Geneviève Tellier

UOF: «De la politique comme on la connaît» — Geneviève Tellier

Malgré les nombreux rebondissements dans le dossier ces derniers mois, c’est le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario qui a le plus à gagner en concluant une entente sur le financement de l’Université de l’Ontario français, estime la politologue Geneviève Tellier.

« Il est déjà très bas [dans les sondages], alors tout ce qu’il peut faire va le faire remonter dans l’opinion publique. Mais est-ce que ce sera assez ? Ce gouvernement-là est déjà associé aux coupes budgétaires envers les services aux francophones et ça prendra du temps avant que cette impression-là disparaisse », affirme la professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.

Cette dernière affirme cependant avoir été étonnée de la façon d’agir du fédéral.

« Le ton du gouvernement a changé. Il était accommodant, mais s’est montré moins conciliant ces derniers jours. On a senti que ça devenait un dossier plus partisan, ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose, car historiquement le Parti libéral a toujours été perçu comme le parti qui défend la francophonie. Le fait qu’il ait retardé un peu les choses, ça m’a surpris. On a senti qu’il y avait du surplace et quand l’Ontario a finalement dit qu’elle embarquait, on dirait que ç’a pris le fédéral au dépourvu. On a eu l’impression qu’on voulait en faire un enjeu électoral », dit-elle.

À un mois et demi du scrutin fédéral, Mme Tellier tient malgré tout à rappeler que c’est « de la politique comme on la connaît ».

« Il y a un cycle électoral, il ne faut pas être naïf et croire que les politiciens ne penseront pas à cette dimension-là. Le contre-effet, c’est que les gens sont un peu tannés de cette façon de faire là. ».