Tenir pour acquis les services en français est un bon moyen d’anéantir l’Ontario français, ironise un rapport intitulé « 10 façons de ne pas intéresser les gens à la politique de la francophonie de l’Ontario ».

Utiliser l’ironie comme outil de promotion du français

Dans la foulée des propos tenus par Denise Bombardier sur la disparition des communautés francophones au pays et de l’éclosion du mouvement #ReveilTLMEP, les acteurs du milieu en Ontario s’unissent afin de conscientiser la population à l’importance de la francophonie.

Le rapport « 10 façons de ne pas intéresser les gens à la politique de la francophonie de l’Ontario » a été dévoilé par le Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) et le Centre régional de recherche et d’intervention en développement économique et communautaire (CRRIDEC). Le rapport a été rédigé à la suite d’un atelier tenu au congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Des représentants d’une trentaine d’organismes ont pris part à l’exercice.

« Le rapport, c’est pour provoquer une réflexion chez les francophones partout en Ontario. Ça nous a permis de mettre sur papier des choses qu’il faut absolument résoudre ou éviter et des idées desquelles il faut s’inspirer pour développer des solutions intéressantes », explique Dènik Dorval, agent de développement au CCO.

L’objectif est de sensibiliser la population aux dangers qui les guettent si rien n’est fait en optant pour un ton ironique.

« On sait que statistiquement, la proportion de francophones en Ontario va continuer de diminuer. Il faut penser différemment et développer de nouvelles solutions à partir de ces enjeux-là, soutient M. Dorval. On veut que les gens se rendent compte de la situation dans laquelle on vit. Il faut regarder les enjeux différemment avec l’idée que l’on contribue nous-mêmes à cet affaiblissement. »

Parmi les 10 façons de ne pas intéresser les gens à la politique de la francophonie de l’Ontario on retrouve : ne pas faire place aux jeunes, aux immigrants et aux francophiles, tenir pour acquis les services en français et plier à la langue anglaise par gentillesse et par politesse. « Pour anéantir l’Ontario français, il faut continuer à faire ces 10 choses-là que parfois on fait encore aujourd’hui. Ce sont des choses qui peuvent paraître évidentes, mais qu’on continue à faire », affirme M. Dorval.

Les organismes francophones souhaitent surfer sur la vague qui émane des propos de Mme Bombardier pour proposer un nouveau discours.