Le nombre d’organismes franco-ontariens auraient-ils intérêt à se regrouper?

Y a-t-il trop d’organismes franco-ontariens

Avec un financement et un poids démographique limités, les organismes franco-ontariens n’auraient-ils pas intérêt à se regrouper pour être plus efficaces ? ONFR+ a abordé la question avec plusieurs observateurs du milieu communautaire et francophone.

« Les organismes « par et pour » les Franco-Ontariens n’en sont qu’à leur balbutiement. Il est donc normal qu’il y ait une croissance », explique Rachel Laforest, professeure au département d’études politiques à l’Université Queen’s et spécialiste du milieu communautaire. « Cela témoigne d’une certaine vitalité de la communauté franco-ontarienne. »

Un avis qui est celui du sociologue Raymond Breton, acquiesce François Charbonneau, politologue à l’Université d’Ottawa.

« À première vue, plus il y a d’organismes, plus on peut penser qu’il y a des gens qui s’investissent. Mais les Franco-Ontariens ignorent souvent l’existence de ce réseau, même s’ils en bénéficient et ils seraient sans doute surpris de savoir qu’il y en a autant. »

Difficile toutefois d’avoir une idée précise du nombre d’organismes franco-ontariens. Patrimoine Canada, qui en finance une grande partie, ne possède pas une telle liste. De son côté, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) comptait 146 membres associatifs en 2018. Six ans plus tôt, ils étaient 131 membres. Mais tous les organismes franco-ontariens ne sont pas forcément membres de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens.

Des défis

Pour les enjeux locaux, la présence d’organismes sur le terrain est indispensable, estime Raymond Hudon, professeur retraité de l’Université Laval.

Mais pour des enjeux plus provinciaux, les mandats parfois s’entrechoquent.

« Le danger, c’est que les organismes vont avoir tendance à vouloir augmenter leurs activités et inévitablement, ils vont finir par se marcher sur les plates-bandes », illustre M. Charbonneau.

Un risque renforcé par le changement d’approche du gouvernement fédéral et le gel du budget de Patrimoine Canada, de 2003 à 2018, raconte Mme Laforest.

« Quand le gouvernement libéral a commencé à faire des coupures, il a remis en question le mandat de représentation politique des organismes et a commencé à parler de fusion, puis ça s’est poursuivi avec les conservateurs. Beaucoup d’organismes ont donc dû se tourner vers l’offre de services et ça a pu donner la perception qu’ils étaient plus nombreux et en compétition. »

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