Après un printemps et un été exceptionnel avec le jardinage en regain de popularité, voilà que les gens se tournent massivement vers les préparatifs des Fêtes, si bien qu’on anticipe une année record chez Emery Centre Jardin.
Après un printemps et un été exceptionnel avec le jardinage en regain de popularité, voilà que les gens se tournent massivement vers les préparatifs des Fêtes, si bien qu’on anticipe une année record chez Emery Centre Jardin.

Frénésie de Noël en novembre

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. C’est un peu le proverbe qui nous vient en tête en écoutant parler le propriétaire d’Emery Centre Jardin, Frédéric Boivin, pendant que la chanson 23 décembre résonne dans le magasin gatinois rempli à craquer de décorations de Noël.

Depuis quelque temps déjà et le plus fort l’achalandage est anticipé à la fin du mois, c’est rien de moins que « la folie » pour se procurer des articles qui agrémenteront cette fin d’année qui nous en aura fait voir de toutes les couleurs. Des sapins aux guirlandes en passant par les bas de Noël et les boucles, l’inventaire s’écoule à la vitesse grand V.

Après un printemps et un été exceptionnel avec le jardinage en regain de popularité, voilà que les gens se tournent massivement vers les préparatifs des Fêtes, si bien qu’on anticipe une année record.

« Ça va très bien, je ne m’en cache pas. Je me plais d’une certaine façon à dire que nous sommes soumis ici pas seulement à la température, mais aussi à l’économie. Quand il y a récession, c’est toujours bon pour nous. Cette année, il n’y a pas une récession, mais les gens agissent comme si c’était le cas. Je suis un choyé en ce moment, j’ai gagné le gros lot si on pouvait dire, mais je ne suis pas à l’aise à 100 % à l’intérieur de ma personne quand je vois ce qui se passe ailleurs. Si ça peut finir au plus vite, tant mieux, mais je ne crois pas que c’est ce qui va arriver », s’exclame M. Boivin, qui ajoute que la pénurie de main-d’œuvre complique passablement la donne.

Le propriétaire d’Emery Centre Jardin, Frédéric Boivin

Plusieurs clients qui ne font habituellement pas de sapin, car ils sont à l’extérieur de la ville se procurent leur premier arbre, d’autres ont carrément acheté des sapins entièrement décorés en magasin, qui ont ensuite été emballés tels quels. Une forte demande difficile à prédire il y a quelques mois.

« En mars, quand la crise a éclaté, j’étais coincé, mes commandes étaient toutes placées, car on les fait en janvier ou février, un an à l’avance. Puis là, on ne savait plus où on s’en allait, alors par peur j’ai complètement coupé certaines commandes, d’autres de 10 à 25 %. Quand les centres de jardinage ont été considérés comme des services essentiels, il était trop tard pour commander davantage. Je ne cacherai donc pas que j’ai peur de manquer de stock. On a des importateurs qui font arriver du stock de Vancouver ou de New York et lorsqu’il arrive ici, on reçoit pour 1500 ou 2000 $ alors que la commande pouvait être de 10 ou 15 000 $. Tout arrive au compte-gouttes », de dire M. Boivin.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette ruée vers les décorations aussi tôt ?

« Je pense que les gens ont besoin de se divertir, de bouger. C’est une sorte de réconfort, ça aide à se désennuyer. Je me posais la question : mais où les gens prennent leur argent ? En analysant, je pense avoir trouvé un élément de réponse : les gens ne voyagent plus. Je me rends compte que l’industrie du voyage, c’est majeur. Un voyage, c’est 2000 $ minimum. Je suis peut-être en train de récupérer une partie de cet argent », lance-t-il.

Roxanne Constantineau, fondatrice et propriétaire de la Boutique de Noël à Ripon, constate elle aussi un engouement.

« Je n’ai pas de référence pour comparer, on vient de démarrer, mais c’est sûr qu’on a de plus en plus de clients. Il y a vraiment un enthousiasme, les gens viennent d’Ottawa, Gatineau et même Montréal pour venir nous rencontrer. C’est incroyable. Ce que je retiens des messages des clients, c’est que la magie de Noël a toujours été là, qu’il s’agit d’un moment important pour eux même si on est dans un contexte de pandémie et qu’on fêtera différemment. Les gens recherchent aussi des items originaux, fabriqués par des artisans d’ici », affirme-t-elle.

Roxanne Constantineau, fondatrice et propriétaire de la Boutique de Noël à Ripon