme celles-là. »

Gatineau

Des indépendants déterminés à faire plier Action Gatineau

À entendre certains élus indépendants, la durée de vie du cadre financier proposé par Action Gatineau pourrait avoir été très courte. Plusieurs sont déterminés à faire fléchir le maire Maxime Pedneaud-Jobin sur ses hausses de taxes et à faire de cet enjeu un élément qui pourrait compromettre leur appui au nouveau programme du conseil

Les engagements électoraux d’Action Gatineau sont basés sur une diversification des revenus de la Ville, mais aussi sur une augmentation de la taxe foncière de 2,9 % en 2018 et de 2,5 % pour les trois années suivantes. M. Pedneaud-Jobin était le candidat à la mairie qui proposait la plus forte hausse de taxes pour le prochain mandat. Cela ne l’a pas empêché de récolter la confiance de 45 % des électeurs gatinois qui se sont rendus aux urnes le 5 novembre dernier. 

« Je pourrais m’opposer au programme du conseil s’il est basé sur une telle hausse de taxe, annonce la conseillère Louise Boudrias. Cet élément est inacceptable pour moi et les citoyens de mon quartier. Je respecte l’appui de 45 % pour le maire, mais il faut lui rappeler que 55 % ont voté contre son programme et ses hausses de taxes. On peut travailler sur un compromis, mais je ne pourrai jamais voter pour une telle hausse de taxes. Le maire devra mettre certains de ses projets sur la glace afin de respecter la capacité de payer des Gatinois. »

La nouvelle venue dans le district d’Aylmer, Audrey Bureau, est aussi d’avis que le maire Pedneaud-Jobin devra « mettre de l’eau dans son vin ». Elle dit comprendre les enjeux liés à l’étalement urbain, mais selon elle, le maire doit accepter de revoir son cadre financier. 

Gatineau

Nouvelle relation entre le MTQ et la STO

EXCLUSIF / Les critiques lancées en campagne électorale par le président de la Société de transport de l’Outaouais (STO), Gilles Carpentier, ont été entendues en haut lieu. Le Droit a appris que la STO fera dorénavant affaire directement avec une équipe spéciale du ministère des Transports du Québec (MTQ) pour la gestion de ses grands projets d’infrastructures comme celui du futur lien rapide vers Aylmer.

« À la suite de l’intervention de M. Carpentier, qui trouvait la relation un peu difficile avec la direction régionale du MTQ, j’ai demandé à ce qu’on trouve une nouvelle façon de fonctionner entre la STO et le ministère, a indiqué, au cours d’une entrevue, vendredi, le nouveau ministre des Transports et député de Pontiac, André Fortin. Je viens de proposer au maire de Gatineau une nouvelle approche. Des gens de la Direction des grands projets au ministère viendront régulièrement à Gatineau pour participer à des rencontres avec la STO. »

Cette approche est la même utilisée depuis environ un an par le gouvernement pour les grands projets de transport des Villes de Montréal et Québec. « On propose maintenant de faire la même chose à Gatineau », indique M. Fortin. Cette collaboration directe entre Gatineau et Québec rappelle celle mise en place entre la Ville et le ministère des Affaires municipales et la Ville dans le dossier Guertin. 

« Il m’apparaît utile d’avoir à la table des gens du bureau des grands projets, indique M. Fortin. Ça permet d’avoir une expertise additionnelle, d’avoir des gens habitués d’avoir des projets majeurs entre les mains. Ça permettra d’identifier rapidement les embûches. C’est un moyen de s’assurer que la STO a bien en main tous les outils pour bien faire avancer un tel projet. C’est une façon de donner un coup de main pour que les choses avancent plus rapidement. »

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qualifie la proposition du ministre Fortin d’« excellente nouvelle » pour la suite des choses. « Nous sommes une grande ville et nous avons de grands projets, dit-il. C’est clair qu’on a des enjeux très différents des autres en matière de transport. On doit penser comme une région métropolitaine. Une telle collaboration avec le ministère est nécessaire et améliorera la rapidité et l’efficacité. »

Particularités régionales

Le ministre Fortin reconnaît que le projet de lien rapide vers l’ouest de Gatineau doit être évalué différemment des autres ailleurs au Québec. 

« Il y a des particularités régionales, dit-il. Des citoyens traversent la frontière tous les jours, matin et soir. Ce n’est pas un enjeu qu’on a ailleurs dans la province. Les critères habituels du MTQ ne sont pas tout à fait adaptés à la réalité locale. La prochaine étude permettra d’évaluer tous les besoins. »

Un train léger ?

André Fortin ouvre grande la porte à étudier un projet de train léger s’arrimant avec le réseau de transport d’Ottawa si la Ville de Gatineau et la STO se mettent d’accord sur le principe d’une telle infrastructure pour desservir la population de l’ouest. « Je suis heureux que le maire de Gatineau demande à son conseil de se pencher rapidement sur cette question, dit-il. Il faudra voir les études, mais Québec étudiera le projet que la Ville et la STO auront décidé de présenter. »

Le ministre des Transports se garde bien d’identifier sa préférence dans ce dossier. Il dit attendre l’avis des différents experts. 

« Il n’y a pas que la densité de la population à prendre en considération dans ce projet, mais aussi l’achalandage et les coûts du projet, explique M. Fortin. Il faut aussi considérer l’objectif d’arrimer notre réseau avec celui d’Ottawa. C’est un facteur majeur. »

Gatineau

Le leader du «code Gatineau» radié

L’ingénieur perçu comme étant « le leader » du système de collusion en place à la Ville de Gatineau entre 2003 et 2009, André Mathieu — alors vice-président de la firme CIMA+ —, a été radié pour une période de 20 mois de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ).

Le conseil de discipline de l’OIQ a rendu sa sentence en octobre après qu’il ait été reconnu coupable de s’être prêté à un système de partage de contrats, d’avoir omis de sauvegarder son indépendance professionnelle et d’avoir manqué d’intégrité en participant à un système de partage de contrats, des offenses prohibées par le Code de déontologie des ingénieurs.

Après une enquête, c’est le syndic de l’OIQ qui a porté plainte contre André Mathieu. Ce dernier l’identifie comme « le leader » du « code Gatineau » auquel participaient les firmes CIMA+, Genivar, Dessau et AECOM (acheté par Tecsult en 2008).

Les informations recueillies par Le Droit au cours des dernières années ont permis d’éclaircir les circonstances qui ont mené à la création de cette alliance entre firmes de génie. 

En 2003, lors d’une rencontre à l’Hôtel du Voyageur, devenu l’Hôtel V, sur le boulevard de la Gappe, il est entendu que CIMA + retirera la part du lion avec 40 % des parts de marché sur le territoire gatinois. 

Plus tard, André Mathieu jouera un rôle majeur dans la survie du système de collusion à Gatineau en acceptant de réduire les parts de sa compagnie afin de favoriser Dessau.

Parmi les 85 projets municipaux qui ont été la cible de ce groupe d’entrepreneurs, on retrouve le centre sportif (2008), le réaménagement du boulevard Maloney (2007), l’élargissement de la montée Paiement (2006) et la réfection du boulevard Maisonneuve (2003).

Ce partage illégal de contrats publics avait été dévoilé à la Commission Charbonneau en septembre 2013 par le directeur de la firme AECOM en Outaouais, Marc-André Gélinas. 

Entre 2003 et 2009, entre 80 % et 90 % des contrats de génie civil octroyés par Gatineau ont été remportés par l’une ou l’autre des quatre firmes visées par des allégations de collusion.

Au cours du processus disciplinaire de l’OIQ, André Mathieu a reconnu sa culpabilité, un facteur atténuant, peut-on lire dans la décision. Cependant, on souligne également qu’il est le créateur de ce système collusionnaire et qu’il a travaillé à sa survie pendant plusieurs années. Il ne s’agit donc pas d’un acte isolé et que « le facteur de la préméditation est clairement présent dans le dossier ».

Six autres ingénieurs impliqués — à différents niveaux — dans le système de collusion gatinois ont été réprimandés par le passé. Claude Marquis, François Paulhus et Patrice Mathieu de Genivar, ainsi que Michel Famery de Dessau ont tous été radiés de l’OIQ au cours des dernières années pour des périodes allant de 10 à 18 mois. Dave Boulay et Maxime Asselin de la firme Dessau ont quant à eux été mis à l’amende.

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Gatineau se dit prête pour l’hiver

De nouvelles chenillettes à trottoirs, une modification des horaires de travail des cols bleus et l’installation de quatre stations météorologiques font partie des éléments qui font dire à la Ville de Gatineau qu’elle est fin prête pour répondre à ses objectifs en matière de déneigement.

« La direction en place a tout fait cette année pour améliorer l’efficacité et la rapidité des opérations », soutient le chef de la division voirie à la Ville de Gatineau, Dany Lussier.

Le territoire à couvrir est immense. Près de 3000 kilomètres de voies routières doivent être parcourus dans les 16 heures suivant la fin de précipitations de moins de 25 centimètres afin d’y enlever la neige — un compteur qui retombe à zéro lorsque de nouveaux flocons tombent. À cela s’ajoutent quelque 600 kilomètres de trottoirs et de sentiers, qui sont déneigés dans les 24 heures s’il y a une accumulation de plus de cinq centimètres ou s’ils sont glacés.

Gatineau

Autopsie de la bataille de Deschênes

La défaite de Richard Bégin aux mains de Mike Duggan dans le district de Deschênes est dure à avaler dans le clan d’Action Gatineau.

À mesure que les résultats sortaient, dimanche soir, l’incrédulité des partisans de l’équipe Pedneaud-Jobin rassemblés aux Brasseurs du temps augmentait.

La lutte a cependant été chaude toute la soirée. Les deux adversaires se sont échangé la tête à quelques reprises, mais au final, Mike Duggan l’a emporté par 270 voix. Le message des électeurs est clair, selon M. Duggan, il s’agit d’un rejet du parti politique. Richard Bégin admet que son affiliation avec Action Gatineau n’a pas été un plus pour lui dans son district. 

« Ça s’est joué beaucoup sur les modèles proposés, analyse M. Duggan. Il y avait le parti et un indépendant. Je me suis efforcé de rencontrer les gens pour développer une plateforme qui représentait ce qu’ils souhaitaient, alors que M. Bégin, que je salue pour son travail acharné, était encadré dans les grandes lignes de son parti ». Le conseiller perdant admet avoir senti un « préjugé très fort contre le parti » sur le terrain. « Malgré mon indépendance d’esprit que j’ai manifesté régulièrement dans le dernier mandat, les gens dans le district n’ont pas encore accepté le concept de parti qui demeure à mon avis incontournable pour une grande ville comme Gatineau. »

M. Duggan soutient aussi que le positionnement d’Action Gatineau quant à la future bibliothèque Lucy-Faris, que le parti souhaite plus grande, plus moderne, mais à un autre endroit qu’à la Place des pionniers, a vivement nui à son adversaire. M. Bégin estime pour sa part que son résultat dans l’urne a souffert des problèmes de circulation dans le secteur ouest. « C’est en partie ce qui a causé ma perte, a-t-il dit. Il y a aussi eu les changements d’itinéraires et d’horaires de la Société de transport de l’Outaouais qui m’ont été imputés. Plusieurs me tenaient responsable de ça et j’imagine que mon adversaire ne devait pas trop se gêner pour renchérir là-dessus. Mais dans les faits, je n’étais pas au conseil d’administration de la STO et comme conseil municipal, on a un pouvoir limité face à cette organisation. »

Étant maintenant le conseiller de Deschênes, Mike Duggan sera au coeur des débats concernant le futur lien rapide vers l’ouest. Ce dernier est d’accord à ce que le train léger d’Ottawa traverse à Gatineau en empruntant le pont Prince-de-Galles, mais il s’oppose à l’aménagement d’un lien est-ouest sur rail.

« Ça, c’est juste un bonbon de libéraux fédéraux et on n’a pas besoin de ça, dit-il. La densité de la population est trop faible. Il y a des solutions plus pratiques. Le point de départ c’est une gare à Gatineau pour accueillir le train, mais il faut que ce soit un système d’autobus qui amène les gens à cette gare. »