Francophonie

Plaidoyer pour la création d’un comité de la francophonie à Vanier

Une proposition de création d’un Comité de développement du quartier français et de la francophonie de Vanier au sein de l’Association communautaire de Vanier (ACV) est loin de faire l’unanimité chez les membres du conseil d’administration de l’organisation.

Le projet de résolution présenté mardi soir à la réunion mensuelle de l’ACV vise à défendre et promouvoir le caractère historique, culturel, économique et social francophone de Vanier, incluant le quartier français du chemin Montréal. 

La résolution a été élaborée dans la foulée de la contestation des citoyens de ce quartier d’Ottawa devant le projet de méga-refuge de l’Armée du Salut sur le chemin Montréal.

Toutefois, quelques membres anglophones du conseil d’administration de l’ACV se sont opposés à la résolution.

«Je ne crois pas que cela a sa place dans la structure de l’ACV, a indiqué Geoff Derry, un des membres du conseil d’administration. Nous n’avons jamais eu quelque chose d’ethniquement désigné de quelque manière que ce soit».

«Ces choses n’ont pas vraiment de rôle et de place dans une association communautaire. Elles ont d’excellents rôles dans la communauté. Le groupe d’embellissement de la communauté a bien fonctionné. Il était autonome et indépendant. Il y a beaucoup de place dans notre communauté pour avoir ce comité, mais je ne crois pas qu’il doit être sous l’égide de l’Association», a continué M. Derry, qui dit craindre la fragmentation de l’ACV.

Dans la salle où s’est rassemblée plus d’une centaine de personnes, Suzanne Lépine a expliqué que les francophones ont perdu beaucoup de place et de pouvoir depuis la fusion municipale de 2001. Le quartier Vanier a été qualifié dans le projet de résolution de «dernière enclave francophone d’importance en milieu urbain à Ottawa».

«Vanier est historiquement francophone, a plaidé Mme Lépine. Pour encourager la communauté et pour avoir une valeur ajoutée dans la communauté, il est essentiel de mieux la promouvoir. C’est pourquoi nous voulons un comité de la francophonie».

Le conseil d’administration de l’Association communautaire de Vanier a décidé de réexaminer la proposition lors de sa prochaine réunion et de soumettre le dossier à sa prochaine assemblée générale annuelle. 

Philippe Denault s’est dit «très déçu» par le report de la résolution, signalant que les francophones de Vanier veulent avoir leur mot à dire dans le projet de revitalisation du chemin Montréal qui est encore au stade embryonnaire. 

«Nous voulions formaliser ça ce soir, c’est certain, a indiqué M. Denault. Nous avons réussi à regrouper beaucoup de francophones. C’est la première fois que je vois des anglophones parler en français ici lors d’une assemblée. Nous voulions former une entité formelle. Mais ça fait partie du combat, on va continuer. Nous allons nous préparer pour l’assemblée générale».

Francophonie

Honneur posthume à Paulette Gagnon

Sept femmes, dont la grande dame du théâtre franco-ontarien, Paulette Gagnon, figurent parmi les lauréats du troisième palmarès des personnalités les plus influentes de la francophonie canadienne, qui a été dévoilé hier par Francopresse.

Paulette Gagnon, décédée subitement en octobre dernier, était porte-parole du Regroupement des organismes culturels de Sudbury, qui dirige depuis 2010 le projet de construction d’un grand centre des arts. La native de Hearst, qui a notamment occupé le poste de directrice générale de La Nouvelle Scène d’Ottawa, de 1997 à 2001, est morte à la veille d’une annonce fédérale de 12 millions qui venait confirmer le financement de la future Place des Arts de sa ville d’adoption. Il s’agit du premier honneur à titre posthume accordé par Francopresse, qui avait d’ailleurs nommé l’Ontarienne dans le premier top-10 de son palmarès en 2015.

La professeure de sciences politiques de l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal, et l’avocat en droit constitutionnel d’Ottawa, Mark Power, sont les deux récipiendaires de la région de la capitale nationale qui se hissent au sommet du classement.

Une première personnalité du Québec fait son entrée dans le palmarès de Francopresse. Il s’agit du député néo-démocrate de Drummond, François Choquette, bien connu sur la scène médiatique pour ses pressions visant à rendre obligatoire la nomination de juges bilingues à la Cour suprême du Canada. À cet égard, son projet de loi C-203 a été défait par les libéraux, l’automne dernier.

Ailleurs au pays, les personnalités influentes de la francophonie canadienne sont la directrice de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, Pascaline Gréau, le directeur de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, Frédéric Dion, la directrice de la Société nationale de l’Acadie, Véronique Mallet, la cofondatrice et présidente et directrice-générale du World Trade Center de Winnipeg, Mariette Mulaire, la directrice du Département de santé communautaire du Collège de médecine à l’Université de la Saskatchewan, Anne Leis, et Claude Roberto, qui a œuvré pendant 32 ans aux Archives provinciales de l’Alberta.

Francophonie

«J’ai toujours eu le pouvoir d’enquêter», dit le commissaire Boileau

« On ne peut pas dire qu’on a une très belle collaboration avec la Ville d’Ottawa », affirme le commissaire aux services en français (CSF) de l’Ontario, François Boileau, qui espère que la nouvelle loi sur le statut bilingue de la capitale permettra de faire tourner le vent.

Le chien de garde linguistique de la province, qui s’est fait assez discret depuis que le mouvement #OttawaBilingue a gagné sa bataille, croit que ce changement pourrait avoir des répercussions concrètes. 

« Je souhaite qu’avec cet élan positif, on puisse avoir une nouvelle approche positive entre nos deux institutions. [...] Je n’ai pas commenté la semaine dernière, car je pense que ce n’était pas mon projet. Je laissais ceux qui ont milité pour ça être à l’avant-scène », a-t-il lancé en entrevue avec Le Droit. 

S’étant toujours publiquement affiché en faveur du statut bilingue d’Ottawa, M. Boileau se dit satisfait de ce qu’il qualifie comme un grand pas de plus vers l’avant. Il ne cache cependant pas que le projet de loi aurait pu être encore plus clair. 

En matière d’enquête sur les pratiques de l’administration municipale, c’est le statu quo pour le commissaire. Il rappelle qu’il a toujours eu le pouvoir de scruter à la loupe la Ville d’Ottawa si des plaintes lui sont formulées, et ce, sur plusieurs aspects. Les seuls domaines où il n’a pas la compétence d’intervenir sont la police, les bibliothèques, Hydro Ottawa et les logements sociaux. 

Le CSF peut se pencher sur plusieurs cas, par exemple un manque de cours prénataux en français, des factures unilingues en anglais, les services de garde ou encore la santé publique. 

« Ce pouvoir d’enquête-là, plusieurs ignoraient que je l’avais, même si je l’ai répété à maintes reprises. Les gens ne doivent pas hésiter à porter plainte. Nous ne sommes pas un bureau de dernier recours, ils peuvent cogner à notre porte avant même de s’adresser à la Ville. J’ai compétence sur la Ville d’Ottawa depuis le début et la loi ne vient pas changer ça. J’ai plusieurs avis juridiques sur la question. Si ça se trouve, elle vient même le confirmer davantage », affirme François Boileau.

Le commissaire espère pouvoir rencontrer le maire Jim Watson, Direction des services en français et les membres du Comité consultatif sur les services en français de la Ville d’Ottawa dès que possible en 2018 afin de leur rappeler leur obligations et d’améliorer la collaboration. 

Francophonie

Maison de la francophonie: 8,95 M$ pour compléter «le beau rêve»

Le « beau rêve » de la Maison de la francophonie dans l’ouest d’Ottawa pourra se réaliser avec la confirmation d’une contribution de 8,95 millions $ du gouvernement de l’Ontario.

Le ministre de l’Infrastructure Bob Chiarelli et la ministre des Affaires francophones Marie-France Lalonde en ont fait l’annonce lors de leur passage à l’École élémentaire Charlotte-Lemieux, située sur la promenade Bel-Air, à Ottawa.

Le nouveau carrefour multiservices de langue française, qui sera situé dans l’ancienne école alternative Grant, au 2720 rue Richmond, sera réalisé en coopération avec le Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario et de nombreux partenaires.

Ce nouvel appui financier vient ainsi s’ajouter à la somme de 4 millions $ déjà investi dans ce projet de 13 millions $ sur lequel la communauté francophone travaille depuis déjà plusieurs années.

L’immeuble sera rénové et agrandi pour fournir sous un seul et même toit divers programmes d’emploi et de formation, des services sociaux, des services juridiques et d’immigration, des services de garde d’enfants, des programmes d’activités avant et après l’école, des services de santé et autres.

Une première tranche de 4 millions $ avait permis de nettoyer et de retirer l’amiante de l’immeuble. Cette somme de 8,95 millions $ va maintenant permettre de démolir la partie arrière qui n’est pas sécuritaire, construire un gymnase, une salle communautaire et une garderie, en plus de divers aménagements, a expliqué Linda Savard, présidente du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario.

Importance des luttes et des institutions

« Nous sommes très heureux de participer aujourd’hui à l’aboutissement de ce beau projet qui rassemblera plusieurs organismes francophones et facilitera l’accès aux services en français aux francophones de l’ouest de la ville en santé, éducation, immigration, loisirs, et ce, pour tous les âges », a souligné pour sa part Ronald Bisson, président du Centre multiservices francophone de l’Ouest d’Ottawa.

Devant les dignitaires, M. Bisson a insisté sur l’importance des luttes passées et sur le rôle des institutions francophones.

« Nous avons dépensé des énergies incalculables pour établir des institutions pour offrir des services à notre communauté. Il faut se rappeler des gens comme Jean-Robert Gauthier, lui-même un ancien conseiller scolaire, de Gisèle Lalonde, qui a lutté pour l’hôpital Montfort, et de la lutte des jeunes de 18 à 25 ans. Aujourd’hui, sans nos institutions, nous ne serions pas ici », a rappelé M. Bisson. 

« Il était important de soutenir ce projet pour lequel les gens du milieu se sont impliqués. Malgré les embûches, ils ont réussi. Ce sont de bonnes nouvelles pour les francophones de la région d’Ottawa et un autre exemple du dévouement dont fait preuve notre gouvernement envers les Franco-Ontariens d’un bout à l’autre de la province », a souligné la ministre Lalonde qui a salué le travail de son collègue Chiarelli pour faire avancer ce dossier au sein du gouvernement. 

Le ministre Chiarelli a d’ailleurs insisté sur les avantages de ces carrefours communautaires et il a reconnu les lacunes pour les services destinés aux francophones dans l’ouest d’Ottawa. 

« Je félicite la Coopérative multiservices francophone de l’Ouest d’Ottawa et le CEPEO pour leur leadership pour satisfaire à ce besoin », a souligné le ministre Chiarelli.