Parents et amis se sont rassemblés, samedi, pour honorer la mémoire de Pierre de Blois, décédé subitement le 28 septembre.

Vivre sans Pierre de Blois

Plusieurs centaines d’amis, collègues et parents ont honoré, samedi, à l’amphithéâtre de La Cité, la mémoire du militant franco-ontarien, Pierre de Blois, emporté subitement à 68 ans par un infarctus, le 28 septembre, en fin de journée.

Difficile de cerner, en quelques lignes, l’immensité de ce personnage plus grand que nature, pilier de la francophonie ontarienne, mais aussi véritable animal politique et social multidimensionnel. 

Son réseau de contacts s’étendait à toutes les sphères de notre société civile et gouvernementale, et durant sa foisonnante carrière, il aura été organisateur politique d’une soixantaine de campagnes électorales ; probablement un record dans ce pays. 

Après le départ de Mauril Bélanger, en août 2016, la mort de M. de Blois représente le second grand deuil de la communauté franco-ontarienne.

« Il avait ses entrées dans tous les ministères. Ça lui donnait une capacité d’intervention dans les dossiers qui touchaient [...] la francophonie. Donc, il pouvait réunir autour de lui beaucoup de personnes qui pouvaient l’assister et que lui pouvait assister », raconte Guy Matte, directeur général de la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures. Car Pierre de Blois était un « influenceur » et plusieurs politiciens d’hier et d’aujourd’hui le considèrent comme leur mentor. Les Madeleine Meilleur (ex-procureure générale de l’Ontario), Mona Fortier (députée libérale fédérale d’Ottawa-Vanier) et Mathieu Fleury (conseiller municipal à Ottawa), entre autres, emploient tous le terme « mentor » pour le qualifier. Pierre de Blois aura influencé et inspiré politiciens, journalistes, intellectuels et militants de toutes catégories. 

Passion et infarctus 

Ses combats sociaux, linguistiques et politiques étaient nombreux et passionnés. Quatre infarctus (selon son ami Réal Leroux dont le dernier sera fatal) et un stimulateur cardiaque (au 3e infarctus) en témoignent... 

« Pierre, c’est pas sa condition cardiaque qui allait l’arrêter. Alors il est mort comme il a vécu », confie Madeleine Meilleur, rencontrée par Le Droit à la célébration de samedi. 

Son vieil ami des premières heures du Festival franco-ontarien, Réal Leroux, témoigne : « Pierre savait qu’il avait un problème de cœur [...] Il était engagé. Il ne pouvait pas prendre un dossier juste pour le prestige. Il était tout le temps intense ». 

Durant une réunion regroupant les propriétaires des condos de son immeuble, « ça brassait un peu », raconte M. Leroux, et Pierre de Blois s’est soudainement effondré.

« Il avait tellement de projets encore en cours. Va falloir qu’on creuse loin pour trouver comment Pierre ferait les choses [...] Va falloir qu’on s’appuie les uns sur les autres parce que le flambeau va être lourd à porter, celui que Pierre nous laisse », raconte la députée Mona Fortier.

Ancien président de l’Association canadienne-française (ACFO) d’Ottawa-Carleton, cofondateur du Festival franco-ontarien, ex-vice-président du conseil d’administration de l’Hôpital Monfort, ancien directeur général de l’Association professionnelle des cadres supérieurs de la fonction publique du Canada et lui-même cadre supérieur auprès de plusieurs ministères fédéraux durant près de 20 ans, son réseau de contacts était tentaculaire. 

Décoré une fois par la reine et deux fois par le gouvernement ontarien, il était aussi membre de l’Ordre des francophones d’Amérique et de l’Ordre de la Pléiade. Organisateur politique, leader, militant, historien, grand voyageur, mais aussi amateur de bonne chère et de bons vins.

On devra dorénavant parler de l’avant et de l’après-Pierre de Blois.