Les gens dans la rue doivent encore passer d’un endroit à l’autre dépendant du moment de la journée pour se réchauffer un peu.

Froid intense : des gens militent à Winnipeg pour un refuge 24 heures sur 24

WINNIPEG —Dans une ville où il est pratiquement garanti que l’hiver apportera des températures inférieures à -30 degrés Celsius, sauver les sans-abri et autres personnes vulnérables de gelures graves, voire de la mort, est un projet complexe.

Il repose sur beaucoup de bonne volonté et de moyens de la part d’organisations à but non lucratif de Winnipeg, et malgré les efforts déployés, les gens dans la rue doivent encore passer d’un endroit à l’autre dépendant du moment de la journée pour se réchauffer un peu.

Les chiffres fournis à La Presse canadienne par le bureau du médecin légiste en chef du Manitoba montrent que 24 personnes sont mortes d’hypothermie à Winnipeg entre 2010 et 2017. Elles figuraient parmi les 100 décès par hypothermie dans la province au cours de cette période.

Le bureau n’a pas révélé les raisons pour lesquelles les gens étaient dehors dans le froid sans protection, mais a déclaré que l’un des éléments communs était l’intoxication. Sur les neuf personnes décédées d’hypothermie dans l’ensemble de la province en 2017, huit avaient des niveaux élevés d’alcool ou de drogue dans leur système, a-t-on indiqué.

« La ville a besoin d’un lieu central... où les gens peuvent aller et venir et se sentir en sécurité, et où il n’y a pas de restriction en matière de sobriété », a soutenu Nancy Chippendale, une militante qui mène une bataille de longue haleine sur les médias sociaux pour tenter de convaincre la mairie de mettre en place un centre de réchauffement ouvert 24 heures sur 24.

Mme Chippendale estime qu’un tel établissement devrait être géré par le gouvernement au lieu de s’appuyer sur des organisations à but non lucratif, qui ont des règles, des capacités et des heures de fonctionnement différentes dans leurs refuges.

Dans l’état actuel des choses, a-t-elle ajouté, les sans-abri se déplacent entre les restaurants à service rapide, les centres commerciaux, la bibliothèque du centre-ville et les soupes populaires. Et lorsque ces endroits ferment la nuit, la rue peut être la dernière option.

Récemment, vers la fin d’une vague de froid extrême, lorsque les valeurs de refroidissement éolien sont tombées en dessous de -50 degrés Celsius, le maire Brian Bowman a fait valoir qu’il restait toujours de la place dans un refuge ou l’autre, car ils se coordonnent entre eux, même si un emplacement particulier est saturé.

Il a aussi laissé entendre que les centres de réchauffement gérés par les Villes, tels que ceux de Toronto, présentent leurs propres défis.

« Ce que nous ont rappelé les agences chargées de fournir ces soins, c’est que si vous ouvrez un espace, vous devez vous assurer qu’il est doté du personnel adéquat pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui offrent ces services », a expliqué le maire.

D’autres villes par temps froid prennent des mesures moins formelles. Edmonton, par exemple, laisse certaines stations de train léger sur rail ouvertes pendant la nuit lorsque les températures chutent.