La semaine dernière, la ministre des Affaires francophones Marie-France Lalonde a pourtant indiqué « que d’importants développements pourraient survenir d’ici la campagne électorale » au sujet de l’Université de l'Ontario français.

Université de l'Ontario français: le RÉFO déçu

L’absence de financement pour la future Université de l’Ontario français dans le budget Sousa présenté mercredi déplaît au Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), qui espérait que des chiffres concrets accompagnent les promesses.

« Nous sommes déçus, car dans le fond, on aimerait commencer à avoir une idée des chiffres. Est-ce que ce sera une université sans soutien, vouée à l’échec ? Je ne pense pas que c’est l’intention, car les défis des institutions francophones sont connus. Ça prend souvent plus d’argent que leur équivalent anglophone, pour plein de raisons. Mais reste qu’on s’attendait à ce qu’il y ait de l’argent rattaché aux quelques phrases que le ministre a dit à ce sujet dans son discours », de dire le coprésident de l’organisme, Jocelyn Leblanc. 

Dans son énoncé à Queen’s Park, le ministre des Finances Charles Sousa n’a fait qu’allusion aux étapes techniques menant à l’instauration de l’université, qui, si tout se déroule comme prévu, doit accueillir sa première cohorte d’étudiants à l’automne 2020. 

« Au printemps, le gouvernement devrait proclamer la loi habilitante et les règlements y afférent, et nommer les membres du premier Conseil des gouverneurs du nouvel établissement. Ceci constitue la dernière étape de la création de l’université en tant qu’entité juridique. Après cela, l’université pourra élaborer ses programmes d’études et accueillir ses premiers étudiants », peut-on lire dans le budget. 

D’ailleurs, la semaine dernière, la ministre des Affaires francophones Marie-France Lalonde a indiqué au Droit « que d’importants développements pourraient survenir d’ici la campagne électorale » au sujet de l’Université. 

Une ouverture retardée ?

À deux mois des élections provinciales, ce dernier souligne que le RÉFO prévoit s’asseoir avec ses partenaires tels que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) pour planifier la suite des choses dans ce dossier. 

« On veut voir comment on va se positionner. On veut aussi avoir des locaux, car plusieurs rumeurs laissent entendre que ce ne sera pas possible pour une ouverture en 2020. [...] On croit beaucoup au projet, alors on est plus à l’aise avec une ouverture retardée et un projet bien ficelé qu’avec une ouverture tout croche. Il ne faut pas oublier que chaque année de retard, c’est encore de l’assimilation des francophones, des gens qui vont devoir se tourner vers l’anglais pour leurs études postsecondaires », ajoute-t-il. 

M. Leblanc, qui ne cache pas être inquiet face à l’importance qu’accorde le chef progressiste-conservateur Doug Ford à la francophonie, affirme que peu importe le parti qui remportera le scrutin du 7 juin, « ce serait complètement ridicule qu’aucun argent ne soit octroyé au projet, parce que ça fait des années que ça traîne et qu’on veut des résultats ».

Rappelons que le rapport du conseil de planification présidé par l’ex-commissaire aux langues officielles Dyane Adam, présenté en août 2017, recommande que l’institution partage ses locaux avec le Collège Boréal, à Toronto.