Il reste à peine plus de huit semaines à la Ville de Gatineau pour qu'elle dépose son projet de loi privé au sujet d'un nouvel amphithéâtre afin qu'il soit étudié et voté par les élus de l'Assemblée nationale.

Futur aréna Guertin: le temps presse pour le maire

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin devra presser le pas s'il ne veut pas louper la date limite pour déposer un projet de loi privé à l'Assemblée nationale dans le dossier du futur aréna Guertin.
Il est déjà connu que Gatineau a jusqu'au 7 février prochain pour déposer officiellement cette pièce législative maison afin qu'elle soit étudiée et votée par les députés à Québec, avant la fin de la session parlementaire du printemps. Le maire a indiqué, il y a quelques semaines, qu'il voulait respecter cet échéancier. Selon nos informations, le projet de loi est déjà en cours de rédaction dans les bureaux du service juridique de la Ville de Gatineau. 
Avis publics
Plusieurs étapes restent toutefois à franchir avant de pouvoir déposer officiellement ce projet de loi. Le Guide sur les projets de loi d'intérêt privé publié par la Direction générale des affaires juridiques et parlementaires du gouvernement du Québec stipule que la Ville doit publier, dans les journaux locaux, un avis devant «exposer succinctement la nature et l'objet du projet de loi», une fois par semaine, pendant quatre semaines, avant de pouvoir le déposer officiellement. Cet avis doit aussi paraître au moins une fois dans la Gazette officielle du Québec. 
Dans les faits, la publication de ces avis publics doit donc débuter, au plus tard, quelque part dans la deuxième semaine de janvier. Le maire Pedneaud-Jobin doit obtenir l'aval de son conseil, par le biais d'une résolution, avant de déposer son projet de loi, mais la loi ne le force pas à avoir une résolution de son conseil avant la publication dans les journaux du premier avis public. 
Si le maire, pour des raisons politiques, souhaitait tout de même avoir l'assentiment des autres élus avant les premières publications, il ne lui resterait alors que quelques jours pour le faire avant le congé des Fêtes. Selon nos informations, le maire tenterait de réunir le conseil mercredi prochain. Personne n'a voulu confirmer quoi que ce soit à ce sujet au cabinet du maire.
La suite des choses est difficile à prévoir. Le niveau de partisanerie a grimpé d'un cran à la table du conseil depuis la visite controversée du maire de Québec, Régis Labeaume. Le vote divisé sur le budget, mardi, à 13 contre 6, n'a pas été de nature à atténuer les choses. Plusieurs élus qui se présentent de plus en plus comme des adversaires du maire Pedneaud-Jobin continuent de dénoncer, publiquement et en privé, ce qu'ils jugent être un manque de transparence dans le dossier Guertin. 
Les négos se poursuivent
Le président de VMSO, Alain Sanscartier, se fait toutefois rassurant quant au déroulement des négociations toujours en cours pour en venir à une entente avec la Ville. «Tout le monde travaille très fort actuellement, dit-il. Nous mettons tous les bouchées doubles afin d'attacher cette entente et réaliser le projet. C'est très exigeant pour tout le monde. Les discussions avec les comités de négociations des deux parties se poursuivent quotidiennement. Je ne vends jamais la peau de l'ours avant de l'avoir tué, il reste des défis devant nous, mais je ne vois actuellement aucun obstacle qui pourrait venir compromettre une entente entre nous et la Ville.»
Me Joëlle Roy est présidente de l'Association québécoise des avocats de la défense
Guertin et la grève des juristes de l'État
La grève des juristes de l'État entamée le 24 octobre dernier pourrait venir complexifier encore un peu plus le dossier Guertin.
Les services juridiques de la Ville de Gatineau rédigent actuellement le projet de loi privé destiné à rendre légales en regard de la loi la construction et la gestion du futur aréna Guertin.
«Là où il y a un enjeu, peut-être, c'est que ce projet de loi doit être jugé et c'est un juriste de l'État qui doit porter un jugement sur le projet de loi tel qu'il aura été rédigé, a confirmé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, lors d'une entrevue avec Le Droit. Je ne sais pas si [la grève] peut avoir un impact. Il y a encore des gens qui travaillent. Est-ce que notre dossier, par rapport à un autre, pourra être traité? Je ne le sais pas.»
Depuis le début de la grève illimitée des avocats et notaires à l'emploi du gouvernement, des centaines de dossiers ont été retardés. Une vingtaine de projets de loi du gouvernement n'ont pu aller de l'avant cet automne à cause de ce conflit.