Durant la journée de vendredi, les manifestants, souvent peu nombreux, se sont regroupés à divers endroits de la ville, comme ici, sur les plaines d'Abraham.

G7: peu de tumulte malgré quatre manifs à Québec

Au terme d’une journée ponctuée par quatre manifestations anti-G7 à Québec, un total de sept personnes ont été arrêtées, dont une alors que la manifestation à laquelle elle participait était terminée.

En début de soirée, alors qu’un groupe de journalistes patientait au parc Gilles-Lamontagne, dans Saint-Roch, un jeune homme ainsi qu’une femme marchaient lorsqu’un autobus s’est arrêté et duquel plusieurs policiers sont sortis. 

En quelques secondes, un policier a pointé en direction de l’homme qui s’éloignait. «Je le reconnais, lui», a-t-il dit à un collègue. Rapidement, l’agent s’est dirigé vers l’individu, puis lui a demandé de s’identifier. 

Surpris, l’homme a demandé des réponses sur les motifs de son interpellation. Le policier a justifié son arrestation par sa participation à une manifestation illégale qui avait eu lieu plus tôt. Les menottes lui ont été passées aux poignets et le manifestant a été embarqué. 

Joint par Le Soleil, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) explique qu’il est justifié qu’un policier arrête un individu de la sorte s’il le soupçonne raisonnablement d’avoir commis une infraction.

La police de Québec a ainsi confirmé un total de sept personnes arrêtées vendredi, dont six pour attroupement illégal et une autre pour entrave au travail d’un agent de la paix. 

Rassemblement en basse ville 

Durant la journée de vendredi, les manifestants, souvent peu nombreux, se sont regroupés à divers endroits de la ville. Chaque fois, plusieurs dizaines de policiers, parfois plus de 100, les suivaient à la trace. 

Vers 16h30, une centaine de manifestants se sont rassemblés au jardin Jean-Paul-L’Allier, dans le centre-ville. Ils ont entamé une marche sur la rue Saint-Joseph et l’avenue du Pont, pour se rendre jusqu’au parc Gilles-Lamontagne.

La tension avec les médias, elle, était palpable. À plusieurs reprises, les manifestants ont demandé aux photographes et aux journalistes de quitter les lieux. «Vous gâchez notre manifestation», a lancé l’un d’eux. Un autre aurait aussi agressé une équipe de Radio-Canada, selon ce qu’a rapporté un journaliste de la société d’État sur les médias sociaux. 

Les manifestants ont ensuite longé la rivière Saint-Charles jusqu’au pont Drouin. Là-bas, des dizaines de policiers de l’antiémeute les attendaient de pied ferme, bloquant les deux issues du pont pour empêcher les manifestants de poursuivre leur route. Ces derniers ont donc rebroussé chemin, puis se sont dispersés.

Deux heures avant, un groupe de manifestants s’était réuni derrière l’hôtel Le Concorde. Escortés par un important déploiement policier, ils ont marché sur les plaines d’Abraham. Au haut d’une butte, un policier a menacé de son bâton un photographe, qui a trébuché et a déboulé au bas de la pente. 

Escortés par un important déploiement policier, un groupe de manifestants a marché sur les plaines d'Abraham vendredi après-midi.

Pendant ce temps, près du Parlement, des dizaines de journalistes et de citoyens curieux s’entassaient pour rejoindre le rassemblement. L’effectif policier, bien visible, les en empêchait, sous menace d’être arrêtés. Après environ une heure, les manifestants ont quitté dans le calme. 

Avant-midi mouvementé

Le ton avait été donné, vendredi matin, alors qu’une manifestation a eu lieu dès 7h dans Beauport. Le Réseau de résistance anti-G7 (RRAG7) avait appelé à une «action de perturbation» visant à «couper les ponts» avec la Malbaie. 

Ceinturés par les policiers antiémeute, les manifestants n’ont finalement pas réussi à bloquer l’autoroute Dufferin-Montmorency, qui mène dans Charlevoix. Durant près d’une heure, ils ont fait un aller-retour sur un court tronçon du boulevard Sainte-Anne entre les rues François-de-Laval et Sauriol. La police a finalement déclaré la manifestation illégale vers 8h20.

Un manifestant, Benoît Valiquette, a estimé que l’imposant déploiement policier décourageait les gens de protester contre le G7. «Quatre-cents policiers autour de moi, c’est un gros empêchement à manifester», a-t-il dit, déplorant le «petit coin de rue qu’on nous donne pour manifester». Selon un autre, les 10 000 fonctionnaires qui étaient en congé vendredi représentaient en soi une victoire. 

Puis, sur l’heure du midi, des protestataires qui étaient rassemblés à la place D’Youville se sont dirigés sur l’avenue Honoré-Mercier. À cet endroit, des manifestants ont largué deux fauteuils au milieu de la chaussée et les ont incendiés pour obstruer la circulation.

Vendredi midi, des manifestants ont largué deux fauteuils au milieu de l'avenue Honoré-Mercier et les ont incendiés pour obstruer la circulation.

Les policiers antiémeute sont tout de suite intervenus pour disperser les manifestants. Plusieurs d’entre eux se sont rendus dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, où ils ont joué au chat et à la souris avec les policiers. 

Les manifestants ont ensuite marché dans les rues du quartier Montcalm, suivis par l’antiémeute. Plusieurs ont été pris en souricière, notamment dans la ruelle de la rue Crémazie. Le Soleil a vu deux manifestants dont les poignets ont été attachés avec des attaches-câbles (tie-wraps). Ils ont été embarqués dans une voiture de police.