Denis Paradis

Université de l'Ontario français: l’Ontario et le fédéral invités à dialoguer

Le président du Comité permanent des langues officielles, Denis Paradis, croit qu’il doit y avoir un rapprochement entre le gouvernement provincial de l’Ontario et le gouvernement fédéral afin de traiter des questions comme le financement de l’Université de l’Ontario français (UOF).

« Je pense que le but de l’opération c’est d’établir un dialogue. Il faut que les deux paliers de gouvernement se parlent davantage », confie M. Paradis au terme d’une rencontre avec la sous-ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Marie-Lison Fougère, et son homologue de la Formation et des Collèges et Universités, Georges Zegarac.

Les deux sous-ministres se sont adressés aux membres du Comité permanent des langues officielles jeudi afin de répéter les arguments économiques du gouvernement progressiste-conservateur derrière la décision de mettre sur pause le projet de l’UOF et d’abolir le Commissariat aux services en français. La conseillère aux affaires francophones au bureau du premier ministre Doug Ford, Marilissa Gosselin, est venue assister à la rencontre.

Questionné à savoir combien de réunions le ministère de la Formation et des Collèges et Université a eues avec la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie du Canada, Mélanie Joly, M. Zegarac confirme qu’aucune rencontre n’a eu lieu depuis les annonces du 15 novembre.

« Il n’y a pas eu de réunion entre le ministère de Mme Joly et le nôtre, répond le sous-ministre. Peut-être qu’il y a eu des discussions par l’intermédiaire des médias, mais moi je n’ai rien reçu. »

Ce dernier ajoute que son ministère n’a pas analysé l’offre du fédéral de financer les quatre premières années de l’UOF parce que rien ne leur a été soumis formellement.

« S’ils veulent nous faire une proposition qu’ils le fassent. Nous nous ferons un plaisir de l’examiner », a-t-il ajouté.

Pour sa part, son homologue aux Affaires francophones a rappelé le rôle des fonctionnaires dans les décisions prises par le gouvernement.

« La responsabilité d’un fonctionnaire, c’est vraiment de servir le gouvernement qui est en fonction avec intégrité. À cet égard, moi comme fonctionnaire je trace le tableau complet du pour et du contre quand on me demande ma perspective, affirme Mme Fougère. Mais les décisions sont prises par le gouvernement. »

Commentaires évasifs

Le porte-parole aux langues officielles pour le Nouveau Parti démocratique, François Choquette, estime que les deux fonctionnaires sont demeurés évasifs dans leurs réponses devant le Comité, mais peut comprendre étant donné qu’ils sont redevables vis-à-vis leur ministère.

« Ce qu’on aimerait, c’est qu’il y ait un peu plus d’initiative de la part du gouvernement de l’Ontario, affirme M. Choquette. Je les sens vraiment assis sur leurs mains présentement. Ils attendent que le gouvernant et la ministre Joly fassent des offres, alors que ça devrait venir d’eux aussi. On est un peu déçu du fait qu’ils semblent vouloir se camper dans une situation d’attentisme et ce n’est vraiment pas bon pour le développement du bilinguisme canadien. »

De son côté, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) se range derrière les membres du Comité et urge les deux paliers de gouvernement de s’asseoir à une même table afin de discuter des enjeux. « L’AFO fait appel aux gouvernements du Canada et de l’Ontario à entamer des discussions dans les plus brefs délais dans le but d’assurer la vitalité à long terme de l’université et pour lui permettre d’ouvrir ses portes en septembre 2020. Les sous-ministres ont témoigné que la décision était purement financière et non pas contre la communauté franco-ontarienne », écrit le président Carol Jolin.