Benoit Lauzon, préfet de la MRC de Papineau, croit que les municipalités doivent entreprendre une grande réflexion.

Fusions: Lauzon croit à une grande réflexion

Les nouvelles normes en matière de renouvellement d’équipement pour les services incendie et l’implantation bientôt obligatoire de la cueillette de compost dans l’ensemble du Québec sont parmi les facteurs qui risquent d’inciter les petites localités à envisager la fusion comme solution durable pour faire face aux défis financiers de plus en plus lourds à supporter.

C’est l’avis du maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, qui s’est exprimé sur cette question lors d’une entrevue diffusée jeudi sur les ondes du FM 104,7 Outaouais.

Interrogé sur la nouvelle mesure qui rendra bientôt obligatoire le renouvellement des vêtements de protection des pompiers à Gatineau après dix ans, M. Lauzon a souligné le fait qu’il est rendu difficile pour les petites municipalités de gérer leur budget.

À titre d’exemple, la politique obligeant le renouvellement des habits de pompiers après dix ans pourrait éventuellement s’étendre à l’ensemble du Québec et le service de compostage devra être offert dans toute la Belle Province, d’ici 2022, ce qui apportera des dépenses supplémentaires pour les villes.

Dans un contexte où les administrations municipales partagent déjà plusieurs services, la question des regroupements est légitime, estime M. Lauzon.

Avec 168 élus municipaux pour représenter 23 000 habitants à travers 24 municipalités, la MRC de Papineau constitue un cas d’espèce intéressant en lien avec ce débat. Cependant, cette discussion ne sera pas abordée à la table du conseil de la MRC qui ne dispose pas de cette compétence, confirme M. Lauzon.

« Je ne veux pas ouvrir le débat et dire qu’il faut fusionner des villes ou des municipalités sur le territoire, mais on sait ce qui s’en vient avec les services d’incendie, entre autres. On entend de plus en plus parler de fusion dans la communauté. Est-ce que la meilleure solution à court terme, ce sont les ententes de services et à long terme les fusions municipales ? La décision appartient vraiment au milieu municipal et aux municipalités locales. Ce n’est pas un dossier qui relève de la MRC, mais je pense qu’il faut être ouvert à écouter le citoyen. Il n’y a rien de mal à ce que des municipalités aient des discussions sur le sujet afin de voir si ça peut être bon pour la population », a mentionné M. Lauzon au Droit, lorsqu’invité à préciser sa pensée.

Ce dernier souligne que des citoyens de localités voisines à Thurso — sans vouloir identifier précisément celles-ci — sont venus s’adresser à son conseil municipal pour voir l’ouverture de la Ville à ouvrir le débat. M. Lauzon dit être favorable à l’idée d’étudier la question pour sa ville. Toutefois, aucune démarche officielle n’est prévue à court terme et aucune rencontre à ce sujet n’a eu lieu entre Thurso et d’autres instances municipales à proximité.

« Ça devient de plus en plus difficile pour les petites municipalités de suivre la cadence. À la Ville de Thurso, avec 3000 de population, on supporte un aréna et des infrastructures importantes qui coûtent de plus en plus cher chaque année. C’est certain qu’il y a lieu de se poser des questions », note M. Lauzon.

C’est loin d’être la première fois que le dossier des fusions fait surface dans la MRC de Papineau. En septembre dernier, les élus de Bowman ont rejeté la proposition de leur voisine Val-des-Bois de demander l’aide technique du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire dans le but de réaliser une étude sur l’opportunité d’un regroupement entre les deux municipalités.

Ailleurs en Outaouais, les administrations de Denholm et Lac-Sainte-Marie, dans la Vallée-de-la-Gatineau, avaient réclamé au printemps 2018 l’aide de Québec pour la réalisation d’une étude de faisabilité. Le projet a finalement été abandonné l’automne dernier.

En 2016, un projet de fusion entre Maniwaki et les municipalités voisines de Déléage, Aumond et Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau et Maniwaki avait aussi avorté à la suite de référendums tenus auprès de la population.