Diane Tremblay, directrice générale d'Entraide familiale de l'Outaouais, est venue présenter les impacts pour son organisme des coupures à la SPLI.

Front commun sur la lutte à l'itinérance

La partisanerie a été mise au rencart dimanche en Outaouais. Au Gîte-Ami, les candidats libéral, péquiste et solidaire aux élections provinciales dans Hull se sont tenus côte à côte pour dénoncer les actions du gouvernement fédéral en matière de lutte à l'itinérance.
L'enjeu est grand. Des organismes communautaires craignent pour leur survie ou, à tout le moins, pour leur capacité d'intervenir auprès des plus démunis après des coupures inattendues dans la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI).
L'an dernier, les organismes de la région s'étaient levés pour dénoncer un changement de philosophie dans l'attribution des fonds réservés à la SPLI. Autrefois une stratégie «mixte», le gouvernement fédéral a introduit «Logement d'abord» pendant le renouvellement de la SPLI qui devait venir à échéance le 1er avril cette année.  
Le gouvernement du Québec partageait la vision des organismes communautaires et a négocié avec le fédéral pour garder le programme intact, au moins de façon temporaire, sur le territoire québécois. Une entente avait été annoncée au début du mois de février pour reconduire les fonds de la SPLI pour l'année fiscale 2014-2015.
Or, les organisations de la région ont eu la surprise dans les derniers jours de voir que leur financement provenant de la SPLI avait été coupé, dans certains cas, de plusieurs milliers de dollars. «Personne ne donne d'information, et la date limite du 31 mars s'impose à tous les organismes. On est devant l'insulte et l'injure en même temps», affirme le directeur général du Gîte-Ami, Luc Villemaire. 
Pour dénoncer leur perte de financement, les représentants de Logemen'occupe, du Gîte-Ami, d'Entraide familiale de l'Outaouais, des oeuvres Isidore-Ostiguy et du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais ont pu s'appuyer sur les députées fédérales Françoise Boivin et Nycole Turmel, la conseillère municipale Myriam Nadeau et les candidats aux élections provinciales Maryse Gaudreault, Gilles Aubé et Benoît Renaud.
Temps d'arrêt
Alors que le vote par anticipation est en cours partout au Québec, les adversaires politiques ont quitté le ring électoral et accroché leurs gants le temps d'une conférence de presse. «On est tout à fait d'accord de demander au fédéral de verser des subventions tel qu'il s'est engagé à le faire, c'est sa responsabilité», s'est exclamé le candidat péquiste, Gilles Aubé.
D'une même voix, la libérale Maryse Gaudreault trouve «honorable» que les partis se soient «élevés au-dessus de la partisanerie». «Je l'ai fait par le passé et je vais continuer à le faire dans des dossiers aussi importants que la lutte à l'itinérance», ajoute la députée sortante.