La légende veut que l'âme de l'ancien premier ministre du Canada, Sir Wilfrid Laurier, décédé le 17 février 1919, est restée entre les murs du Musée de la nature, à Ottawa.

Frissons dans la capitale

Que l'on y croit ou pas, les légendes et témoignages sur la présence de fantômes dans certains édifices d'Ottawa alimentent les discussions dans les chaumières depuis des siècles. Les histoires de fantômes sont nombreuses et concernent principalement de vieux édifices.
Selon Michel Prévost, archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, il y a peu de risques de sentir la présence de fantômes dans les bâtiments récents. «Nos recherches sur les fantômes de la région démontrent que ces derniers adorent vivre dans les bâtiments anciens de pierre, de brique et de bois, souligne-t-il. En effet, les fantômes n'aiment pas les édifices modernes et préféreraient de loin les monuments historiques.»
En cette journée d'Halloween où fantômes, sorcières et zombies seront à l'honneur, LeDroit vous raconte quelques légendes régionales bien ancrées dans l'imaginaire populaire.
Le fantôme du couloir de la mort
Plus d'un siècle après son exécution par pendaison, l'assassin de Thomas d'Arcy McGee hanterait toujours le huitième étage de l'ancienne prison du comté de Carleton. Le corps de Patrick James Whelan a disparu après son exécution dans la cour de la prison en 1869. Depuis, son fantôme flotterait dans l'ancien couloir de la mort et serait à l'origine de phénomènes paranormaux. À tel point que les propriétaires de l'établissement, transformé en auberge de jeunesse après la fermeture de la prison en 1972, ont cessé de louer les geôles du huitième. «Ils avaient trop de trouble avec les gens qui se réveillaient en panique en plein milieu de la nuit», raconte Stéphanie Robinson, gérante de la Marche hantée d'Ottawa. À certaines périodes de l'année, il demeure possible de louer pour la nuit les geôles du couloir de la mort. «C'est réservé aux groupes de 10 personnes et plus», précise Mme Robinson. Le fantôme de Whelan, qui a toujours clamé son innocence, semble alors se tenir tranquille...
75, rue Nicholas, Ottawa
La vieille dame brûlée vive
Une «vieille servante» errerait depuis maintenant plus de cent ans dans le pavillon Tabaret de l'Université d'Ottawa (U d'O). Il s'agirait d'une dame ayant péri lors d'un incendie survenu à l'université le 3 décembre 1903. «L'incendie a fait trois morts, deux pères oblats et une vieille servante qui périt dans les flammes, indique Michel Prévost, archiviste en chef à l'U d'O. Étrangement, selon un témoin oculaire, le père Auriemma Veronneau, on n'a jamais rien trouvé, même pas son squelette.» La dame aurait hanté l'actuel pavillon Tabaret, qui a en partie été reconstruit à l'endroit où se trouvait l'édifice incendié. «Son fantôme serait apparu à plusieurs reprises dans l'aile Marcotte, construite en 1922, raconte M. Prévost. À cette époque, des étudiants de l'université couchaient au pavillon Tabaret et plusieurs d'entre eux ont senti la présence de cette femme pendant la nuit. Comme il n'y a plus d'étudiants qui couchent au pavillon Tabaret depuis 1963, il n'y a plus personne pour attester la présence de cette dame brûlée vive en 1903. Quoi qu'il en soit, elle continue sans doute à se promener tard la nuit dans le bâtiment.»
Pavillon Tabaret de l'Université d'Ottawa, 550, rue Cumberland, Ottawa
Le naufragé du Titanic
Des bruits de pas mystérieux, des meubles qui bougent tout seuls... L'esprit de Charles Melville Hayes hanterait toujours le 5e étage du Château Laurier à Ottawa. «La semaine dernière, des gens qui séjournaient au 5e étage ont raconté avoir entendu des bruits bizarres dans le corridor. Pourtant, chaque fois qu'ils ouvraient la porte pour vérifier, il n'y avait rien», raconte Stéphanie Robinson, gérante de la Marche hantée d'Ottawa. Président de la compagnie de chemin de fer du Grand Tronc, Charles Hayes était en Angleterre pour préparer l'ouverture officielle du Château Laurier en 1912. Le destin a voulu qu'il revienne sur le Vieux Continent à bord du Titanic. Il est mort lors du naufrage qui a fait 1500 victimes au large de Terre-Neuve, le 14 avril. «Finalement, l'hôtel a ouvert ses portes sans grandes célébrations le 1er juin suivant. On dit que M. Hayes serait revenu hanter l'hôtel qu'il n'a jamais pu inaugurer», raconte Mme Robinson.
Château Laurier, 1, rue Rideau, Ottawa
Le fantôme du moulin
Le fantôme de la deuxième épouse de l'ancien député fédéral Joseph Merrill Currier hanterait le Moulin Watson, à Manotick, au sud d'Ottawa, depuis l'hiver 1861. M. Currier, l'un des propriétaires du moulin, maria cette année-là une jeune femme appelée Ann Crosby. Un mois après la célébration, la nouvelle mariée fut victime d'un terrible accident. Pendant une fête pour souligner le succès de la première année en affaires du moulin, la robe de la jeune femme a été prise dans une machine. La jeune femme a été projetée contre un pilier et est morte sur le coup. Depuis ce temps, on rapporte au moulin des sons inexplicables et des apparitions mystérieuses, et ce «aussi récemment qu'en 1997», souligne-t-on sur le site Internet du Moulin Watson.
Moulin Watson, 5525, rue Dickinson, Manotick