Gare aux taxis pirates à Ottawa

Bryan Michaud
Le Droit
Plusieurs taxis illégaux, appelés taxis pirates, circulent sur le réseau routier de la capitale fédérale, menaçant du même coup la sécurité du public, au dire de la Ville d'Ottawa et du syndicat des chauffeurs de taxis d'Ottawa.
Selon la directrice des normes municipales de la Ville d'Ottawa, Linda Anderson, ces taxis peuvent causer d'énormes problèmes à ses passagers.
« On ne sait pas qui est le conducteur ou s'il a un permis valide, explique Mme Anderson. Et qu'arrive-t-il si le conducteur est impliqué dans un accident et qu'il n'est pas assuré ? Le passager ne pourra pas être dédommagé. »
Tous les taxis d'Ottawa sont munis d'un système de caméra, d'un numéro d'identification, d'une plaque de taxi installée sur le pare-chocs arrière, d'un système de cartes de débit et de crédit et d'un compteur.
« Les dossiers criminels des chauffeurs de taxis pirates ne sont pas vérifiés, ajoute Mme Anderson. Si un conducteur mal intentionné embarque une adolescente ou une jeune femme, ça pourrait mal tourner. Il n'y a pas de moyen de retracer le chauffeur et il n'y a aucune caméra de sécurité à l'intérieur du véhicule. C'est comme si vous embarquiez avec un étranger. »
Perte de 25 %
Selon le président du syndicat des chauffeurs de taxis d'Ottawa, Youssef Al Mezel, les compagnies de taxis et les chauffeurs perdent environ 25 % de leur chiffre d'affaires à cause des taxis pirates.
« Nous avons demandé à la Ville de faire plus d'éducation auprès de la population, dit M. Al Mezel. Surtout chez les étudiants et chez les plus jeunes. Souvent, les taxis pirates distribuent des cartes d'affaires dans les collèges et les universités, visant une clientèle qui a moins d'argent à dépenser. »
Amende de 400 $
Selon le syndicat, il y aurait au moins une douzaine de compagnies de taxis pirates dans la région de la capitale fédérale. Si un conducteur de taxi pirate se fait prendre, ce dernier est passible d'une amende de 400 $.