Galganov échappe à une poursuite judiciaire

Jean-François Dugas
Jean-François Dugas
Le Droit
Les autorités ontariennes ont abandonné l'idée de poursuivre le militant anglophone Howard Galganov pour la distribution de tracts à caractère haineux dans la municipalité de Russell.
La police provinciale a officiellement clôturé son enquête, hier, à la grande déception de Gilles Rhéaume, l'instigateur de la plainte et ennemi juré de M. Galganov. «Les enquêteurs du détachement du comté de Russell ont été chargés de faire la lumière sur ce dossier. Avec l'aide de l'équipe spécialisée des crimes de nature haineuse du quartier général d'Orillia et la collaboration du bureau du procureur de la Couronne de l'Ontario, les enquêteurs ont déduit que la distribution d'un tel pamphlet ne rencontrait pas les critères tels que prescrits par le Code criminel du Canada», peut-on lire dans un communiqué émis par la Police provinciale de l'Ontario (PPO) hier après-midi.
 
M. Rhéaume, qui s'était déplacé à Embrun hier pour rencontrer l'enquêteur en chef, Jean Coutu, accepte la décision avec un grain de sel.
«Je suis déçu, tout en n'étant pas vraiment étonné. Toutefois, ce combat-là n'est pas terminé. Nous avons perdu une bataille mais non la guerre. Qui dit non criminel ne veut pas dire acceptable. J'ai d'autres plaintes en attente et j'entends amplifier la dénonciation internationale du tract de cette campagne haineuse.»
En juin dernier, le porte-parole de la Ligue québécoise contre la francophobie canadienne avait dénoncé la distribution de 5200 feuillets cartonnés dans Russell par M. Galganov, citant son caractère haineux à l'égard des Canadiens français.
M. Rhéaume envisage maintenant déclencher une campagne de dénonciation auprès des parlementaires francophones de l'Europe dès la semaine prochaine.
«Je veux convaincre les autorités du bien-fondé de la plainte. Si c'est acceptable de s'attaquer aux Canadiens français en Ontario cela veut dire qu'on pourra s'en prendre librement aux juifs ou aux autochtones également. L'Ontario fait une erreur en ne poursuivant pas Galganov», avertit-il.
L'indépendantiste québécois n'écarte pas l'idée de déposer une deuxième plainte. Toutefois, il attend de mettre la main sur le rapport de la PPO pour obtenir plus de détails. Il devra faire une demande d'accès à l'information pour obtenir plus de réponses à ses questions.
«C'est triste que la décision tombe le jour de la fête du drapeau franco-ontarien. C'est symptomatique de l'insensibilité à l'endroit des Canadiens français qui est bien enracinée en Ontario. L'esprit du Règlement 17 est encore bien vivant. Malgré tout, hélas, l'Ontario demeure l'Ontario. Nous en avons une triste preuve aujourd'hui», a témoigné M. Rhéaume.
jfdugas@ledroit.com