Francophonie

Le fédéral verse 1,2 M$ à l’ACFO pour la promotion du bilinguisme

Grâce à une enveloppe de 1,2 million $ sur deux ans accordée par le gouvernement fédéral, l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) a mis sur pied un nouveau programme d’aide financière.

Destiné aux entreprises, festivals ou autres organismes intéressés, « Ottawa bilingue : avançons ensemble » a comme objectif ultime de renforcer le bilinguisme dans la capitale fédérale. Ceux qui cogneront à la porte de l’ACFO pourront, sous réserve qu’un comité encadreur composé de divers représentants accepte leur proposition, mettre la main sur des micro-subventions. 

« Un entrepreneur francophile ou anglophone souhaitant cibler un marché bilingue pourrait en bénéficier. Par exemple, ce pourrait être un petit café qui veut donner une formation à ses employés pour offrir un service à la clientèle bilingue, ou encore un festival qui en temps normal offre une programmation anglophone, mais qui voudrait avoir une représentativité francophone. La subvention pourrait alors servir à attirer un artiste franco-ontarien », explique la présidente de l’ACFO, Soukaina Boutiyeb. 

Le programme contient quatre volets, soit Vitalité, Inclusion, Développement économique communautaire et Rapprochement, qui s’inspirent directement des recommandations issues des États généraux de la francophonie.

« Je lève mon chapeau au fédéral d’avoir pour avoir pris ses responsabilités. Assurer le bilinguisme de la capitale du pays, c’est bénéfique pour tout le monde, d’un océan à l’autre. Il a reconnu son rôle avec la compréhension du par et pour la communauté », soutient-elle.

Un an et demi jour pour jour après l’adoption à Queen’s Park du projet de loi visant à reconnaître le caractère bilingue de la Ville d’Ottawa, l’ACFO souhaiterait que la province en fasse autant pour appuyer la francophonie.

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« C’était un pas en avant pour la communauté quand ç’a été annoncé, mais on fait quoi après ? Est-ce qu’on sent un appui du gouvernement (Ford) au même niveau que le fédéral ? Non. Maintenant, est-ce qu’on espère qu’il prendra ses responsabilités ? Oui », poursuit Mme Boutiyeb. 

L’organisation se réjouit toutefois que la Ville d’Ottawa ait accepté dès le départ de participer au projet. Un représentant municipal siège par exemple au comité décideur. 

Le programme est financé par Patrimoine canadien, en marge du Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023. Celui-ci a entre autres comme visée de faire passer le taux national de bilinguisme de 17,9 % à 20 % d’ici 2036.

« Nos deux langues officielles nous définissent en tant que pays et sont un exemple de notre diversité. Notre capitale doit refléter cette richesse culturelle et linguistique », affirme pour sa part la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.

Francophonie

Année préparatoire en médecine: McGill a dit non à l’Université d’Ottawa

EXCLUSIF / L’Université d’Ottawa a en vain approché à quelques reprises l’Université McGill pour offrir entièrement en français l’année de formation préparatoire que doivent suivre les cégépiens qui étudieront à la future faculté satellite de médecine à Gatineau, a appris Le Droit de la bouche même du recteur Jacques Frémont.

Le principal intéressé a révélé que pendant que le débat faisait rage à savoir si les étudiants pourraient suivre leurs cours entièrement dans la langue de Molière, l’institution d’enseignement de la capitale fédérale a eu des pourparlers avec McGill. Mais l’établissement montréalais a refusé la main tendue de l’Ud’O.

Francophonie

Penetanguishene veut plus de français, mais une «menace» plane

PENETANGUISHENE – Le berceau de la francophonie ontarienne, Penetanguishene, consulte sa population sur la place qu’elle devrait laisser au français. Si son maire, un Franco-Ontarien, souhaite mettre davantage de l’avant le fait français, la menace d’une fusion avec Midland pourrait nuire à ses démarches.

404 ans après l’arrivée de l’explorateur Samuel de Champlain sur des terres qui couvrent aujourd’hui le territoire de la municipalité de Penetanguishene, le fait français dans la municipalité fait mauvaise mine. L’affichage commercial n’est qu’en anglais, le site web de la municipalité mise sur Google Translate pour sa version française et l’assimilation se mesure à chaque fois que les résultats d’un recensement sont rendus publics.

Mais le maire de la municipalité, Douglas Leroux, est un fiers Franco-Ontarien et il a décidé de prendre le terreau par les cornes. Depuis son élection, l’automne dernier, il multiplie les démarches en ce sens. «Bonjour, comment puis-je vous aider? Hello, how can I help you?», répond dorénavant la réceptionniste de l’hôtel de ville, à la demande du maire.

«Depuis que je suis maire, je pousse pour ça. Je suis le premier maire bilingue depuis 32 ans dans la municipalité. On est considérée comme une municipalité bilingue, mais on pourrait avoir plus de place pour le français, il faut améliorer ça», dit-il sans détour.

Actuellement, les citoyens de la municipalité sont invités à répondre à un sondage en ligne pour l’élaboration du prochain plan stratégique de la municipalité. La Ville souhaite savoir si les citoyens veulent oui ou non que le fait français et l’héritage francophone soient davantage mis de l’avant par la municipalité. Le maire souhaite aussi que l’ensemble des communications municipales soient en français et en anglais.

Une fusion municipale évoquée

Le maire de Penetanguishene a peut-être de biens belles intentions, mais il pourrait voir ses projets menacés par un projet de fusion municipale du gouvernement Ford.

Doug Ford a imposé un processus de révision des structures municipales, notamment dans le comté de Simcoe où se trouve Penetanguishene. Une démarche qui pourrait aboutir vers un processus de fusions forcées de municipalité.

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Francophonie

Francophonie: les critères d’admission sont à revoir, dit la secrétaire générale

QUÉBEC - Les critères d’admission imposés aux pays désireux de faire partie de la Francophonie sont à revoir, selon la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo.

Mme Mushikiwabo propose d’ailleurs de décréter un moratoire sur d’éventuelles nouvelles adhésions d’ici le prochain Sommet de la Francophonie, afin de mener une réflexion sérieuse sur le sujet.

Elle tient à ce que cette question soit à l’ordre du jour du prochain Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Tunis, en novembre 2020, un événement au cours duquel on soulignera par ailleurs les 50 ans de cette organisation.

C’est ce qu’elle a indiqué mardi durant une rencontre de presse, tenue en marge de sa visite de quelques jours au Québec.

Voilà «une question importante sur laquelle le sommet de Tunis devra se pencher», a commenté Mme Mushikiwabo, lorsqu’elle a été invitée à dire si le temps était venu de revoir, voire de resserrer, les critères d’adhésion à l’organisation internationale, aux contours identitaires encore mal définis après un demi-siècle d’existence.

Dès son arrivée en poste, en octobre, elle a d’ailleurs mis sur pied un groupe de réflexion sur l’avenir de l’organisation, qui inclut la question d’une éventuelle expansion et celle des règles d’admission. Des recommandations seront formulées aux chefs d’État et chefs de gouvernement présents à Tunis l’an prochain. Ce sont eux qui prendront des décisions à ce propos, le cas échéant.

Le temps est aussi venu de préciser le statut des États membres et celui des États observateurs, donc sans droit de vote, ajoute la secrétaire générale, qui entend bien laisser sa marque sur cette organisation.

Bref, «je crois qu’il faut mettre un peu d’ordre dans tout ça», dit la nouvelle secrétaire générale d’origine rwandaise, qui a succédé à la Canadienne Michaëlle Jean, dont le règne a été controversé.

Elle ne se dit pas pour autant opposée à une éventuelle expansion de l’OIF, même s’il n’est pas question, sous son règne, que la Francophonie devienne «une mini Nations unies».

Mais elle veut éviter d’augmenter à tout prix le nombre de pays adhérents de cette organisation qui compte déjà 88 pays ou États membres en règle ou observateurs.

Dans plusieurs pays membres, qu’on pense à l’Arménie, l’Égypte ou le Vietnam, pour ne nommer que ceux-là, la langue française n’est parlée que par une fraction congrue, voire infinitésimale de la population.

L’an dernier, en Arménie, lors du dernier sommet, la demande d’adhésion de l’Arabie saoudite, qui n’a pas la réputation d’afficher un attachement particulier à la langue de Molière, avait créé un malaise, aggravé par son dossier noir quant au respect des droits de la personne.

Finalement, devant le tollé, Ryad avait retiré sa candidature, renonçant pour l’instant à devenir membre observateur de l’OIF.

N’empêche. Cette histoire montre que le risque de voir la Francophonie se transformer en auberge espagnole est bien réel.

«La langue française n’est pas une fin en soi. C’est ce qu’on peut faire avec la langue française» qui compte, dit Mme Mushikiwabo, soucieuse de voir l’organisation refléter l’état des lieux actuel et non celui d’il y a 50 ans.

La nouvelle secrétaire générale revendique une Francophonie «des temps présents». Car «la Francophonie de 1970 est très différente de la Francophonie de 2020», selon elle.

Dans son esprit, ce principe implique pour l’organisme qu’elle dirige de cesser de «s’éparpiller» dans toutes les directions, pour tous les combats, cédant «aux effets de mode».

Il faut revenir à l’essentiel, à quelques priorités, «quelques aspects de focalisation et on se limite à ça», dit-elle.

Fini, donc, le temps des «communiqués qui veulent dire 1000 choses à la fois», promet-elle.

Cependant, toutes les grandes questions internationales qui ont animé l’OIF depuis 50 ans (promotion de la langue française, droits de la personne, égalité hommes-femmes, climat, migrations) vont continuer d’être son pain et son beurre, sauf que l’organisation devra maintenant «choisir exactement ce qu’on veut faire dans chaque domaine». C’est ce qu’elle appelle la «focalisation».

Elle s’intéresse par exemple à l’expansion de la langue française dans l’univers numérique, à la formation des enseignants, à l’entrepreneuriat féminin et particulièrement à l’éducation des filles en Afrique, le continent où se jouera l’avenir de la langue française.

Les budgets de l’OIF doivent augmenter, mais l’organisation doit d’abord faire le ménage dans ses états financiers avant «de demander une contribution supplémentaire» aux membres, a commenté la secrétaire générale, qui était accompagnée pour la circonstance de son bras droit, la Québécoise Catherine Cano.

L’an dernier, l’OIF a dû puiser dans son fonds de réserve pour boucler son budget annuel.

Nommée en octobre, Mme Mushikiwabo n’a toujours pas de résidence fixe. Elle dit vouloir avoir un portrait détaillé des finances de l’organisation avant de décider si elle va louer ou acheter un appartement à Paris, où est situé le siège de l’organisation.

En matinée, la secrétaire générale s’est entretenue avec le premier ministre François Legault à son cabinet.