Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones

UOF: plusieurs signaux défavorables

TORONTO — Quelques jours après un budget provincial encore flou pour les Franco-Ontariens, l’avenir de l’Université de l’Ontario français demeure plus que jamais incertain, même si l’institution n’est jamais nommée dans le document de 382 pages.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) espérait qu’il serait fait mention de l’Université de l’Ontario français (UOF). Mais dans le premier budget du gouvernement progressiste-conservateur, dévoilé jeudi dernier, on ne trouve aucune trace du projet.

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a toutefois voulu rassurer, en entrevue avec ONFR+.

« On continue à travailler sur ce projet très important, mais cela dépend de l’équilibre budgétaire. Aujourd’hui, notre budget fait un premier pas pour y parvenir. C’est essentiel pour que la province puisse ensuite investir de manière durable. Quand on sera prêt à le faire, on va s’y consacrer. »

Mais la nouvelle vision du gouvernement en matière de financement des institutions postsecondaires fait sourciller le politologue de l’Université d’Ottawa, Martin Normand.

« La vision du gouvernement pour les universités ne semble pas coller à celle du projet de l’Université de l’Ontario français », analyse-t-il.

Le gouvernement de Doug Ford veut désormais conditionner son financement selon des mesures de rendement économiques et la propension des universités et collèges à répondre aux besoins du marché du travail.

« Pendant de nombreuses années, une petite proportion seulement du financement était liée au rendement (1,4 % pour les universités et 1,2 % pour les collèges) dans le système d’enseignement postsecondaire de l’Ontario », explique-t-on dans le document budgétaire. Mais d’ici l’année scolaire 2024 — 2025, le gouvernement promet de porter cette proportion à 60 %, dépendant de dix mesures de rendement liées à l’emploi et à l’incidence économique et communautaire.

« La nouvelle vision semble favoriser les grosses universités existantes qui ont un historique de recherche, des liens avec le marché du travail et le milieu économique. On parle aussi de maximiser les occasions de commercialisation ce qui semble difficile pour une nouvelle université », estime le politologue de l’Université d’Ottawa.

« On peut imaginer que l’Université de l’Ontario français répondrait au critère d’incidence communautaire, mais il va falloir bien expliquer le plan et convaincre le gouvernement que les programmes peuvent répondre aux besoins du marché du travail. »

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